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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

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SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-DEUX. — 1909 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR ROMIGUIÈRES 2. 

1909 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 







1 MAR 22 




SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE DEUX. — 1909 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 1. 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR UOMIGUIÈRES 2. 

1909 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 





Euraii dn reglemeril de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. I er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e'. 
de leurs observations. 

Art. 5. EUe s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, ÛJtaiifque et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier elde, faire connaître la consli- 
ulion géologique,, la llore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections., t. Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 8 Vice-présidents ; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité le publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre Le Président est nommé pour deux années les autres 
memores pour une année L a s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réfllus immé tialempint dans les mèmss fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3" mercredi de juillet inclusivement. 

An. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Soci«ï'é et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la respmsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinio »s seientifi pi»s. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

A r t 42. Celui-ci conserve Impurs la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s liniges à part, dis réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 18. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser le* 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 53. Ku cil de dissolution, ie* diverses propriété* da la M'éV. <-e?.»* 
4r*at d* droit à » vdle de Tu«io««4. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XLIÎ r>'- 1909 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE & SEBILLE 

HUB RONIGUIB 1\ E- . 2 

1909 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIETE 
POUR L'ANNÉE 1909 



Président M. Jammes. 

Vice-présidents MM. Laromiguière, Dop. 

Secrétaire- général M. Ribaut. 

Secrétaire-adjoint M. Gabelle. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaire-archiviste. M. de Lastig. 

Conseil d'administration. 

MM. Caralp et de Rey-Pailhade. 

Comité de publication. 

MM. Abelous, Garrigou, Lamic, Roule. 




LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er JUIN 1909 



MEMBRES-NES 



M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 



MEMBRES HONORAIRES 

1878. D r Hayden (F -V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 
1904. Trutat, *, 4| I, à Foix. 



membres titulaires 

MM. 

1900. D r Abelous, || I, professeur à la Faculté de médecine, 
allée des Demoiselles, 4 fris, Toulouse. 

1903. D r Aloy, || I, chargé de cours à la Faculté de médecine, 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 

1904. Audigé, || A, chef de travaux à la Faculté des sciences, 

rue Saint-Michel, 138, Toulouse. 



» LISTE DES MEMBRES 

1900. D r BâYLAC, Il A, professeur agrégé à la Faculté de Mé- 
decine, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1906. Berniés, avocat, rue Tolosane, 16, Toulouse. 

1885. D r Bramer, $} 1, professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Récollets, 105, Toulouse. 

1908. Boulet, professeur au Lycée, place Saint-Sernin, 4, 
Toulouse. 

1907. Brôlemann, à Pau. 

1866. De Calmels (Henri), prop. à Carbonne (Hte-Garonne). 

1900. Capéran, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, 6, Toulouse. 

1883. Garalp, II I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Gartailhac (Emile), ^, || I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse, (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), Q A, rue des Paradoux,28, Toulouse. 
1882. Comère, p A, quai de Tounis 60, Toulouse. 

1902. Dedieu, pharmacien, à Gastillon (Ariège). 

1907. Despax, avenue de Muret, 30, Toulouse. 

1908. Durand, préparateur à la Faculté des Sciences de Tou- 

louse. 

1904. Dop, II 1, chargé de cours à la Faculté des sciences, 

allée des Zéphyrs, 13, Toulouse. 
1900. Dore, il A, pharmacien, boulevard Garnot, 2, Toulouse. 
1885. Duffaut, $, ancien vétérinaire-inspecteur à l'abattoir, 

Toulouse. 
1907. Dufaut (Paul-Marius), à la Roque-Neuve, Miremont, 

(Haute-Garonne). 

1875. Fabre (Charles), P T, professeur' à la Faculté des 

sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga (Paul), Il A, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

1905. Gabelle, chef de travaux à la Faculté de médecine de 

Toulouse, rue Saint-Erembert, 19, Toulouse. 
D r Garrigou, Il I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 38 Toulouse (membre fon- 
dateur). 
1900. D r Gendre. U A, rue Périgord, 10, Toulouse 
1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 



LISTE DES MEMBRES 9 

1889. Jammes, II, I, professeur adjoint à la Faculté des sciences, 

Place Saint-Sernin, 6, Toulouse. 
1908. D r jEANNEL(René), laboratoire Arago,Banyuls(Pyr. -Or.). 
1900. Juppont, Il A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 
1900. D r Laborde , Il A , pharmacien des hospices civils , 

Toulouse. 
1900. Lacaze (Marius), place des Carme?, 9, Toulouse. 
1900. Lagarde, imprimeur, boulevard de l'Embouchure, 1. 
1907. Lambert, rue Neuve-des-Lhaiets, Toulouse. 
1895. D r Lamic, Il I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 
1897. De Lastic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse. 
1907. Lazerges, rue Gros, 3, Toulouse. 

1907. Levrat, rue du Sénéchal, 9, Toulouse. 

1904. Loup, préparateur à la Faculté des sciences, rue d'Au- 

buisson, 23, Toulouse. 
1875. Martel, à Castelmaurou, près Toulouse (Hte-Garonne). 

1888. D r Maurel, O #, Il I, professeur à la Faculté de mé- 

decine, boulevard Carnot, 10, Toulouse. 

1908. Mengaud, professeur au Lycée, rue Lakanal, 7, Tou- 

louse. 

1885. Moquin- Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allées Saint-Etienne, % Toulouse. 
De Montlezun, Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

1908. D r Moynet, boulevard de Strasbourg, 4, Toulouse. 

1900. Nicolas, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse. 

1904. Paquier, Il I, professeur à la Faculté des sciences, 9, 
rue Bida, Toulouse. 

1889. Prunet, ^ i I, |, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 

1879. D r de Rey-Pailhade, Il A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. D r Ribaut, Il A, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Philippe-Féral, 1, Toulouse. 



10 LISTE DES MEMBRES 

1900. D r Roule, Il I, professeur à la Faculté des sciences, rue 

Saint-Etienne, 19, Toulouse. 
1900. Salignac-Fénelon (Vicomte de), allée Alphonse-Peyrat, 

1 bis, Toulouse. 
1900. Saloze, chimiste, rue Groix-Baragnon, 9, Toulouse. 
1899. Ufferte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 

Montplaisir, 9, Toulouse. 
1909. Tournier , aide d'anatomie à la Faculté de Médecine, 

rue Frizac, 47, Toulouse. 
ll)02. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, rue Pé- 

rigord, 7, Toulouse. 



membres correspondants 

MM. 

1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézen as (Hérault). 
1833. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. D r Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers(Hte-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1871. DeChapeld'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 

1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Clos, 11, rue Jacob, Paris. 

1905. Daguin, professeur au Lycée de Bayonne. 

1881. Galliéni, général, commandant de corps d'armée. 

1901. Gavoy, Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gènes (Italie) 

1874. Jougla, conducteur des ponts et chaussées à Foix(Ariège). 
1867. Lalanue, receveur des hospices, à Brive (Gorrèze). 

1886. Marcaillou d'Aymeric (H.), pharmacien à Ax (Ariège). 
1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot- 
et-Garonne). 

1902. Noé, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 



LISTE DES MEMBRES 11 

1873. D r Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint- Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 
1906. Verhoeff, à Dresden (Allemagne). 



L'ŒUVRE SCIENTIFIQUE DU D D- CLOS 

Par M. Paul Dop. 



Au mois d'août dernier, notre Société a eu la douleur de 
perdre un de ses anciens présidents qui fut en même temps 
un de ses membres fondateurs, le docteur Dominique Clos. 
Notre Société a cru qu'il était de son devoir de rendre un 
pieux hommage à notre vénéré collègue, en rappelant dans 
son Bulletin quelles furent sa vie et son œuvre scientifique. 

Dominique Clos naquit à Sorèze (Tarn) le 25 mai 1821. 
Son père, docteur en médecine, lui donna, dès son jeune 
âge, le goût des sciences naturelles et lui apprit à aimer 
cette Montagne-Noire, dont les falaises occidentales sur- 
plombent la riante plaine de Sorèze. Tout jeune, il herbo- 
risait avec son père dans les environs de Durfort, de Saint- 
Ferréol et des Cammazes, et la riche végétation de cette con- 
trée granitique ne fut pas une des moindres causes qui dé- 
terminèrent sa vocation. 

Au lycée de Toulouse, D. Clos acquit la forte instruction 
littéraire qui lui valut, dans tout le cours de sa carrière 
scientifique, la réputation d'un latiniste et d'un helléniste 
distingué. Son baccalauréat passé, nous le retrouvons étu- 
diant en médecine et en sciences naturelles à Paris. Docteur 
en médecine à vingt-quatre ans (1845), licencié es sciences 
vers la même époque, par son esprit clair, vif et précis, il 
séduit ses maîtres, et nous voyons le savant zoologiste 



14 P. DOP 

Pouchet l'attacher comme aide-naturaliste au Muséum d'His- 
toire Naturelle de Rouen. Il se met dès lors à préparer sa 
thèse de doctorat es sciences naturelles, et, en 1848, il 
conquiert ce grade, si rarement atteint à cette époque, qui 
devait lui ouvrir toutes grandes les portes de l'enseignement 
supérieur. Nommé répétiteur à l'Institut Agronomique que 
l'on Venait de créer, D. Clos cherche à se rapprocher de la 
terre méridionale qu'il aimait tant. Aussi le voyons-nous 
postuler une chaire d'histoire naturelle vacante à la Faculté 
de médecine de Montpellier. Il échoua dans le concours, 
battu glorieusement par un naturaliste qui devait devenir 
célèbre, Gh. Martins. Cependant les qualités remarquables 
que D. Clos montra dans son concours furent si appréciées 
que l'administration le désigna, en 1853, pour succéder 
comme chargé de cours, dans la chaire de botanique que 
le départ de Moquin-Tandon laissait vacante à la Faculté 
des sciences de Toulouse. C'est depuis cette époque que 
D. Clos est devenu un des nôtres, car pendant près de 
quarante années il n'a cessé d'occuper cette chaire avec 
une science et une maîtrise incomparables. Il a connu tous 
les honneurs auxquels un savant de province peut espérer. 
Président de notre Société, de l'Académie des Sciences, Ins- 
criptions et Belles-Lettres, de la Société d'Agriculture, de 
la Société d'Horticulture, correspondant de la Société Natio- 
nale d'Agriculture, il a couronné sa carrière par le double 
titre de chevalier de la Légion d'honneur et de correspon- 
dant de l'Académie des Sciences (Institut). 

Jusqu'à l'heure où sonna pour lui la retraite, D. Clos a 
rempli son existence dune inlassable activité. Jusqu'à ces 
dernières années, il a conservé la direction du Jardin 
botanique de la ville de Toulouse, et tous ceux qui l'ont 
connu se souviennent de l'affabilité et de la cordialité avec 
lesquelles il accueillait les jeunes qui allaient solliciter de 
lui des matériaux d'études. Il s'est éteint paisiblement, à 
I âge de 87 ans, dans la petite ville de Sorèze, emportant 



l'œuvre SCIENTIFIQUE DU D r CLOS 15 

avec lui l'estime de tous ceux qui le connurent et en lais- 
sant l'impérissable souvenir d'un homme loyal et bon et 
d'unis avant consciencieux.^ 

Dire dans quelques lignes quelle fut l'œuvre scientifique 
de notre regretté collègue, est une tâche ardue et difficile. 
Répandue dans plus de deux cents mémoires ou communi- 
cations publiés dans les Sociétés et les Académies dont il 
était membre, l'œuvre de D. Clos est immense. Elle inté- 
resse tour à tour les diverses parties de la science des 
végétaux, l'organographie, la systématique, la géographie 
botanique, la botanique agricole et même, s'il est possible 
de s'exprimer ainsi, la botanique littéraire. L'organographie 
est la partie qu'il a fouillée avec le plus d'ardeur. Sa thèse 
de doctorat es sciences intitulée : Ebauche de la rhizotaxie 
ou de la disposition symétrique des radicelles sur la souche, 
suivie de la détermination de la véritable nature des radicelles, 
apporta une vive clarté sur une question presque inconnue 
jusqu'alors. Ce premier travail d'organographie fut suivi 
d'un grand nombre d'autres se rapportant surtout à la re- 
cherche des analogies et des homologies d'organes, suivant 
les principes que Gœthe avait mis en évidence dans sa 
théorie classique de la nature foliaire des fleurs. Parmi ces 
travaux, je citerai surtout : De la signification des épines et 
des réceptacles des fleurs femelles chez, les Xanthium ; Clado- 
des et axes ailés; la feuille florale et V anthère; examen cri- 
tique de la loi dite de balancement organique dans le règne 
végétal; la feuille florale et le filet staminal ; la feuille et 
la ramification dans la famille des Ombellifères, etc., etc. 
Il est difficile d'exprimer toute la peine et toute l'ingé- 
niosité que D. Clos dut se donner pour établir les intermé- 
diaires entre deux organes d'origine identique, mais morpho- 
logiquement différents. Pour cela, il consultait les docu- 
ments d'herbier, les planches ou Icônes, si richement illus- 
trés, qui paraissaient à son époque, et, avec une profusion 
inouïe de citations et de notes bibliographiques remontant 



16 P. DOP 

jusqu'à Théophraste, il développait des vues aussi ingé- 
nieuses qu'originales. Ce genre de recherches lui tint parti- 
culièrement à cœur et nous retrouvons dans un de ses 
derniers mémoires (Congrès international de botanique de 
1900) intitulé : De V indépendance fréquente des stipules, 
bractées, sépales et pétales stipulaires, le même plan de tra- 
vail et la môme méthode d'exposition que dans ses œuvres 
de jeunesse sur des sujets analogues. 

D. Clos s'occupa aussi de systématique. Dès 1848, il colla- 
bora à l'Histoire naturelle du Chili de Ch. Gay. Plus tard, il 
donnait une très intéressante et très documentée : Revision 
comparative de l'herbier et de V histoire abrégée des plantes 
des Pyrénées, de Ph. Picot de Lapeyrouse: Entre temps, il 
remaniait et complétait les collections du Jardin botanique 
de Toulouse qu'il dirigeait, et il mettait cet établissement 
à une hauteur telle que l'on peut dire qu'il est le premier 
des jardins botaniques français de province. 

Je ne puis que citer rapidement les mémoires que D. Clos 
consacra à la tératologie végétale que X. Moquin-Tandon 
avait rédigée à l'état de science, et dans laquelle I). Clos 
voyait un merveilleux moyen d'investigation pour ses re- 
cherches organographiques. Ce sont: Variations ou anoma- 
lies des feuilles composées; anomalies végétales; fascicule 
d'observations tératologiques; la tératologie végétale et ses 
principes, etc., etc. 

J'insisterai davantage sur la partie de son œuvre qui 
intéresse la géographie botanique, et plus particulièrement 
sa : Phtjtostatique du Sorézois, qui est un véritable monu- 
ment pour la connaissance de la distribution des végétaux 
dans la région Toulousaine. Dans ce travail de 62 pages, 
publié dans les mémoires de l'Académie des Sciences de 
Toulouse (1895), 1). Clos décrit d'une façon très heureuse 
la végétation de cette région granitique et calcaire, la com- 
pare avec soin a celle des localités voisines et cherche à 
délimiter avec précision le zone méditerranéenne. Il appelle, 



l'œuvre scientifique du d' clos 17 

et c'est là son grand mérite, l'attention sur les colonies de 
plantes méditerranéennes que l'on observe sur les terrains 
calcaires dans un grand nombre de localités du Sud-Ouest, 
et il soulève ainsi un des problèmes les plus intéressants de 
l'histoire botanique de notre région. 

D'autres plus autorisés que moi diront quel fin lettré 
épris d'antiquités latines et grecques fut D. Clos. D'autres 
qui furent ses élèves, diront de quelle poésie il savait enve- 
lopper les phénomènes naturels qu'il décrivait dans son 
enseignement. Mais ce que je puis dire, c'est l'amabilité 
avec laquelle il accueillait les jeunes qui venaient lui de- 
mander conseil. Toujours prêt à rendre service, mettant 
ses collections et sa bibliothèque à la disposition des tra- 
vailleurs, D. Clos a laissé parmi ceux qui l'ont connu 
d'unanimes regrets. La Société d'Histoire Naturelle de Tou- 
louse n'oubliera pas son regretté Président et membre fon- 
dateur, elle se souviendra toujours de l'éclat qu'il a jeté 
sur elle et de l'intérêt affectueux qu'il n'a cessé de lui 
porter jusqu'à l'heure même de sa mort. 



SOC. D'HISr. NATURKLLE DE TOULOUSE (T. XLIIl). 



18 A. PRUNET 



L'OÏDIUM DU CHÊNE 

Par M. A. Prunet. 



L'Oïdium du Chêne observé en 1907 par Hariot dans 
quelques départements du Centre et de l'Ouest et dans les 
environs de Paris et signalé par lui la même année à la 
Société mycologique de France (1) a pris brusquement en 
1908 un développement extraordinaire. On a constaté sa 
présence dans un grand nombre de départements et, en 
dehors de la France, on l'a vu en Espagne, en Portugal, 
dans divers cantons de la Suisse, en Bavière, en Bohême. 

L'Oïdium du Chêne a pris une extension particulièrement 
grave dans le Sud-Ouest. J'ai eu l'occasion de l'observer 
en août 1906 près de Bergerac (Dordogne). Sans être rare, 
il n'était pas très commun. En 1907, il envahit assez sérieu- 
sement les jeunes taillis de la même région et je l'observai 
en outre en divers points des départements des Hautes-Py- 
rénées, du Gers et du Lot-et-Garonne, principalement sur 
le Quercus Tozza. 

L'an dernier, j'ai constaté moi-même sa présence clans la 
Haute-Garonne, le Tarn et-Garonne, le Lot-et-Garonne, la 
Dordogne, la Gironde, la Charente, les Landes, le Gers, les 
Hautes et les Basses-Pyrénées, et j'en ai reçu en outre des 
échantillons provenant de l'Aveyron, du Lot et de l'Ariège. 
C'est dire qu'aucun département du Sud-Ouest n'a échappé 
à la maladie. 

Partout ce sont les jeunes taillis qui ont le plus souffert. 



l'oïdium du chêne 19 

Je n'en ai point vu qui fussent indemnes. Leurs feuilles 
blanchies et recroquevillées se desséchaient prématurément 
et la dessiccation gagnait même quelquefois l'extrémité des 
jeunes pousses. Les taillis âgés et les futaies ont été beau- 
coup moins atteints; les jeunes feuilles ont seules été atta- 
quées ou du moins ont seules souffert. 

Les jeunes plants de Chêne en pépinière n'ont point 
été épargnés, mais les pépinières que j'ai pu visiter près 
de Montembœuf (Charente) et près de Bergerac ont été 
moins éprouvées que les jeunes taillis. 

La prédilection spéciale du parasite pour les feuilles des 
jeunes taillis se comprendra aisément si l'on réfléchit que 
ces feuilles tendres et aqueuses, comme les rameaux qui les 
portent ne deviennent adultes que tardivement; leur cuticule 
reste longtemps trop mince pour les protéger efficacement 
contre les parasites. 

Les choses se passent ici comme dans d'autres affections, 
telles que le Black-Eot, le Mildiou et même Y Oïdium de la 
Vigne. Les feuilles qui ont le plus à souffrir de ces maladies 
sont les feuilles des rameaux gourmands issus du corps du 
cep, rameaux qui se rapprochent de ceux des taillis d'un 
an par leur origine, par leur croissance rapide, par leurs 
feuilles longtemps molles et tendres, par le développement 
tardif et moindre de leur appareil tégumentaire et de leur 
appareil mécanique. Les pampres ordinaires de la Vigne 
comme les rameaux ordinaires des Chênes d'un certain âge, 
forment moins vite leurs feuilles et en développent un 
plus petit nombre, mais ces feuilles deviennent plus tôt 
adultes et leur cuticule, plus rapidement épaissie, leur 
assure une protection plus précoce. 

Et ceci explique que dans les taillis d'un an toutes les 
feuilles aient été gravement atteintes, tandis que dans les 
futaies les feuilles les plus jeunes de l'extrémité des rameaux 
aient, en général, seules souffert, bien que toutes aient été 
contaminées. 



20 A. PRUNET 

Les diverses espèces de Chênes ont été très inégalement 
frappées. 

Dans le Sud-Ouest, le Quercus Tozza a été de beaucoup le 
plus atteint. Dans les parties du Gers, des Landes et des 
Basses-Pyrénées que j'ai parcourues et où le Quercus Tozza 
se trouve en mélange avec d'autres espèces indigènes comme 
les Quercus pedunculata, sessiliflora, pubescens, ce Chêne 
attirait de loin l'attention par ses feuilles presque totalement 
blanchies et recroquevillées, et cela dans les futaies comme 
dans les taillis. 

D'après M. Bureau (1), dans l'ouest de la France, le 
Quercus peduuculala aurait plus souffert que le Quercus 
sessiliflora. J'ai fait la même constatation. J'ajouterai que 
le Quercus pubescens, qui est très voisin du Quercus sessili- 
flora, a été aussi moins éprouvé que le Quercus pedunculata. 
Au jardin botanique de Toulouse, la plupart des autres 
Chênes de l'ancien monde ont été atteints, mais moins 
cependant que les précédents. 

Le Quercus Cerris, toutefois, a presque autant souffert 
que le Quercus sessiliflora. Par contre, les Quercus Libani, 
Mgilops et Castanœfolia ont été presque indemnes. Le 
Quercus Mirbeckii a été un peu moins frappé que le Quercus 
Cerris. 

Les Chênes à feuilles persistantes : Quercus Ilex, Suber, 
Coccifera ont peu souffert. 

Parmi les Chênes américains, le Quercus macrocarpa a 
été assez atteint; les Quercus palustris et rubra ont été peu 
atteints; tes Quercus Prinus, bicolor, lyrata m'ont paru 
être indemnes. 

Le parasite qui cause cette maladie n'est connu que sous 
sa forme conidienne, c'est-à-dire sous la forme Oïdium; 
ses périthèces n'ont pu encore être découverts. Il est par- 



(1) Comptes rendus, 28 septembre 1908. 



l'oïdium du chêne 21 

conséquent impossible de savoir à quelle espèce il doit 
être rapporté. 

On a signalé sur les Chênes en Europe et surtout en 
Amérique, de nombreuses espèces d'Erysiphées qui, d'après 
les recherches critiques auxquelles s'est livré Salmon (1), 
doivent être rattachées soit au genre Phyllactinia, soit au 
genre MicrospJiœra. Le genre Phyllactinia doit être immé- 
diatement écarté à cause des caractères très particuliers 
que présentent les conidies et le mycélium des espèces de ce 
genre, caractères que l'on ne retrouve pas dans V Oïdium du 
Chêne. 

S'agit-il d'un Microsphœra comme Hariot (2) s'est montré 
d'abord disposé à l'admettre? Tout ce que Ion peut dire à 
ce sujet, c'est que le Microsphœra Alni est commun sur les 
Chênes en Amérique et qu'il est plutôt rare en Europe, 
puisque Hariot ne l'a vu encore que sur des échantillons 
provenant de Genève. 

Faut-il identifier Y Oïdium actuel avec une forme Oïdium 
observée par Thùmen (3) en Portugal sur le Quercus race- 
mosa il y a une trentaine d'années, et désignée par lui sous 
le nom d'Oïdium quercinum ? C'est l'opinion la plus récente 
d'Hariot (4). 

Bien que les conidies de notre Oïdium dépassent sensible- 
ment les dimensions assignées par Thûmen à celles de 
VOïdium quercinum (28-30 X 16-18 au lieu de 26 X 13), il se 
peut en effet que les deux formes conidiennes appartiennent 
à la même espèce. 

Mais quelle est cette espèce? On comprend que la ques- 



(1) Salmon, A. monograph of the Eryphacex (Mêm. Torrey Bota- 
nical Club, t. XXIX) et On the Variation sliown by the conidial 
stage of Phyllactinia Corylea (Annales Mycologici , t. LU). 

(2) Hariot, loc. cit. 

(3) Von Thumen, Contributiones ad floram mycologicam lusitani- 
cam. Lisbonne et Coïmbre, 1878-1881. 



(4) Hariot, Comptes rendus, 2 novembre 1908. 



22 A. PRUNET 

tion restera en suspens tant que les périthèces de notre 
Oïdium demeureront inconnues. Toute discussion à cet 
égard serait oiseuse. 

Une autre question qui ne peut non plus que rester en 
suspens, c'est celle de l'origine du parasite. Sommes-nous 
en présence d'une espèce exotique nouvellement intro- 
duite ou simplement d'une espèce indigène jusqu'ici peu 
répandue et à laquelle des conditions particulièrement favo- 
rables auraient permis de prendre rapidement un dévelop- 
pement extraordinaire. Les deux hypothèses peuvent se 
soutenir, mais en l'état actuel de la question, les arguments 
que l'on peut invoquer en faveur de l'une ou de l'autre 
sont dépourvus de valeur démonstrative. 

Les praticiens se demandent non sans inquiétude si nous 
sommes désarmés en face de ce nouveau fléau et si nous 
n'avons aucun moyen d'enrayer sa marche envahissante. 
Je me suis assuré l'an dernier que le soufre est actif contre 
V Oïdium du Chêne comme il l'est contre Y Oïdium de la 
Vigne, mais ne saurait sérieusement préconiser le soufragfi 
de forêts de Chênes. Lorsqu'une maladie prend de telles 
proportions, on se trouve pratiquement désarmé. 

Le traitement au soufre est toutefois indiqué dans les 
pépinières et dans les jeunes plantations. Il pourra, dans 
l'un et l'autre cas, rendre de grands services, à condition 
de le commencer assez tôt, avant que la maladie ait pris 
un trop grand développement. 



LE PHILOTHION ET LE CHIMISME DE L'HYDROGÈNE 23 

LES RECHERCHES DE MM. BATELLI ET STERN 

SUR 

La respiration des tissus, le philothion et le chimisme 
de l'hydrogène. 

Par J. de Rey-Pailhade, docteur en médecine. 



A ma connaissance, on a peu étudié le chimisme de l'hydro- 
gène. J'ai entrepris une esquisse de cette question, en me 
basant sur les beaux travaux de MM. Batelli et Stern, et sur une 
étude plus approfondie du philothion. 

Les résultats des recherches des deux physiologistes genevois 
sont publiés dans le Journal de Physiologie et de Pathologie 
générale, année 4907. 

Le foie et le muscle strié des mammifères peuvent, dans cer- 
taines circonstances, absorber en une heure à 38<> un volume 
de 200 cm3 d'oxygène par 100 grammes de tissu. Après une 
série d'expériences sur le résidu et l'extrait de ces organes trai- 
tés par l'eau, ils concluent que, in vitro, les combustions ont 
lieu par le concours de deux groupes de substances sans pou- 
voir encore préciser la nature des substances réagissantes. 

D'après nos connaissances actuelles, il semble exister dans le 
tissu : 1° des ferments d'oxydation et 2° des substances oxyda- 
bles à l'aide des premières. 

Pendant un voyage à Genève, j'ai essayé, dans le laboratoire 
de physiologie de l'Ecole de médecine, un extrait de muscle ; il 
m'a fourni les réactions du philothion d'une manière manifeste. 



24 J. DE RÉY-PA1LHADE 

Il y a donc lieu d'examiner si ce corps ne prend pas part à la 
respiration des tissus. 

Je dois d'abord rappeler mes diverses notes à la Société fran- 
çaise de chimie, dans lesquelles je démontre que l'hydrogène 
philothionique s'oxyde sous des influences faibles (1905, p. 850; 
— 1907, p. 165 et 1051). L'oxydation de cet hydrogène spécial 
pendant la vie, n'est pas discutable; M. HefTter arrive aussi à 
la même conclusion. 

Le but de ce travail est de rechercher la quantité d'oxygène 
consommée par le philothion. 

J'ai indiqué dernièrement à la Société de chimie, 1909, 
p. 133, qu'un homme adulte renferme 875 grammes de philo- 
thion sec. Cette substance est une albumine spéciale, soluble 
dans l'eau pure et froide, ayant de l'hydrogène attaché au sou- 
fre dans des chaînes libres — SH. C'est l'hydrogène philothio- 
nique, attaquable à froid par le soufre, le phosphore, certaines 
oxydases. Il représente seulement 1/1600 du poids de la molé- 
cule, dont la formule probable peut s'écrire C 250 H 407 Az« 7 O» 3 (SH/ 
dont le poids moléculaire est 5805. En défalquant l'urée de 
cette molécule, il ne reste que H 277 , qui comparés à H 4 , c'est- 
à-dire à l'hydrogène philothionique, donne la proporiion de 

A 1 

== — - environ. Le poids de tout l'hydrogène philothioni- 



277 70 

que de l'organisme est 0» r 55, en supposant que tout le corps 
est équivalent à un poids de 25.000 grammes de tissu actif ana- 
logue au foie et au muscle strié. On détermine, en combinant 
plusieurs séries d'expériences, que 100 grammes de tissu actif 
contiennent 3e r 5 de philothion avec 0& r 0022 d'hydrogène phi- 
lothionique correspondant à 24,5 cm3 de gaz hydrogène, deman- 
dant 12,2 cm3 d'oxygène pour former de l'eau. 

Ceci exposé, établissons le bilan de la consommation de 
l'oxygène et de l'hydrogène, en prenant une ration moyenne 
voisine de celle de M. A. Gautier : 116 grammes d'albumine; 
— 48 grammes dégraisse et 342 grammes de féculent (C 6 H l0 O 5 ). 
En défalquant l'urée, il faut oxyder 242 grammes de carbone 



LE PHILOTHION ET LE CHIMISME DE L'HYDROGÈNE 25 

et 32 grammes d'hydrogène avec 916 grammes d'oxygène se 
décomposant en 201 grammes d'oxygène intérieur, c'est-à-dire 
provenant de l'oxygène contenu dans les aliments, et 715 gram- 
mes d'oxygène extérieur pris dans le réservoir inépuisable de 
l'atmosphère On ignore comment se fait le partage de l'oxygène 
intérieur. Si cet oxygène se portait tout sur le carbone, il res- 
terait 32 grammes d'hydrogène à oxyder par l'oxygène exté- 
rieur; — si l'oxygène des aliments se fixait sur l'hydrogène, 
il en resterait encore 9 grammes à brûler. Considérons le 
poids moyen 20§ T 8, comme représentant la vérité. 

Le chimisme de l'hydrogène ainsi fixé, l'ensemble donne : 

Carbone à brûler. 205gr7 Oxygène nécessaire. 548g r 5 ou 384.000cm 3 
Hydrogène — 20&8 — 166gr5 _ 416.000 — 

Totaux 715gr0 500.000 — 

Il faut donc trois fois plus environ (exactement — — — — - Â — ) 

116 1 

d'oxygène pour oxyder le carbone que l'hydrogène. 

Les 232.000 cm3 d'hydrogène, équivalents aux 116.000 cm3 

d'oxygène, se ventilent de la façon suivante, d'après le groupe 

des aliments : 

Hydrogène à comburer 
avec de l'oxygène extérieur. 

Pour 116 gr. d'albumine (urée défalquée). 4,7 gr. ou 52.500cm 3 

Pour 48 — de graisse . . 5,5— — 61.500 — 

Pour 342 — de féculent 10,6 — — 118.000 — 



20,8— 232.000 — 

L'hydrogène philothionique de tout l'organisme, 0s r 55, est 

1 55 

donc égal à — — = — J— ■- de tout l'hydrogène alimentaire à 
38 20,8 J & 

1 55 

brûler avec O* extérieur, et à -— — = ,' „ de celui des matières 

8,5 4,7 

azotées. Ces proportions élevées indiquent pour cet hydrogène 
spécial une fonction particulière liée à un rôle de réserve. 



26 J. DE REY-PAILHADE 

Comparons ces nombres avec ceux obtenus par MM. Batelli 
et Stem : On peut admettre une consommation de 200 cmS deO u 
par heure et par 100 grammes de tissu actif; mais ces habiles 
expérimentateurs n'ont pas encore découvert sur quelles subs- 
tances se fixe l'oxygène. Il faut faire une hypothèse : la plus 
simple est d'admettre une combustion analogue à celle de la vie 
normale, c'est-à-dire proportionnelle à celle des trois groupes 
d'aliments. 

Afin de faciliter les calculs, je prends pour unité de temps le 
centième de jour, appelé ce par abréviation, qui vaut environ 
un quart d'heure (exactement 14 m 24 s ). 

Donc, d'après Batelli et Stern, 100 grammes de tissu actif 
consomment dans leurs expériences, qui ont duré 4 ces (1 heure) , 
200 cm 3 de O 2 , cela fait 50 cm3 par centième de jour. 

Le tableau comparatif de la vie normale et des résultats des 
deux physiologistes, donne les nombres suivants. Je rappelle 
que tout l'organisme est supposé équivalent à 25.000 grammes 
de tissu actif. 

Oxygène extérieur consommé par \ AAA 

., » 715fe' r ,0 ou 500.000«"» 3 

1 organisme en un jour ) 

O 2 extérieurconsomméparl00gr. j ^ Qm ^^ 

de tissu et pendant 1 ce \ 

O 2 extérieur consommé dans les 

expériences de Batelli et Stern. 



50,0cm 



Ces nombres montrent que par leur mode opératoire ces 
auteurs arrivent à une forte respiration des tissus, — deux fois 
et demie la normale, quand les essais durent 4 ces. Les résul- 
tats pour des durées plus courtes de 2 ces accusent une propor- 
tion plus forte. 

En ce qui concerne le chimisme de l'hydrogène, répartissons 
l'O* absorbé suivant la proportion trouvée plus haut, 3,3 pour 
le carbone et 1 pour l'hydrogène. On a : 

38,5c"«3 d e Q'i pour le carbone. 
11,5 ■ — l'hydrogène. 



Total 50,0cm3 



LE PHILOTHION ET LE CHIMISME DE L'HYDROGÈNE 27 

Le tableau de ventilation de l'hydrogène d'après la nature des 

'. \ 52.500 0,226 , 0l 

aliments indique une proportion de nexn Mn = — - — de 1 hy- 
M v v 232.000 1 J 

drogène des azotés à l'hydrogène total. Donc les 1 l,5 cm3 d'oxy- 
gène consommé par l'hydrogène total donnent 11,5 X 0,226, 
soit un volume de 2,6 cm3 deO 2 pour l'hydrogène de l'albumine, 
ce qui correspond à un volume de 5,2 cm3 de gaz hydrogène. 

D'après mon hypothèse, il y a pour l'albumine une combus- 
tion de 5,2 cm3 de H 2 dans les expériences de Batelli et Stern. 

Nous avons vu plus haut que d'après mes recherches il y a 

100 grammes de tissu actif 24, 5 cm2 d'hydrogène philothionique. 

5 2 
L'hydrogène albuminoïdique comburé n'est que le — ~ ou 

1 

environ — de la réserve d'hydrogène philothionique. Il me 
o 

paraît difficile, d'après ces comparaisons, de ne pas admettre la 

combustion d'une partie de l'hydrogène philothionique. 

J'ai fait ces remarques à mes sympathiques et savants con- 
frères de Genève; ils m'ont répondu que l'emploi d'un extrait 
chauffé à 100° ne diminuait presque pas la consommation d'oxy- 
gène. L'objection est facile à lever : ils traitent les muscles par 
l'eau pendant un temps trop court pour extraire tout le phi- 
lothion ; je doute qu'il y en ait la moitié dans l'extrait. Dans ces 
conditions défavorables et comme les réactions s'opèrent lente- 
ment, les 24 5 cm3 d'hydrogène philothionique ne peuvent 
donner lieu qu'à une absorption maximum de 5 cm3 environ 
d'oxygène, ce qui représente seulement 2,5 pour 100 sur la 
totalité des 200 cm 3 absorbés. 

Une cause d'erreur au préjudice du philothion vient de ce fait 
que pendant la coagulation du philothion par la chaleur, il y a 
formation d'hydrogène sulfuré ou de sulfure alcalin, qui vien- 
nent augmenter la consommation 'de O 2 extérieur. 

A mon avis, une partie de l'hydrogène philothionique s'oxyde 
dans les expériences de Batelli et Stern Quant à la proportion 



28 J. DE REYPAILHADE 

de O' 2 absorbé par cet hydrogène spécial, elle me parait pouvoir 

«•élever k±. 

Cette étude, quoiqu'en grande partie théorique, montrera, je 
l'espère, l'intérêt de la recherche du rôle physiologique de 
l'hydrogène philothionique. 

HYDROGÈNE A BRULER AVEC DE L'OXYGÈNE EXTÉRIEUR 

TABLEAU RÉCAPITULATIF RÉSUMÉ 

Minimum Maximum 

Pour 116 gr. d'albumine 3,7 gr. 5 gr. 

Pour 40 — dégraisse 0,0— 21,1 — 

Pour 342 — de féculent 5,2 — 5,9 — 

Totaux. 8,9- 32,7 — 

L'organisme pouvant être comparé, à ce point de vue, 
à 25.000 grammes de tissu actif, ces nombres multipliés 
par 0,000.004 fournissent la consommation par centième de 
jour et par 100 grammes de tissu. 

Consommation normale moyenne de H 2 par Q* extérieur par ce 

et par 100 gr 0g<\000.083.2 

Hydrogène philothionique dans 100 gr. de tissu.. 0g r ,002.2 

Dans une prochaine communication je montrerai la grande 
influence des hydratations sur le.chimisme de l'hydrogène. 



NOUVEAU GENRE DE GLOMEROIDEA 29 

NOUVEAU GENRE DE GLOMEROIDEA 

(myriopodes) 
Par H. Ribàut. 



Adenomeris n. g. 

Tronc composé de 13 tergites (1 + 2 -|- 10), comme dans le 
genre Glomeris. Gnathochilarium comme dans le genre Ger- 
vaisia. Pas d'ocelles. Organe de Tômôsvary très développé, 
plus grand que la fossette antennaire, aussi large que long. 
Septième article des antennes allongé. Tête développée angu- 
leusement en dehors de l'organe de Tômôsvary. Deuxième ter- 
gite développé sur les côtés comme dans le genre Gervaisia. 
Tergites dépourvus de carènes. Sur toute la surface des tergites 
3 à 13 débouchent des canaux glandulaires exsudant une subs- 
tance transparente de consistance molle et élastique. Corps 
dépourvu de pigment. Femelle avec 17 paires de pattes ; mâle 
avec 19 paires de pattes dont les 17 e , 18 e et 19 e sont transfor- 
mées comme dans le genre Gervaisia. 

Adenomeris hispida n. sp. 

Téguments incolores et transparents laissant apercevoir le 
contenu du tube digestif. 

Tête brièvement poilue dans la partie antérieure et interan- 
tennaire. Espace interantennaire plus large que la fossette 
antennaire. Antennes coudées en arrière au niveau du 2 e arti- 
cle et en avant au niveau des 4 e et 5 e . Quatre bâtonnets à 
l'extrémité. Longueur relative des articles et des bâtonnets : 
1 er : 5, 2 e : 5, 3 e : 10, 4 e : 6, 5 e : 4, 6 e : 10, 7 e : 5, bât. : 2. 

Premier tergite parcouru dans toute sa largeur par deux 
stries parallèles, à peu près entièrement couvert de poils courts, 
dépourvu d'ouvertures glandulaires. 

Deuxième tergite (partie antérieure du double tergite) large- 



30 H. RIBAUT 

ment arrondi sur les côtés, dépassant fortement en arrière et sur 
les côtés le 3 e tergite (partie postérieure du double tergite). 




FlG. I. — i, Tronc. — 2, angle d'un tergite. — 3, groupes d'ouvertures glandulaires, 
débarrassées du bâtonnet de sécrétion. — 4, Partie médiane d'un tergite. D, bord an- 
térieur de la duplicature. — 5, Bâtonnet, vu de profil . — 6, llf" patte chez le mâle. — 
7, Extrémité de la 1'.)' patte < liez un autre individu. — 8, Syncoxite de la 19° paire 
chez un autre individu. — 9, 48" paire de pattes chez le mâle. — 40, 11° paire <!<> 
pattes chez le mâle. 

Celui-ci plan sur les côtés (non creusé d'une fossette comme dans 
le genre Gervaisia) qui sont parcourues par 3 stries parallèles 
peu visibles. 



NOUVEAU GENRE DE GLOMEROIDEA 31 

Tergites 3 à 13 glabres en avant, poilus en arrière sur une 
bande correspondant à la partie duplicaturée et occupant sur la 
partie médiane environ les deux cinquièmes de la longueur 
totale du tergite. Sur toute la surface, débouchent des canaux 




3 2 

FlG. II. — 1, Tête. — 2, antenne. — 3, gnathochilarium. 



glandulaires isolés assez régulièrement espacés. Leur ouverture 
est masquée par le produit de sécrétion qui forme une sorte de 
pastille circulaire très aplatie, de consistance molle. Dans la 
partie duplicaturée, les canaux débouchent à côté des poils dont 
la base se trouve englobée par la pastille de sécrétion. Dans 
cette même partie, en dehors des canaux isolés, se trouvent des 



32 . H. RI B A UT 

groupes de 8 à 15 canaux débouchant au centre d'une couronne 
de 5 à 8 poils; le produit de sécrétion forme un long bâtonnet 
englobant entièrement la couronne de poils. Sur les tergites 
4 à 12, ces groupes sont disposés en deux rangées transversales 
parallèles, l'une située contre le bord postérieur, l'autre un peu 
en arrière du bord antérieur de la duplicature. Sur le 3 e tergite, 
il en existe trois rangées sur la partie médiane et quatre à cinq 
sur les parties latérales. Sur le tergite préanal, ces groupes for- 
ment une large bande transversale située à une petite distance 
du bord postérieur. 

Tergites 4 à 12 parcourus dans toute leur largeur par une 
strie située environ au quart antérieur, s'incurvantsur les côtés 
pour se terminer au bord postérieur du tergite. Sur les côtés, 
entre cette strie et le bord antérieur du tergite, existe une autre 
strie. 

Gonopodes 4-articulés. Tarse digitiforme coudé à son tiers 
distal vers le côté interne, muni d'un long poil externe à une 
certaine distance de son extrémité. Lobe interne du tibia plus 
ou moins développé suivant les sujets. Prolongement postérieur 
du fémur allongé, muni d'un petit lobe transparent sur le côté 
interne un peu avant l'extrémité. Cornes latérales du syncoxite 
allongées, terminées par une pointe translucide. Le prolonge- 
ment médian du syncoxite est plus ou moins développé suivant 
les individus. 

Longueur : c? 2'«m,t/ 2 à 3»»»; Q 3""» à 3 mm ,Va 
Largeur : çf ln"»,«/ 4 à lmm, >/ 2 ; Q lmm, */ 2 à 1""i', 3 / 4 . 

Cette espèce a été rencontrée par M. Brôlemann aux Eaux- 
Bonnes (Basses-Pyrénées)* et par moi à Saint-Béat (Haute- 
Garonne). Elle se trouve soit sous les mousses, soit de préfé- 
rence profondément enfouie sous les feuilles mortes. Sa taille 
exiguë et sa transparence rendent sa capture assez difficile. 



Toulouse — Imprimerie LAGARDE et SEBÏLLE, rue Romiguières 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 

du 2 m «* mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Composition du Bureau de la Société pour l'année 1909 ... 5 

Liste des Membres de la Société au 1^ juillet 1909 7 

Paul Dop. — L'œuvre scientifique du D r D. Clos i3 

A. Pkunet. — L'oïdium du chêne 18 

J. de Rey-Pailhade. — Les recherches de MM. Batelli et 
Stem sur la respiration des tissus, le philothion et le chi- 

misme de l'hydrogène 23 

II. Ribaut. — Nouveau genre de Glomeroidea (Myriopodes). 29 





SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE DEUX. — 1909 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 2. 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUE HOMIGUIÈRES 2. 

1909 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 





Euraii du règlement de la Sociélé d'Histoire Nalmeiie de Toulouse 

Art. t« r . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e'. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie. Botanique èl Zoologie. Les sciences physiques et bis- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son bnl plus spécial sera dYtudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la fiore, et la faune de la région dont Toulouse est le 

centre. 

Art. i. La Société s'efforcera d'augmenter les collections, t; Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de Tannée académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Arl, 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; l° r et 2 e Vice-présidenis ; Secrétaire-général-, Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Ati 31. L'é'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité .te publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. L u s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil ei du Comité peuvent seuls être 
réélus immé tialement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrent le premiei mercredi après le 15 novembre, et ont lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

irl. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. il. La Sociét* laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
da leurs opinions scientiG |ues. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

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obtenir des tirages à part, d îs réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
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^~*»t d* droit à a r Ile de TuartosU. 



PLÈVRE ET GAGE THÔRACIQUE 33 

RAPPORTS 

DE LA 

Plèvre avee la Gage tteaeiqae 

CHEZ LES VERTÉBRÉS AÉRIENS 
Par M. le docteur Durand. 



INTRODUCTION 



Au premier abord, le rôle des plèvres paraît si nette- 
ment établi, qu'il semble oiseux de s'attarder à son étude. 
Aussi n'aurais-je probablement pas abordé ce sujet, si mes 
fonctions à la Faculté des Sciences ne m'avaient fourni 
l'occasion de faire, à plusieurs reprises, des constatations 
intéressantes sur ces organes. C'est ainsi qu'au mois de 
décembre 1907 j'ai pu étudier avec M. L. Jammes, pro- 
fesseur à la Faculté des Sciences, un Eléphant du cirque 
Pinder. Peu après, le Laboratoire maritime de Banyuls 
envoyait un Dauphin dont la dissection m'a permis de 
noter de nouveaux faits. Un fœtus de la même espèce, une 
Tortue marine, un Plongeon capturé dans le golfe de 
Gascogne et différents autres animaux sont venus, à leur 
tour, augmenter le nombre de mes observations. 

L'Homme étant le terme ultime de l'échelle animale, 
il est toujours intéressant de chercher à connaître, à 
l'aide de renseignements fournis par les animaux, l'expli- 
cation des détails de son organisme. Ce travail sera une 
modeste contribution apportée dans cet esprit à l'étude des 
fonctions respiratoires. 

On sait que les poumons sont logés, dès leur origine, 
dans la partie antérieure du cœlome. A la suite du cloi- 
sonnement de celui-ci, ils se trouvent entourés, chacun, 
par une membrane séreuse, la plèvre, formée d'un épi- 
Soc d'hist. naturelle de Toulouse. à 



34 S. DURAND 

I hélium d'origine mésodermique, reposant sur une couche 
de tissu mésenchymenteux ; cette membrane circonscrit 
une cavité parfaitement close, la cavité pleurale, décom- 
posable en deux feuillets, un feuillet viscéral appliqué 
directement sur l'organe correspondant, et un feuillet 
pariétal en rapport avec la face interne de l'espace qui 
renferme le poumon. Ces deux feuillets sont d'ailleurs en 
continuité l'un avec l'autre au niveau du hile. La cavité 
pleurale est purement virtuelle, car les deux lames qui 
ia délimitent sont partout juxtaposées et glissent l'une sur 
l'autre (A. Nicolas, Anatomie de Poirier et Charpy). Il en 
est ainsi chez l'Homme à l'état normal. Mais la cavité 
pleurale est-elle indispensable, même chez ce dernier, à la 
respiration ? Nous voyons des animaux qui possèdent des 
poumons et qui sont dépourvus de sacs pleuraux (Batra- 
ciens, Reptiles, Oiseaux). Ces derniers ne se trouvent que 
chez les Mammifères et même chez eux leur présence y 
est considérée à tort comme constante, car ils peuvent 
faire défaut (Eléphant adulte). On connaît, d'autre part, 
la fréquence des maladies qui s'attaquent aux plèvres et 
leur retentissement sur l'acte respiratoire. Dans quelle 
mesure l'oblitération des espaces pleuraux peut-elle, chez 
un individu, atteindre sa vitalité ? C'est ce que nous nous 
proposons d'établir dans cette étude. 

Ce travail est divisé en trois parties : 

La première contient un aperçu sur l'édification pro- 
gressive de l'appareil respiratoire chez les Vertébrés infé- 
rieurs. Elle est destinée à servir de base à l'étude du 
même appareil chez les Mammifères. 

Je réserve pour une deuxième partie l'examen des or- 
ganes de la respiration chez ces derniers. Les particula- 
rités qui y sont signalées permettent, à leur tour, d'inter- 
préter certains états pathologiques ou anormaux de 
l'Homme. 

Enfin, dans une troisième partie, j'étudie le fonction- 
nement pulmonaire dans l'espèce humaine. 

Je crois clic arrivé ainsi à mettre en évidence plusieurs 
notions dont l'importance pratique peut offrir quelque in- 
térêt au point de vue médical. 



PLÈVRE ET GAGE THÔRACIQUE 35 



CHAPITRE PREMIER 

Coup d'oeil sur l'édification progressive de l'appareil 
pulmonaire. 



La substitution, chez les Vertébrés, de la respiration 
aérienne à la respiration branchiale, entraîne clans l'orga- 
nisme de nombreuses modifications. Nous ne nous occu- 
perons, ici, que de celles qui se rattachent directement à la 
fonction respiratoire et qui comprennent, avec l'évolution 
propre des poumons, l'appropriation des parties préexis- 
tantes ou néoformées qui concourent à leur fonctionne- 
ment. 



POISSONS 

Une première indication de l'appareil pulmonaire sem- 
Lle exister chez les Poissons sous forme de vessie nata- 
toire. Cette dernière communique, en effet, avec l'œso 
phage ou avec le pharynx par l'intermédiaire d'un canal 
primitivement perméable, offrant ainsi les dispositions 
générales de l'appareil pulmonaire, sauf la position qui 
est le plus souvent dorsale. 

Une particularité intéressante présentée par certains 
Ganoïdes, le Lépidostée et le Polypterus, permet d'éta- 



36 S. DURAND 

blir l'analogie de la vessie natatoire et des poumons (fîg. 1 
et 2). 

Chez le Lépidostée, l'orifice de la vessie natatoire, en 
forme de fente, s'ouvre dans la portion postérieure et 



Tube ncroeax 




Ckorde dorsale 

i Aorte 



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Œsophage 



Dilatateur ' 
Larynx <* 

Cartilage infra-pharyngo- 

branchial 

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Constricteur (Ph. Larynx V N.) 

Eléments de soutien du Larynx 



Fig. i. — Coupe médiane de la région céphalique du Lepidosteus osseus 
(diagramme d'après le dessin de Wiedersheim). 



On observe l'abouchement dorsal de la vessie natatoire sur le pharynx. 
L'homologie entre cette dernière et les poumons des Vertébrés aériens s'éta- 
blit par la division, en deux parties symétriques de la vessie natatoire, 
la structure alvéolaire de ses parois (fig. 2) et la formation d'un larynx. 
Les différences consistent, surtout, dans la position dorsale de la vessie et 
l'absence de tissus cartilagineux comme éléments de soutien du larynx. 
Ceux-ci sont représentés par des coussinets formés de tissu fibreux. 



médiane de l'appareil branchial. Il est entouré de masses 
de tissu conjonclif résistant dont les fibres enchevêtrées 
formenl deux bourrelets dirigés en arrière. Ces Bourrelets 
font saillie comme deux coussins dans la cavité de la ves- 
sie et limitenl un espace en forme de T situé dans le plan 
-au 1 liai. Cel espace s'étend du côté dorsal, c'est-à-dire 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 37 

sous la base clu crâne, pour s'ouvrir ensuite dans la ves- 
sie. L'ensemble de ces bourrelets forme, avec les expan- 



Bandcs fibreuses 




Coupe de la paroi 



Fig. 2. — Coupe à travers la Vessie natatoire du Lepidosteus montrant 
son système trabêculaire (d'après Wiedersheim). 



La Vessie a été fendue sur les bords et étalée. Sa paroi présente une cer- 
taine épaisseur. On voit les trabécules traversant la vessie dans le 
sens de la longueur (bandés fibreuses longitudinales de Wiedersheim) 
la divisant en deux moitiés, dont chacune se décompose à son tour en 
cavités cellulaires plus petites. Cette disposition a pour effet de réaliser 
un accroissement de surface qui favorise l'hématose. 



sions de muscles qui les traversent, un appareil semblable 
au larynx. Il présente les plus grandes variations de 
forme, de taille et de position par suite du développe- 
ment de sa musculature. Celle-ci se compose d'un dilata- 
teur, d'un rétracteur, d'un protracteur du larynx très dé- 



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PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 39 

veloppés et d'un constricteur du pharynx qui étend son 
rôle au larynx et à la vessie natatoire. Tous ces muscles 
sont dérivés des muscles branchiaux et innervés par le 
nerf vague. 

La vessie natatoire formée de deux moitiés latérales, 
présente des brides charnues entre ses alvéoles. Elle re- 
çoit le sang de l'aorte qui s'oxyde encore par son passage 
à travers ses parois. Les veines pulmonaires qui renfer- 
ment ainsi du sang très oxygéné se réunissent aux grosses 
veines qui conduisent au cœur le sang veineux des autres 
parties du corps. Par suite, le coeur et les branchies reçoi- 
vent du sang artérioso-veineux (Boas). 

Chez le Polypterus Bichir, l'orifice de la vessie nata- 
toire se forme sur la paroi ventrale. Il est entouré,- comme 
chez le Lépidostée, par des masses de nature conjonctive 
ne renfermant pas d'éléments cartilagineux. Cet appareil, 
mû par un dilatateur et un constricteur puissants, en con- 
tinuité avec la paroi musculeuse striée de la vessie nata- 
toire, permettent l'ouverture ou la fermeture de son ori- 
fice. Le dilatateur est une dépendance du constricteur 
du pharynx. 

La vessie natatoire est formée de deux sacs latéraux de 
grandeur inégale. 

On peut dire enfin que le rôle respiratoire de cet organe 
s'affirme chez les Dipneustes, où la respiration branchiale 
peut être interrompue par intermittences, en même temps 
que la vascularisation de la vessie augmente d'une façon 
trs appréciable. 

Chez le Lepidosiren et le Protopterus, la vessie natatoire 
se compose de deux sacs qui s'ouvrent, par un canal com- 
mun et médian, dans la paroi antérieure du pharynx ; ces 
sacs possèdent des alvéoles bien développés . 

On peut donc admettre, en se basant sur l'origine em- 
bryonnaire analogue de la vessie natatoire et des pou- 
mons, que la nature a produit des organes similaires en 



40 



S. DURAND 



doux points différents, par adaptation à des conditions 
physiologiques semblables (Wicdersheiin). 



BATRACIENS 



Chez les Batraciens, la fonction pulmonaire cesse d'être 
oscillante et devient permanente pendant la seconde moi- 
tié de la vie ; mais elle est encore imparfaite. L'hématose 
a lieu, en grande partie, à la surface de la peau. L'ar- 
tère pulmonaire, envoie, à cette dernière, sa branche la 
plus importante, si bien qu'au point de vue fonctionnel, 
les téguments jouent la plus grande partie du rôle qui, 
chez les autres Vertébrés aériens, est à peu près exclu- 
sivement dévolu aux poumons. 

Cette particularité explique d'ailleurs les mœurs aqua- 
tiques et obscuricoles d'un grand nombre de Batraciens, 
leur recherche des lieux humides. 

Leur cavité viscérale est presque entièrement occupée 
par les autres organes. Les poumons y tiennent peu de 
place. Simples et de petite taille, ils ne règlent pas la 
forme de l'espace où ils se trouvent, on les voit, au con- 
traire, se modeler sur lui. C'est ainsi qu'allongés chez 
les Urodèles, ils deviennent globuleux chez les Anoures. 

La cage thoraeique est de même réduite à sa plus sim- 
ple expression. Les côtes à peine ébauchées sont repré 
sentées par des moignons osseux qui prolongent latérale- 
ment les apophyses transverses des vertèbres dorsales. 
Sur des Pleurodèles élevés en captivité, nous avons vu ces 
rhoignons pousser droit devant eux et perforer les tégu- 
ments. De tels organes sont évidemment peu propres à 
aider Fado respiratoire. Il existe, de même, un sternum 
constitué par une pièce médiane impaire divisée en seg 
ments. On sait que cet os ne se Ironie que chez les Ver- 
tébrés munis de poumons ; on comprend, d'ailleurs, qu'il 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 41 

en soit ainsi, étant donné son rôle dans la fonction respi- 
ratoire. Mais pour que son action soit vraiment efficace, 



Apophyses transoerses 



Uro style 




Fig. 3. — Squelette du Crapaud fBufo vulgaris). 



Les Amphibiens ont des côtes rudimentaires. Chez les Anoures, celles-ci 
ont complètement disparu ou sont représentées, tout au. plus, par des 
apophyses transverses assez développées. Chez les Urodèles, les côtes 
sont des -pièces courtes, mobiles, insérées sur les apophyses transverses. 
Le faible développement des côtes fait que le sternum n'est en con- 
nexion qu'avec laceinturescapulaire.il est peu développé et se présente 
souvent à l'état cartilagineux. Parfois, son ossification se circonscrit à 
la pièce qui le joint à la ceinture dont il n'est plus qu'un appendice. 



il faut qu'il se trouve réuni aux côtes, qu'il y ait cage tho- 
racique. Cette dernière ne sera complète et ne prendra 
toute son importance que dans les classes où la respira- 



42 S. DURAND 

lion pulmonaire est le mieux développée : chez les Oiseaux 
et chez les Mammifères. 

Les poumons sont simplement revêtus d'un repli périto- 
néal ; ils plongent à même dans la cavité générale. Il n'y 
a ni diaphragme, ni cavité pleurale. Comment se fait la 
respiration ? L'état primitif de l'appareil osseux fait que 
les poumons placés sous des tissus mous (muscles et té- 
guments) subissent les pressions extérieures en même 
temps qu'ils sont soumis à la pression des viscères. 

Cuvier, Duméril, Bibron, etc., se sont occupés de ré- 
soudre cette question. Plus tard, un travail de Haro vint 
contredire ces auteurs et Panizza, reprenant leurs expé- 
riences, démontra ce qui avait été dit par les premiers, à 
savoir : que les Batraciens sont incapables de faire une 
inspiration ; ils remplissent leurs poumons en déglutis- 
sant l'air. Paul Bert reprit les mêmes expériences et fut 
conduit aux mêmes conclusions. Les travaux de Burdon- 
Sanderson, 1873*"; de Newel-Martin, 1878 ; de Wedenski, 
1879-1881 ; de Couvreur, 1895 ; de Gaupp, 1896 ; de Ba- 
glioni, 1900; de Soprana, 1904 ; de Andréa Pari, 1906; 
de François Franck, 1908, confirment tous cette notion. 
Les Batraciens n'introduisent pas l'air dans leurs pou- 
mons par aspiration, comme les autres animaux aériens : 
ils l'y projettent par déglutition. 



La carapace a été enlevée. Le poumon, allongé, occupe un vaste espace 
dans la cage thoracique. On voit également, au-dessus du poumon, un 
tissu ligure en gris, représentant les adhérences pulmonaires avec la 
paroi dorsale du corps. Deux grands muscles sont aussi indiqués, l'un, 
placé en avant, répond à l'oblique descendant. Il s'insère sur tout le 
bord antérieur du bassin, de la carapace et du sternum, et s'étale 
dans l'intervalle postérieur de ces deux parties. L'autre, placé en arrière 
(transverse abdominal), s'insère à la partie supérieure de la moitié 
postérieure de la carapace, descend en dehors des viscères qu'il enve- 
loppe, pour aboutir inférieurement à une aponévrose moyenne. Ce 
muscle, très plat, constitue la base de la lamelle péritonéale qui 
entoure les poumons. Il ne comprime directement qu'une faible partie 
du poumon, mais il exerce son action par l'intermédiaire de la masse 
viscérale. A cet égard, il présente une homologie de fonctions avec le 
diaphragme. 



PLEVRE ET CAGE THORACIQUE 



43 




44 S. DURAND 



REPTILES 



Les Reptiles actuels, en raison de leur mode de vie dif 
férent, ont un appareil pulmonaire essentiellement varia- 
ble d'un ordre à l'autre. 

Chéloniens. — L'opinion ancienne était que les Tortues 
respiraient comme les Batraciens, c'est-à-dire qu'elles 
n'exécutaient aucun mouvement respiratoire propre, en 
d'autres termes qu'elles se contentaient de déglutir l'air. 
Les expériences de Panizza, de Weier Mitchcll et de Paul 
Bcrt ont démontré que ces animaux exécutent des mouve- 
ments spéciaux d'inspiration et d'expiration. Nous avons 
pu disposer, pour ce travail, d'une Tortue marine du 
genre Caouane (Chelonia caouana) et examiner les parties 
de son organisme pouvant intéresser les mouvements res- 
piratoires. 

Trois particularités sont à retenir : 

1° L'adhérence partielle des poumons à la paroi thora- 
cique ; 

2° L'absence de plèvres ; 

3° La possibilité par le [eu musculaire de faire varier le 
volume des poumons. 

Adhérences du poumon. — Les poumons s'appliquent 
par leur face dorsale contre la paroi interne de la cara- 
pace. La soudure se fait par l'intermédiaire d'un tissu 
conjonclif lâche et facile à dissocier. Cette disposition est 
à retenir. Nous la retrouverons, en effet, chez les Oiseaux 
et chez certains Mammifères. Ne voulant pas anticiper 
sur les conclusions qu'imposera la rencontre de cet état 
à différentes reprises, contentons-nous de faire remarquer 
que cette soudure que l'on considère souvent comme loca- 
lisée chez les Oiseaux existe ailleurs et paraît être en rap 
port non avec la structure de telle ou telle classe, mais 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 



45 



Trachée 



Poumon .. 




Caoilê pleurale 



Fig. 5. 



Diagramme montrant les rapports des Poumons, de la Plèvre 
et du Diaphragme. 



La figure supérieure montre le péritoine refoulé par les poumons. Ceux-ci, 
enveloppés par cette séreuse, plongent dans la cavité générale avec les 
autres viscères. C'est le cas des Batraciens et de la plupart des Reptiles. La 
figure de gauche indique la séparation, en voie de réalisation, de la cavité 
générale en deux loges par un diaphragme. Ceci existe chez quelques 
Reptiles et Oiseaux. La figure de droite schématise le cas des Mammifères. 
La cavité générale est définitivement divisée par le diaphragme. Une por- 
tion du péritoine tapisse la cavité qui renferme les poumons (cavité pleu- 
rale) et prend le nom de plèvre; l'autre portion tapisse le reste de la cavité 
générale contenant les autres viscères (cavité péritonéale) et conserve le 
nom de péritoine. 



46 S. DURAND 

avec un élal spécial de l'organisme indépendant de ses 

affinités. 

Absence de plèvres. — Les poumons s'isolent des au- 
tres organes par leur face ventrale. Ils occupent, en effet, 
\u\c loge constituée à la fois par des replis du péritoine 
el du mésentère. Mais peut-on dire qu'il y a une plèvre ? 
Nous savons que les poumons sont recouverts extérieu- 
rement par une membrane séreuse. Les anatomisles qui 
s'occupent surtout de l'Homme, ont l'habitude de désigner- 
la lame qui recouvre le poumon sous le nom de plèvre. 
En anatomie comparée, il doit en être autrement. En réa- 
lilé, la séreuse qui recouvre les poumons n'est, par son 
origine, que la partie du péritoine que ces organes, en 
se développant, refoulent devant eux. Dans ces condi- 
tions, il devient difficile d'établir une différence entre deux 
régions d'une même membrane. Nous réserverons donc 
le nom de plèvres pour les portions du péritoine isolées 
par le diaphragme du reste du revêtement viscéral qui 
conservera le nom de péritoine. 

Comme il importe de n'employer que des termes nellr 
ment définis, nous dirons que les poumons des Reptiles, 
de même que ceux des Batraciens, ont un revêtement péri 
tonéal ; que chez les Oiseaux, où nous avons une ébau- 
che de diaphragme, ce revêtement va prendre les carac- 
tères de la plèvre et ce n'est que chez les Mammifères, 
où les poumons sont dans une cavité tout à fait distincte 
de la cavité abdominale, que nous pourrons appeler plè- 
vres leur revêtement. 

Possibilité de variation du volume pulmonaire par le 
jeu musculaire. — Quand on examine le squelette d'un» 1 
Tortue, on est de suite frappé par le peu de mobilité que 
possède la cage thoracique. En effet, tout le squelette 
est enfermé dans une boîte rigide qui lui adhère en partie, 
(](> telle sorte que les seuls mouvements possibles ne peu- 
vent se produire qu'au niveau des ceintures et surtout 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 



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48 S. DURAND 

de la ceinture scapulaire. Le sternum n'existe pas et les 
coracoîdes et procoracoïdes sont réunis entre eux par un 
simple ligament partiellement cartilagineux. Dans la Che- 
lonia caouana que j'ai examinée, ce ligament n'existe pas 
et les deux coracoîdes s'étalent largement et se superpo- 
sent. De telle sorte que ces deux lames, glissant l'une 
sur l'autre, peuvent, en s'écartant, suivre le mouvement de 
La patte correspondante. De cet écart résulte un agran- 
dissement transversal de la cage thoracique propre à fa- 
voriser les mouvements respiratoires. Cette idée a été 
développée par Paul Bert. Celui-ci pense que la dilatation 
thoracique est accrue par l'intervention, dans les inspira- 
tions et les expirations énergiques, du jeu des membres 
qui, par leurs mouvements de va et vient à travers les 
trous de la carapace, augmentent et diminuent alternati- 
vement l'espace respiratoire. 

Mais il intervient un deuxième facteur beaucoup plus 
puissant, capable, à lui seul, de faire varier le volume des 
poumons ; c'est un muscle qui joue pour ainsi dire le rôle 
du diaphragme. Ce muscle est large, aplati, mince et 
situé en arrière, entre la carapace, le bouclier sternal et 
le membre postérieur. Il avait été appelé muscle inspira- 
teur par Townson, Duvernoy en avait contesté le rôle, 
mais Weier Mitchell ainsi que Paul Bert sont venus con- 
firmer la première opinion. C'est encore le muscle sous- 
péritonéal de Wiedcrsheim. 

Crocodiliens. — Chez les Crocodiliens les poumons sont 
constitués par des cloisons de plusieurs ordres. La cage 
thoracique est limitée par des côtes mobiles rattachées 
au sternum ; en arrière, elle est complétée par un muscle 
analogue au diaphragme des Mammifères désigné sous 
le nom de muscle sous-péritonéal. L'accroissement pen- 
dant l'inspiration porte à la fois sur le diamètre sterno- 
vertébral et surtout transversal. Notons ce détail intéres- 
sant en rapport avec le régime amphibie, que les narines 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 40 

peuvent être fermées à volonté par un sphincter nasal, 
comme cela a lieu chez les Pinnipèdes par exemple. L'ani- 
mal peut, de même, clore le fond de sa bouche au moyen 



Colonne vertébrale. 




Fig. 7. 



- Fragment de la colonne vertébrale d'un serpent 
(Tropidonotus natrix) (d'après L. Jammes). 



Chez les serpents, la première vertèbre cervicale est dépourvue de côte; 
depuis la deuxième cervicale jusqu'à l'extrémité du tronc, toutes les ver- 
tèbres, semblables entre elles, en sont au contraire pourvues. Les côtes se 
caractérisent par leur grande mobilité articulaire. Elles manquent au 
niveau des vertèbres caudales dont les apophyses transverses en tiennent 
lieu. Le sternum fait défaut. 



d'une membrane sur laquelle vient s'appliquer un voile 
du palais très volumineux. Cette seconde particularité se 
rattache à la nécessité où se trouve l'animal d'avaler des 
proies sous l'eau ; de semblables dispositions se trouvent 
d'ailleurs chez les Cétacés, où l'adaptation à la vie aqua- 
tique est poussée à l'extrême. Les poumons de structure 
spongieuse n'offrent rien qu'il soit utile de noter ici. 

Sofi. d'hIST. NATURELLE DR TOULOUSE. 4 



50 S. DURAND 

Sauriens. — Les Sauriens, comme les Crocodiliens, 
ont une cage thoracique développée ; mais tandis que chez 
ces derniers, elle est complètement fermée dans sa partie 
postérieure, chez la plupart des Sauriens son contenu 
communique librement avec le reste de la cavité générale 
du côté gauche. Chez certains d'entre eux (Caméléon), 
on trouve des poches, découvertes par Perrault, qui peu- 
vent être rapprochées des sacs aériens des Oiseaux. Il 
existe, en somme, dans ces deux groupes, une cage tho- 
racique dont la partie osseuse est entièrement développée, 
mais où manquent encore des parties molles complémen- 
taires. 

Les Crocodiliens sont les seuls, parmi les Reptiles, où 
ia séparation des cavités pleurales et péritonéales soit 
complète. Chez beaucoup de Sauriens, la cavité pleurale 
droite est séparée de la cavité abdominale. D'ailleurs le 
muscle sous-péritonéal n'est qu'homologue au diaphragme 
des Mammifères car il a une innervation di[{érente. La 
cavité péricardique communique encore avec la cavité 
générale. 

Ophidiens. — L'appareil respiratoire s'établit ici sur un 
l>pe qui, à plusieurs points de vue, s'écarte des précé- 
dents^ Dans le corps, dont l'élongation a été accompa- 
gnée d'un rétrécissement transverse très appréciable, les 
organes n'ont pu conserver leur symétrie primitive et se 
sont étages. Les poumons, pressés l'un contre l'autre, sont 
devenus inégaux ; chez certains même, l'un d'eux a com- 
plètement disparu ; c'est celui de droite qui persiste géné- 
ralement. Cet organe tient l'intermédiaire entre celui des 
Batraciens et celui des Vertébrés supérieurs. Il a une 
forme allongée à surface unie et présente une partie pos- 
térieure à paroi mince et transparente, peu irriguée par 
des vaisseaux issus non de l'artère pulmonaire, mais di- 
rectement de l'aorte. Cette seconde partie rappelle les sacs 
respiratoires de quelques Reptiles (Caméléon) et des Oi- 
seaux. 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 51 

La trachée s'ouvre antérieurement dans le pharynx, où 
se trouve une glotte semblable à celle des Chéloniens. 

La cage thoracique est constituée seulement par des 
côtes : le sternum, en raison, probablement, de l'extrême 
mobilité du corps, ne se développe pas. Quant aux côtes, 
dit Paul Bert, leur forme et leur mode d'articulation sont 
tels que toutes les fois qu'une d'entre elles tend à se rap- 
procher de la tête, le sommet de la convexité s'écarte de 
celui de la côte opposée, en même temps que son extrémité 
ventrale s'éloigne de la colonne vertébrale ; le mouvement 
de projection en avant a donc pour effet d'augmenter à la 
fois les deux diamètres antéro-postérieur et transversal 
de la cavité où sont logés les poumons. Ceux-ci suivent 
le mouvement, s'étalent et se remplissent. Le retrait des 
côtes en arrière resserre, au contraire, les poumons et 
déterminent l'expiration. Ce mouvement se rapproche du 
mouvement thoracique des Mammifères. Chez les Ophi- 
diens, nous n'avons pas encore trouvé trace de plèvres ni 
de diaphragme. 



OISEAUX 

Les Oiseaux nous présentent des caractères qui se su- 
perposent et révèlent l'évolution qui a conduit l'appareil 
respiratoire à son état actuel. 

Nous trouvons, en effet, des caractères de Sauriens tels 
que : 

a) La constitution du squelette de la cage thoracique ; 

b) La structure de la trachée ; 

c) La disposition de la glotte qui peut se fermer complè- 
tement au gré de Vanimal ; 

d) La présence des sacs aériens. 

Les poumons sont peu volumineux. Us sont situés des 
deux côtés de la colonne vertébrale et appliqués, par leur 



.Ï2 S. DURAND 

côté dorsal, contre la paroi interne du thorax. Les côtes 
très saillantes creusent, dans leur surface, des sillons 
transverses profonds. Ces organes sont suspendus à la 
cavité thoracique par les bronches, la trachée, les veines 
et les artères pulmonaires. Le reste de leur surface est 
libre dans la cavité thoracique, mais leur parenchyme 
dorsal est relié en arrière avec les côtes et les vertèbres 
par des adhérences très compactes. Celle-ci est reliée inti- 
mement avec le diaphragme. Elle descend de la face mé- 
dio -ventrale du poumon et s'étend jusqu'à la surface in- 
terne de la portion sternale des côtes. Elle recouvre la 
face interne de la cage thoracique, le péricarde et monte, 
comme le médiastin, en suivant le bord interne des pou- 
mons. Cette double muraille divise la cavité thoracique en 
une partie droite et une partie gauche. On trouve ainsi, 
comme chez les Mammifères, une cavité médiastine dans 
laquelle sont enfermés le cœur et le péricarde, l'œsophage 
et l'aorte descendante. On voit donc que le poumon est 
limité, du côté ventral, par un espace pleural, du côté 
dorsal, par la paroi du corps. 

La cloison diaphragmatique est dédoublée. La cavité 
thoracique est séparée de la cavité abdominale par un plan 
oblique, concave en arrière, qui s'étend du rachis au ster- 
num et porte le nom de diaphragme thoraco-abdominal 
(Cavalié). La cavité thoracique présente, en outre, ce fait 
particulier qu'elle est divisée en deux étages par une cloi- 
son musculo- tendineuse tendue transversalement de la 
face interne des côtes gauches à la face interne des côtes 
droites et connue sous le nom de diaphragme pulmonaire 
ou costal (Sappey). 

A ces poumons sont encore annexés d'autres organes 
qui jouent un rôle dans la respiration : ce sont les sacs 
aériens. Ces sacs sont au nombre de neuf, à savoir : 

Un sac interclaviculaire, impair et médian ; 

heux sacs cervicaux, symétriques ; 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 53 

Deux sacs diaphragmatiques antérieurs, symétriques ; 
Deux sacs diaphragmatiques postérieurs symétriques ; 
Deux sacs abdominaux, symétriques. 



Coracoîde 



Omoplate 



Apophyses unciformes^.^ 




Clavicule 



Fig. 



Bréchet ou Carène 
Cage thoracique d'un Oiseau (Columba domestica). 



Le sternum est très développé, il recouvre du côté ventral le thorax et une 
partie de l'abdomen. Les régions cervicale et coccygiennes de la colonne 
vertébrale sont seules mobiles, le reste forme un tout à peu près rigide. 
Les côtes, au nombre de huit, offrent des caractères en rapport avec la 
colonne vertébrale. La première et la dernière sont flottantes ; les cinq 
autres sont reliées au sternum par un os sterno-costal. Des apophyses 
aplaties, dirigées obliquement d'avant en arrière, permettent aux côtes de 
prendre des points d'appui supplémentaires les unes sur les autres (apo- 
physes incinées). 



Ils sont tous formés par une membrane fine, transpa- 
rente el peu résistante, en continuité avec la tunique mu- 
queuse des bronches. Elle ressemble à une membrane sé- 
reuse. On n'y aperçoit que peu de vaisseaux sanguins et 
dans divers points on y trouve une couche de tissu élas- 



54 S. DURAND 

tique qui constitue une tunique fibreuse. Les sacs anté- 
rieurs communiquent avec les os, qui sont creux chez ces 
animaux. Ces sacs étant très peu vascularisés, ne sau- 
raient èlro le siège d'une respiration active. Il faut donc 
croire que le développement excessif de ces sacs et l'état 
rudimentaire du diaphragme n'est qu'une conséquence de 
l'adaptation à la vie aérienne. En effet, chez l'Aptéryx, 
que nous pouvons considérer comme une forme inférieure 
en raison des caractères présentés par plusieurs de ses 
organes, ces sacs prennent une moins grande importance. 
Les sacs abdominaux manquent, les sacs diaphragmati- 
ques font peu saillie au-dessous du thorax, les os sont 
pleins ; enfin nous remarquons un grand développement 
du diaphragme (Owcn), comme chez les Mammifères. 

Généralement, la cage thoracique des Oiseaux est plu- 
tôt rigide. Elle est constituée par des vertèbres dorsales 
qui sont presque souciées. De ces vertèbres partent des 
côtes, dont les deux premières et la dernière sont flot- 
tantes ; chacune des autres est reliée au sternum par un 
os sterno-costal formant ainsi des arcs osseux rigides. De 
plus, cinq côtes portent une apophyse aplatie dirigée obli- 
quement d'avant en arrière et de haut en bas, permettant 
a chacune d'elles de prendre un point d'appui supplémcn 
taire sur la suivante : l'apophyse unciforme. 

Le sternum est très développé, il a la formé d'un bou- 
clier qui recouvre la face ventrale ; extérieurement il porte 
uv.»e lame verticale ou bréchet, dont les dimensions sont en 
rapport avec la puissance du vol. Cette cage est encore ren- 
forcée par les clavicules qui viennent se souder sur le bré- 
chet et dont le rôle est de maintenir les épaules écartées ; 
et un os puissant et volumineux : l'os coracoïde qui, placé 
dans le sens où l'effort musculaire est le plus grand, joue 
le rôle d'une seconde clavicule. Dans ces conditions, cette 
<;,ljv iii> peut avoir qu'une mobilité relative au niveau de 
la réunion des côtes vertébrales avec les côtes stcrnalcs. 



PLÈVRE ET CAGE -THORACIQUE 55 

Ce mouvement est encore limité clans le sens vertical, les 
cotes étant maintenues par les omoplates qui reposent sur 
elles et forment un angle aigu avec l'os coracoïde soudé 
lui-même au sternum. 

Chez les Oiseaux, tels que les Plongeurs, par exemple, 
dont le mode de vie exige certaines dispositions spéciales, 
l'appareil aérien offre des caractères intéressants au point 
de vue qui nous occupe ici. 

J'ai pu étudier un Guillemot à capuchon (Uria troile), 
capturé sur les côtes de l'Océan et adressé au Laboratoire. 
Cet animal présente des caractères très marqués d'adap- 
tation aquatique. Sa cage thoracique est très développée 
et la charpente osseuse entoure la masse viscérale tout en- 
tière. La figure que j'en donne ici permet de voir ces dis 
positions. Si l'on place l'animal en position physiologi- 
que, on donne à son axe antéro-postérieur une direction 
verticale. Le sternum de très grande taille occupe à lui 
seul les deux tiers de la hauteur du sujet. Les côtes dor- 
sales et sternales descendent presque verticalement, les 
plus longues atteignent le coccyx. Elles s'unissent entre 
elles en formant un angle aigu. Les articulations des seg- 
ments costaux entre eux, avec la colonne vertébrale ou 
avec le sternum, sont très mobiles. Quand l'animal est en 
expiration, le sternum se rapproche de la colonne verté- 
brale ; les côtes s'effacent en se recouvrant. Pendant l'ex- 
piration, au contraire, l'animal dilate ses sacs, le ster- 
num s'écarte de la colonne vertébrale et, par ce mouve- 
ment, augmente le diamètre antéro-postérieur. En même 
temps les côtes, réunies par une membrane souple, s'écar- 
tent latéralement et augmentent le diamètre transverse de- 
la cavité viscérale. La forme générale de cet appareil rap- 
pelle dans une certaine mesure celle d'un soufflet à main 
où la dilatation se fait surtout dans la partie postérieure. 
Aous retiendrons ce dispositif comme une curieuse exa- 
gération du type respiratoire abdominal. 



56 S. DURAND 

Eludions maintenant comment s'opère, en général, chez 
les Oiseaux, la dilatation du thorax, cause de l'inspiration. 
D'après Paul Bert, lorsque les muscles inspirateurs en- 
treni en action, l'angle que font les côtes vertébrales s'ou- 
vre el le sternum s'écarte du rachis : donc augmentation 
du diamètre vertical. D'après Cuvier, il y aurait également 
une dilatation transversale. Ces deux augmentations au- 
raient lieu simultanément. Il est un fait certain, c'est que 
si l'on prend un Oiseau et qu'on immobilise sa cage tho- 
racique en la serrant légèrement entre le pouce et l'index, 
on le voit immédiatement périr par asphyxie. On voit, de 
plus, en observant la respiration des Oiseaux, les mouve- 
ments alternatifs de l'abdomen ; nous pourrions dire qu'ils 
ont une respiration abdominale, comme nous le verrons 
chez les Mammifères. Le poumon est, pour ainsi dire, 
inactif : ce sont les sacs aériens qui assurent sa ventila- 
lion. La respiration costale dont nous avons parlé plus 
haut, n'existe seule que chez l'Aptéryx, qui est dépourvu 
de sacs abdominaux. Chez tous les autres, la dilatation 
de la cage thoracique provoque, dans les sacs abdominaux 
et diaphragmatiques, un appel de l'air extérieur et de 
l'air contenu dans les sacs extra-thoraciques et l'expira- 
tion provoque le reflux de l'air dans ces derniers sacs. 
La muqueuse pulmonaire se trouve ainsi, à deux reprises, 
sur le trajet de l'air pendant l'inspiration comme pendant 



Le sujet est placé sur le dos. Les parties teintées en noir représentent 
les parties osseuses de le cage thoracique. Celles figurées en hachures 
représentent la membrane unissant les côtes au sternum et à la colonne 
vertébrale. Les côtes empiètent les unes sur les autres, les membranes 
sont plissées et la pointe du sternum rapprochée du coccyx. La figure 
centrale gauche, représente l'animal vu par sa face postérieure 11 indi- 
que les mêmes caractères. Les deux autres figures montrent l'animal en 
inspiration. Les côtes sont écartées les unes des autres, la pointe du 
sternum s'éloigne beaucoup du coccyx et les membranes sont tendues. 
On voit que l'augmentation de volume se fait surtout à la partie pos- 
térieure du sujet, par suite de la mobilité articulaire des côtes verté- 
brales avec les côtes sternales. 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 



57 



Sternum 



_ _ Cotes 




Omoplate 



Fig. q. - Diagramme exprimant le fonctionnement de la paroi thora- 
9 cique d'un oiseau plongeur, le Guillemot (Una troile). 



58 S. DURAND 

l'expiration : c'est donc une respiration double. Il n'y a 
ni pause inspiratoire, ni pause expiratoire. Les deux 
phases se succèdent brusquement et les changements sont 
très accentués. Il semblerait que cette respiration est une 
adaptation à leur mode de vie, leur permettant ainsi, mal- 
gré le changement d'altitude, de respirer un air de tem- 
pérature à peu près constante. En résumé, si la cage 
Lhoracique des Oiseaux paraît rigide, il existe néanmoins 
une articulation des côles sterno-vcntrales avec les côtes 
vertébrales, permettant un léger écartement des deux 
moitiés de cette cage. Nous avons constaté la présence 
d'un poumon adhérent à la partie dorsale des côtes ; 
l'existence d'une plèvre du côté ventral ; enfin la présence 
d'un diaphragme rudimentaire que nous allons voir bien 
développé chez les Mammifères. 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 59 



CHAPITRE II 



Les diverses modalités de la respiration chez les 
Mammifères. 



Chez les Mammifères, les poumons atteignent un volume 
proportionnellement plus grand que chez les autres Ver- 
tébrés. Les bronches, au lieu de courir près de la surface 
pulmonaire, comme celles des Oiseaux, s'enfoncent au 
centre de l'organe. Leurs branches ne sont pas pennif or- 
mes, mais rayonnent autour des grands troncs ; enfin elles 
ne dépassent pas les poumons, se divisent rapidement et 
leurs ramifications ultimes se terminent dans les lobules 
pulmonaires. 

La cage thoracique atteint ici le maximum de développe- 
ment et de mobilité. Nous la voyons constituée par une 
colcnne vertébrale sur laquelle s'articulent les côtes. Cel- 
les-ci sont des arcs osseux rigides comparables à ceux que 
nous avons trouvés chez les Ophidiens. Leurs extrémités 
distales se continuent par des portions cartilagineuses 
analogues aux côtes sternales des Oiseaux et des Reptiles, 
qui s'unissent, pour la plupart, au sternum. Celui-ci est 
toujours plus court que la partie de la colonne vertébrale 
qui donne insertion aux côtes ; les dernières s'appuient 
sur les précédentes ou restent libres ; dans ce cas, on les 
appelle fausses côtes. Il n'existe pas d'angle mobile pou- 



60 S. DURAND 

vant s'ouvrir, comme chez les Oiseaux, entre les côtes et 
leurs prolongements s te maux. Le tout est continu et- 
forme un arc solide dont la convexité est dirigée en dehors 
et on arrière chez les Mammifères à station horizontale, 
ou en dehors et en bas chez ceux à station verticale (divers 
Primates, Homme). Les premières côtes sont courtes ; les 
autres s'allongent de plus en plus, le sternum s'éloignant 
du rachis à mesure qu'on se rapproche de sa pointe. Ces 
dispositions donnent à la cage thoracique l'aspect d'un 
cône à base tronquée obliquement. On voit, du reste, chez 
divers Mammifères, le système costal se prolonger très 
loin vers le bassin ; le sternum restant en général très 
court, il s'ensuit que cette obliquité s'exagère et que le 
diaphragme occupe une position de plus en plus horizon- 
tale. D'ailleurs le système costal subit de grandes varia- 
tions : tantôt il ne dépasse pas la région thoracique, tan- 
tôt, au contraire, il se prolonge en arrière et soutient éga- 
lement la paroi abdominale. Chez les Primates, les côtes 
sont relativement légères et au nombre de 12 à 15 paires. 
Chez les Herbivores, elles sont larges, épaisses et beau- 
coup plus nombreuses : le Cheval en a 18 ; le Rhino- 
céros, 19 ; l'Eléphant, 20. Le chiffre le plus élevé est at- 
teint par un Edenté, l'Unau, qui en a 23. Les Edentés, 
d'ailleurs, sont très remarquables au point de vue costal ; 
h* Fourmilier à deux doigts, porteur de 16 côtes, les a 
si larges qu'elles sont placées les unes au-dessus des au- 
tres, comme les tuiles d'un toit. La présence de ces orga- 
ne ;i évidemment pour effet de rendre solides les parois 
qu'elles soutiennent. Les quelques indications qui précè- 
dent montrent que si le besoin de celle solidité est devenu 
constant pour le fonctionnement pulmonaire, il peut être 
également utile, par exemple, pour soutenir une masse 
viscérale particulièrement lourde, £omme chez l'Eléphant, 
le Rhinocéros, le Cheval, etc., ou former une armature 
protectrice, comme chez certains Edentés (Fourmilier). 



, 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 61 

Il semble que cette augmentation du nombre des côtes 
soit en rapport avec la po- 
sition de l'animal. Nous 
pouvons, en effet, diviser 
les Mammifères en deux 
groupes : les uns à colonne 
vertébrale horizontale, les 
autres à colonne vertébrale 
verticale. Les premiers, et 
ce sont, du reste, les plus 
nombreux, sont des Mam- 
mifères à marche quadru- 
pède. Leur système costal 
supporte tout le poids des 
viscères, ce qui explique la 
tendance qu'ont les côtes à 
se rapprocher, à s'allonger 
verticalement en réduisant 
leur courbure et à être plus 
nombreuses. De plus, ces 
animaux ont les membres 
antérieurs dirigés dans le 
sens vertical, limitant en- 
core ainsi la largeur du 
squelette thoracique. On 
sait, en effet, combien ils 
sont étroitement appliqués 
à leur base contre le tho- 
rax, à seule fin de pouvoir 

le supporter. Il résulte de A remarquer la légèreté et la mobilité 
11 de la charpente osseuse humaine. 

CCS deux faits que la Cage Les côtes sont moins nombreuses que 
.. . . chez les autres Mammifères, phéno- 

Uioracique est en partie îm- mène qui s'explique par la suppres- 

mobilisée et, de plus, si6n <!V Ô1 ? de T tie ^ qu ' elles 

' r °» avaient chez les quadrupèdes. 

qu'elle est déprimée latéra- 
lement ; chez d'autres, ce n'est plus le poids des vis- 




Colonne vertébrale 

Fig. 10. — Cage thoracique de 
l'homme. 



62 S, DURAND 

cères ni la position des membres qui intervient, c'est 
simplement leur adaptation. En effet, si nous consi- 
dérons les Cétacés, nous voyons que ces animaux ont 
pris la forme La plus favorable à leur mode de vie. Ils sont 
devenus de vrais Poissons, leur corps s'est allongé, les 
membres sont réduits à des rames et la partie postérieure 
du corps est très mobile, de façon à permettre à l'animal 
des mouvements de torsion assez prononcés. Chez les 
Mammifères à station verticale, tout le poids des viscères 
porte sur le bassin. Les côtes perdent leur rôle .de soutien 
el acquièrent plus de mobilité. Les unes s'annexent à l'ap- 
pareil respiratoire, les autres se réduisent (fausses côtes) 
ou s'atrophient à la région lombaire. La disparition des 
fausses côtes n'est pas toujours complète. L'existence 
d'une treizième paire de côtes est relativement fréquente. 
Cette régression de la cage thoracique a été étudiée par 
Tanja, Ruge et Wiedersheim. Hasse en parle également 
dans un travail publié, en 1893, dans les Archives fur Ana- 
tomle. Il explique aussi comment, chez les animaux qui 
marchent à quatre pattes et dont le centre de gravité porte 
surtout sur les membres antérieurs, la cage thoracique 
s'aplatit de plus en plus latéralement et prend, en section 
transversale, la forme d'un coin ou d'un cœur de carte à 
jouer. Au contraire, les animaux dont la cage thoracique 
est supportée par le milieu dans lequel ils vivent (Mammi- 
fères aquatiques) ou chez ceux où les membres antérieurs 
sont devenus préhensiles, la cage thoracique, débarrassée 
de la pression exercée par les muscles de la ceinture sca- 
pulaire, s'est développée en largeur et a pris la forme d'un 
tonneau. Chez l'Homme, en particulier, elle devient d'une 
mobilité extrême. Nous voyons ici s'exercer la pression 
des membres inférieurs sur le bassin qui se rétrécit. Cette 
pression, au lieu de se faire en surface, est limitée en deux 
points précis : les cavités cotyloïdes. Hasse, tenant compte 
de la forme de la cage thoracique el par conséquent de son 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 63 

degré de mobilité en même temps que de la direction des 
bronches dans les poumons, est arrivé à classer les ani- 
maux d'après leur type respiratoire. C'est cette classifi- 
cation qui m'a paru intéressante, que je reproduis ici : 

I. Animaux à respiration diaphragmatique prédomi- 
nante et à respiration thoracique faible : Monotrèmes. 

II. Animaux à respiration diaphragmatique prédomi- 
nante, à respiration thoracique plus développée en arrière, 
plus faible en avant : Bœuf, Chèvre, Cheval, Chien, 
Wombat. 

III. Animaux à respiration diaphragmatique et à respi- 
ration thoracique, tantôt la respiration diaphragmatique 
l'emportant sur la respiration thoracique ou réciproque- 
ment : Phoque, Dauphin, Anthropoïdes, Homme. 

IV. Animaux à respiration thoracique prédominante et 
à respiration diaphragmatique secondaire : Bradypus, 
Lemur. 

De ces considérations se dégage le vrai caractère de 
l'appareil costal. Les côtes, au début, ne sont pas liées à 
la fonction respiratoire. Nous verrons, au contraire, par 
l'élude de différents cas pris dans la série des Vertébrés, 
que leur adaptation à cette fonction n'est, en quelque 
sorte, qu'exceptionnelle et n'a lieu que lorsque, libérées 
de leur fonction première de soutien, elles restent inuti- 
lisées. 

Plèvres. — Les poumons sont revêtus extérieurement 
par une tunique séreuse : la plèvre. Elle y adhère assez 
fortement à l'aide d'une mince couche de tissu conjonctif. 
Elle se continue sur les parois de la cavité thoracique où 
ces organes sont logés, de façon à encapuchonner chacun 
d'eux une seconde fois, mais sans que les deux surfaces 
contiguës de cette double enveloppe contractent entre 
elles aucune adhérence. Il y a par conséquent, entre ces 
deux feuillets qui se touchent sans se souder, une cavité 



64 S. DURAND 

virtuelle qui est la cavité pleurale. La couche de tissu 
conjonctif qui existe entre la plèvre pulmonaire et la sur- 
face du poumon renferme un grand nombre de fibres élas- 
tiques. En général, elle reste si mince qu'on a pu en con- 
tester l'existence. Parfois, au contraire, elle prend un dé- 
veloppement si considérable qu'elle forme alors, autour du 
peumon, ainsi qu'il nous a été donné de l'observer nous- 
nieme chez L'Eléphant et le Marsouin, une tunique épaisse 
qui existe aussi, paraît-il, chez le Bison d'Amérique et 
l'Ours blanc ; mais, habituellement, elle est rudimentaire, 
à moins d'être développée d'une façon accidentelle ou 
pathologique. 

Chez l'Homme, la plèvre est bien développée : le feuillet 
viscéral ou pulmonaire entoure le poumon dans toute son 
étendue, sauf au niveau du hile, où il se réfléchit pour 
venir se continuer avec le feuillet pariétal. La plèvre en- 
voie des prolongements dans les scissures interlobaires 
et donne au poumon son aspect lisse et poli. Le feuillet 
pariétal revêt régulièrement et dans toute son étendue la 
cavité où se logent les poumons. Il tapisse en bas la 
partie supérieure et latérale du diaphragme (plèvre dia- 
phragmatique). En haut, il se moule exactement sur le 
sommet des poumons en formant un cul-de-sac (plèvre 
cervicale) ; il revêt de même la face correspondante du 
médiastin (plèvre médiastine) ; il tapisse enfin la face in- 
terne des côtes et des espaces intercostaux (plèvre cos- 
tale). 

Mais si la plèvre atteint tout son développement chez 
l'Homme et chez la plupart des Mammifères, il en est 
pourtant, parmi ces derniers, qui font exception et qui 
n'en possèdent que pendant leur jeune âge. On se rap- 
pelle la discussion qui s'est élevée, il y a quelques années, 
à propos de la plèvre des Eléphants. La mort de l'Eléphant 
Sehib, au Muséum d'Histoire naturelle, en fut le point de 
départ. 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 65 

Le 4 février 1907, M. Ed. Perrier faisait une communi- 
cation à l'Académie des Sciences au sujet de cet animal. 
Le même jour, M me Phisalix, à qui l'autopsie avait été 
confiée, publiait une note relatant ses observations qu'elle 
lésume ainsi : 

« L'autopsie a duré deux jours. 

» Après découpage et enlèvement du cuir, six côtes ont 
été enlevées pour découvrir le poumon droit. 

» Pendant cette opération, on constate que la plèvre 
pariétale est épaisse. La cavité pleurale contient un abon- 
dant épanchement séro-fîbrineux de pleurésie aiguë. La 
plèvre gauche présente les mêmes lésions ; elle renferme 
aussi un liquide qui a les mêmes caractères que celui de 
la cavité pleurale droite. 

» Ainsi il existe une pleurésie double à la fois thoraci 
que et diaphragmatique. Les poumons sont très fortement 
congestionnés, leur tissu, d'un rouge sombre, crépite sous 
la pression des doigts et laisse dégager, à la coupe, une 
spume abondante ; ils ne sont cependant pas hépatisés. 

» En aucun point ils ne présentent de lésions tubercu- 
leuses, les ganglions bronchiques n'en montrent pas non 
plus ; ils n'ont qu'une anthracose légère et très légitime 
pour un captif de 24 ans. » 

L'auteur concluait à une congestion pulmonaire géné- 
ralisée à toute la masse des deux poumons et accompa- 
gnée d'une pleurésie aiguë double avec épanchement. 
C'est, disait-elle, l'affection qu'on appelle communément 
fluxion de poitrine (l'auteur confond, sans cloute, avec la 
pneumonie). Cette note ne devait pas rester sans réponse ; 
le 11 février 1907, Giard posait, à son tour, la question 
suivante à l'Académie des Sciences : « L'Eléphant d'Afri- 
que a-t-il une cavité pleurale ? » Les rares autopsies con- 
nues paraissent établir, en effet, que cet animal en est dé- 
pourvu. Il semble bien établi, surtout depuis les recher- 
ches du professeur I. E. V. Boas, que les Eléphants n'ont. 

SOG. d'hIST. NATURELLE DB TOULOUSE. 5 



66 S. DURAND 

pas de cavités pleurales. Les recherches sur l'Eléphant 
d'Asie de Miall et Greenwood, dont les résultats sont 
confirmés par trois autopsies faites par Boas, et une qua- 
trième du professeur Schmalz, de l'Ecole vétérinaire de 
Berlin, aboutissent de même à ces conclusions : « Les 
cavités pleurales faisaient totalement défaut et les pou- 
mons adhéraient partout à la cage thoracique par du tissu 
conjonctif. Le péricarde lui-même adhérait aux poumons 
et au diaphragme par du tissu conjonctif ; mais le cœur 
était libre dans une enveloppe, comme chez les autres 
Mammifères. Le tissu conjonctif était blanchâtre, très ex- 
tensible, d'une faible élasticité et, en conséquence, ren- 
fermait peu de fibres élastiques ». 

Les preuves d'obturation des cavités pleurales chez 
l'Eléphant d'Afrique sont, d'après Giard, moins nombreu- 
ses et moins démonstratives. L'auteur rapporte seulement 
une observation de Mojsisovics, qui a disséqué un jeune 
Eléphant sur lequel il croit avoir observé des traces d'une 
Pleuritis adhsesiva, et un passage tiré de Vulpian et de 
Philippeaux, publié en 1855, sous le titre : Note sur le 
cœur, le [oie et les poumons d'un Eléphant femelle, ainsi 
conçu : « Les deux poumons étaient adhérents dans toute 
leur périphérie, dans quelques points limités la plèvre 
viscérale et la plèvre pariétale n'étaient point réunies. Les 
adhérences étaient assez difficiles à rompre ». 

Si l'absence des plèvres est un fait général, comme ten- 
dent à l'établir ces observations, il devient difficile de 
comprendre les formations pleuréliques décrites par 
M me Phisalix. Dans la séance du 25 février 1907, M me Phi- 
salix, répondant à la question posée par Giard, revient sur 
les observations de son contradicteur et cherche à établir 
qu'en ce qui concerne notamment l'Elephas Indicus, les 
données sont discordantes. Elle cite, en effet, une obser- 
vation de Camper, qui aurait trouvé, entre la plèvre et 
le diaphragme, une adhérence considérée comme excep 



PLÈVRE ET CAGE THÔRACIQUË 67 

tionnelle, basant lui-même son opinion sur le mémoire 
de Blair, qui, sur un Eléphant d'Asie, mort à Dundee, 
en 1706, avait trouvé les poumons libres de toute part. 

Voulant accumuler les preuves, elle citait encore le tra- 
vail de Bazin, de 1837, Sur V enveloppe propre du poumon, 
dans lequel sont décrits séparément les deux feuillets de 
la plèvre ainsi que le tissu qui les unit par places ; celui 
de Watson (1871-1872), qui a observé chez l'Eléphant 
d'Asie des dispositions analogues de la plèvre viscérale. 
«Jusque-là, ajoute-t-elle enfin, on peut dire que si on a 
constaté l'absence de plèvres chez certains sujets, d'autres, 
au contraire, en présentaient une ». Pour trancher la ques- 
tion, .elle fait constater la présence de plèvres chez un 
fœtus du Muséum et sur un jeune Eléphant mort à 14 ans, 
à Bostock, en 1905, 6ù les plèvres, simplement affrontées 
l'une à l'autre, ont été séparées « comme deux membranes 
de caoutchouc mouillées, sans déchirures et sans sec- 
tions », ce qui montre d'une façon indiscutable la surface 
libre des parties respectives : poumon et thorax. M me Phi- 
salix considère l'absence de plèvres comme un état patho- 
logique résultant des conditions défectueuses dans les- 
quelles se trouvent des animaux en captivité « bien nourris, 
mais mal protégés contre les intempéries d'un climat qui 
n'est pas le leur ; privés, en outre, de l'exercice nécessaire 
à l'activité de leur mécanisme respiratoire, ils se trouvent 
très exposés aux affections à frigore ». 

M me Phisalix, logique avec elle-même, attribuait donc 
nettement les adhérences des plèvres chez l'Eléphant à un 
état pathologique. La question changeait de terrain et dans 
la séance du 4 mai 1907, Giard, reprenant les conclusions 
de x\l me Phisalix, publiait une note intitulée ainsi : A quel 
moment et comment s oblitèrent les cavités pleurales de 
l'Eléphant ? 

Comme vraisemblablement les plèvres existent au dé- 
but chez l'Eléphant, il ne s'agit plus que de persistance 



68 S. DURAND 

de durée variable; à cet égard, le cas de l'Eléphant de 
Bostock n'a rien d'étonnant, étant donné que les nains 
sont des individus atteints d'un infantilisme permanent 
plus ou moins accentué. 

L'auteur faisait remarquer, en outre, que les praticiens 
qui ont eu fréquemment l'occasion de soigner des Elé- 
phants n'ont pas attendu les travaux des anatomistes mo- 
dernes pour croire à l'absence des cavités pleurales. Il 
cite le cas du vétérinaire G. -H. Evans, qui a séjourné 
plus de douze ans en Birmanie, auteur d'un traité sur les 
maladies des Eléphants. Celui-ci ne prévoit même pas 
l'existence de la pleurésie dans le tableau qu'il trace de la 
nosographie des Eléphants. « Le thorax, dit-il, est pro- 
fond et étroit. Il offre cette particularité qu'il ne possède 
pas de cavité intermédiaire entre ses parois et les pou- 
mons, pour la raison que ces organes y sont adhérents : 
en un mot, il n'y a pas de plèvres. Ceci est complètement 
différent de ce qui se passe avec les poumons dans la 
plupart des Mammifères où, quoique en contact avec les 
parois, ils n'y ont aucune attache. De ce côté, l'Eléphant 
ressemble aux Oiseaux. » 

Ce dernier rapprochement est inexact, dit Giard, en ce 
que l'absence de plèvre dorsale est primitive chez l'Oiseau, 
tandis que chez l'Eléphant cette plèvre existe au début et 
s'oblitère ensuite. 

Evans cherche à expliquer celle particularité par le 
genre de vie de l'Eléphant qui l'oblige rarement à respi- 
rer et par son organisation qui nécessite peu d'oxygéna- 
tion du sang. Cette opinion, dit Giard, paraît très discu 
table, mais en fait, la soudure des deux feuillets pariétal 
et viscéral de la séreuse semble bien être le résultat d'une 
sorte d'ankylose due au non usage. Il réfute ensuite les 
arguments de M me Phisalix ayant trait à la formation 
d'adhérences pathologiques et termine sa note en décla- 
rant (pie le processus qui amène la disparition graduelle 






PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 69 

de la cavité pleurale chez les Eléphants lui paraît d'ordre 
normal et qu'il la comparerait volontiers à la disparition 
de la cavité cœlomique au cours de l'évolution de certains 
Métazoaires inférieurs, ou encore aux phénomènes sou- 
vent d'aspect semi-pathologique qui s'observent dans la 
nécrobiose phylogénique des animaux à métamorphoses. 
Le 17 juin 1907, Giard fait paraître une autre note ayant 
pour titre : Nouvelles remarques sur l'oblitération de la 
cavité pleurale des Eléphants, où il cite neuf autres obser- 
vations (quatre de Schmalz, deux de Ruge, trois de Chap- 
man) qui établissent toutes l'absence de cavités pleurales. 
Il ajoute, en forme de conclusion : « Les anatomistes les 
plus compétents et les mieux informés s'accordent à dé- 
crire comme un processus normal l'oblitération des cavi- 
tés pleurales chez les Eléphants adultes, soit asiatiques, 
soit africains. Chapman va même jusqu'à considérer 
comme d'origine pathologique le rétablissement possible, 
dans certains cas, de tout ou partie de ces cavités. 

» Il y a, d'ailleurs, une forte exagération à supposer 
que tous les Eléphants entretenus en captivité sont des 
animaux malades, constamment atteints de pleurésie. Je 
viens de voir, il y a quelques jours, à Schœnbrunn, près 
de Vienne, un Eléphant indien femelle, introduit il y a 
vingt ans, et qui a récemment donné naissance à un petit, 
aujourd'hui âgé de 6 mois environ. Le père, amené à 
Vienne il y a douze ans, est un superbe mâle très doux, 
quoique armé de superbes défenses. 

» Le fait que ces animaux se sont reproduits en capti- 
vité prouve assez leur parfait état de santé. » 

Ces conclusions paraissent en tous points des plus sa- 
tisfaisantes. Leur point faible est de n'être basées que sur 
un nombre restreint de cas. La mort récente d'un Eléphant 
du cirque Pinder a été pour nous l'occasion de confirmer 
une fois encore les vues de Giard. 

Pendant son séjour hibernal de 1907-1908, à Lavilledieu 



70 S. DURAND 

(Tarn-et-Garonne), le directeur du cirque Pindcr se vil 
dans la nécessité de faire abattre l'un de ses Eléphants 
« Panch», devenu subitement fou furieux. 

Sur la demande de M. le professeur Giard, nous nous 
rendîmes, M. Jammcs et moi, sur les lieux afin de pro- 
céder à l'autopsie. Nous ne donnerons ici que les détails 
relatifs aux cavités pleurales. 

L'examen de l'Eléphant « Punch » ne révéla aucune tare 
organique appréciable. L'animal, jeune mâle .de dix-neuf 
ans, était sain et en pleine croissance. Sa taille, au-dessus 
de la moyenne, atteignait, déjà, aux épaules, deux mètres 
soixante-seize centimètres. Une irascibilité excessive, attri- 
buablc' à l'éveil de l'instinct sexuel, a seule nécessité sa 
mort. A l'ouverture de la cage thoracique, les poumons 
étaient étroitement soudés aux parois par un tissu résis- 
tant ayant pour base des faisceaux conjonctifs mêlés à 
des fibres élastiques. 

Un des aides a dû procéder à un travail d'arrachement 
pour arriver à extraire les poumons. Nous avons appris, 
en môme temps, qu'un autre Eléphant, mort dans des con- 
ditions analogues, dont la dépouille orne, actuellement, 
le musée zoologique de Montauban, présentait les mêmes 
dispositions. M. Cazottes, vétérinaire du cirque, nous a 
déclaré avoir été fort surpris en trouvant autour de pou- 
mons d'apparence saine ces grandes adhérences. Dans 
l'impossibilité d'élucider une question alors à peu près 
ignorée, il avait émis l'hypothèse d'une maladie, peut-être 
d'un forme de tuberculose... Ce renseignement, en géné- 
ralisant la question, augmentait L'intérêt de notre au- 
topsie. 

De ce qui précède, il résulte : 1° que l'Eléphant possède 
une cavité pleurale pendant son jeune âge ; 2° que des 
adhérences viennent ensuite l'obstruer. 

La discussion reste ouverte sur ce comblement secon- 
daire. 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 71 

M me Phisalix attribue aux adhérences un caractère pa- 
thologique qui serait causé par l'état de captivité. Or il 
semble difficile d'admettre, comme le fait justement re- 
marquer Giard, que tous les Eléphants sédentaires soient 
des animaux malades. Reste l'hypothèse de Evans; cet 
auteur est porté à croire que « la façon de vivre de ces 
animaux les oblige à respirer rarement, leur organisation 
nécessite, en outre, peu d'oxygénation du sang». Cette 
opinion entraîne de sérieuses réserves : il s'agirait d'abord 
de savoir ce que Evans entend par «respirer rarement». 
S'il veut dire, par cette expression, que l'animal exécute 
peu de mouvements respiratoires, il est dans la vérité. 
Si, au contraire, il fait allusion à un besoin médiocre 
d'oxydation, la démonstration reste à faire. Nous ne sa- 
vons pas, en effet, s'il existe aucune recherche précise sur 
la consommation en oxygène de ces animaux. Dans son 
Traité des Eléphants, Evans pense, en outre, que les arti- 
culations des côtes avec les vertèbres d'une part et le ster- 
num de l'autre, permettent un léger mouvement et aident 
ainsi à la respiration. L'examen des squelettes d'Eléphants 
que possède le service de zoologie de la Faculté des Scien- 
ces et le Muséum d'Histoire naturelle de Toulouse semble 
indiquer que cette participation doit être des plus restrein- 
tes. Les côtes, au nombre de 21 paires, occupent presque 
toute la longueur de la colonne vertébrale, leurs articu- 
lations avec celle-ci sont peu propices aux mouvements 
d'oscillations ; en outre, elles sont réunies entre elles par 
des cartilages épais qui contribuent à diminuer leur mobi- 
lité. On comprend qu'il en soit ainsi, car l'Eléphant a 
besoin d'une charpente osseuse résistante pour supporter 
d'un côté le poids des viscères, de l'autre celui de la peau. 
Celle-ci est, en effet, très lourde et, pour donner un exem- 
ple, celle de l'Eléphant « Punch » pesait près de 500 kilo- 
grammes. On conçoit que, dans ces conditions, l'appareil 
costal, absorbé tout entier par les fonctions de soutien, 



72 S. DURAND 

soit pou utilisable au point de vue respiratoire. Il suffit, 
du reste, d'observer avec attention des Eléphants vivants 
pour constater que leurs mouvements respiratoires sont 



Colonne vertébrale 




Sternum 



Fig. h. — Cage thoracique de V Eléphant (Elephas indicus). 



La cage thoracique de l'Eléphant se caractérise non seulement par la gros- 
seur des os, mais encore par la grande capacité de la poitrine qui semble 
toucher au bassin. Les côtes sont au uombre de 20, dont 5 vraies ou sler- 
nales et i5 fausses ou asternales. Les premières tombent verticalement ; 
les dernières se portent en arrière en diminuant peu à peu de longueur. 
Du côté distal, les côtes sont réunies, entre elles, par un cartilage commun. 
Les premières sont élargies à leur extrémité et quelquefois réunies Tu ne à 
l'autre en symphyse (ce qui écarte toute idée de mouvement)^ Du côté 
proximal, elles présentent des surfaces articulaires larges et peu profondes. 
Le sternum est très court et composé de cinq pièces 



des moins apparents, sinon nuls. On a déjà vu de quelle 
façon sont employés, selon les circonstances, pour servir 
;i la respiration, les parties voisines des poumons ; ici, 
l'appareil costal étant peu utilisable, c'est du côté du 
diaphragme que se fait la dilatation pulmonaire. Ce mus- 
cle, en raison de sa grande obliquité, atteint, en effet, une 






PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 



73 



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II 



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74 S. DURAND 

surface considérable en même temps qu'une mobilité assez 
mande. 1 ,es poumons se déplaçant peu sur la paroi cos- 
tale, l'indépendance première que maintient le glissement 
chez les autres Mammifères tend à disparaître. La sou- 
dure semble n'être que la conséquence d'une immobilité 
dont la raison, nullement pathologique, aurait sa cause 
principale dans l'utilisation totale de l'appareil costal aux 
fonctions de soutien. Si l'oblitération des cavités pleurales 
de l'Eléphant se rattache vraiment à une cause d'ordre 
mécanique, il serait naturel que nous rencontrions chez 
d'autres Mammifères des dispositions propres à appuyer 
noire hypothèse. Or, le Dauphin commun, par exemple, 
offre des dispositions très démonstratives à cet égard. 

Nous avons pu étudier récemment, grâce à l'obligeance 
du Laboratoire zoologique de Banyuls, un exemplaire 
de ce genre (Delphinus delphis Linné) et faire sur lui 
d'intéressantes observations. 

Notre sujet était une jeune femelle mesurant un mètre 
soixante-deux centimètres de longueur. A l'ouverture, les 
séreuses qui tapissent les grandes cavités du corps pré- 
sentaient les dispositions suivantes : 

Cavité péritonéale. — Le feuillet pariétal du péritoine, 
adhérent, chez les autres Mammifères, à la paroi du corps, 
conserve ici, sur les faces ventrale et latérales, une grande 
mobilité. Il se rattache, seulement, à l'épaisse couche mus- 
culaire qui l'entoure par des brides lâches de nature con- 
jonctive, propres à permettre des glissements étendus. Ce 
n'est que sur la ligne médio-dorsale, où la membrane pé- 
ritonéale s'infléchit pour former le mésentère intestinal, 
que l'accolcment est complet et semblable à celui que l'on 
observe partout ailleurs. 

Nous assistons par conséquent «à la formation d'une ca- 
vité analogue, comme fonction, a la cavité pleurale. Tou- 
tefois, ces deux espaces ne sauraient avoir, au point de 
Mie anatomique, la môme signification ; l'un se forme de 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 75 

bonne heure et participe à l'édification de l'économie, 
l'autre, au contraire, a une origine tardive et accidentelle. 
Cavités plejrales. — Les poumons, volumineux, non 
lobés, flottent dans un espace libre. La séreuse qui, dans 
chacune des deux loges, tapisse la face interne de la paroi 
thoracique, est séparée de celle-ci par un coussin souple, 
formé de tissu conjonctif lâche. Ce dernier présente, sur 
les côtés de la colonne vertébrale, une épaisseur de deux 
centimètres environ ; il s'amincit progressivement, à me- 
sure qu'il s'avance sur les côtés du corps. 

Ces dispositions semblent, comme précédemment, être 
en rapport avec les conditions mécaniques que doit rem- 
plir le. corps du Cétacé. On s'explique, en effet, que l'ani- 
mal ayant besoin, pour progresser, de battre l'eau avec la 
partie postérieure du corps, possède une épaisse muscu- 
lature ; par contre, à l'intérieur de la gaine musculaire, les 
viscères gagnent à conserver une immobilité relative ; il 
est permis de supposer que la séparation des muscles 
d'avec le sac péritonéal et son contenu est la conséquence 
de cette dualité. 

Par conséquent, à l'excessive mobilité de l'abdomen 
correspondrait, ici, contrairement à ce qui se passe habi- 
tuellement chez les autres Mammifères, la formation d'une 
cavité de glissement, comparable, dans une certaine me- 
sure, au point de vue fonctionnel, à une cavité pleurale. 

Nous avons montré précédemment comment, chez les 
Vertébrés à respiration aérienne (Batraciens, Reptiles, 
Oiseaux), les organes placés autour des poumons appor- 
tent leur concours à la fonction respiratoire. Celle-ci, ainsi 
que le montre le tableau ci-joint, utilise, selon les dispo- 
nibilités, tels ou tels organes : muscles abdominaux, côtes, 
diaphragme. Il est naturel que, lorsque l'appareil costal, 
dont les fonctions essentielles consistent à soutenir les 
organes, est tout entier absorbé dans cet emploi? les pou- 
mons fonctionnent par d'autres moyens. Il est normal 



76 



S. DURAND 



aussi que, lorsque deux séreuses ou, mieux, deux parties 
de la môme séreuse s'affrontent et s'immobilisent, ces 




Fig. i3. — Diagramme montrant la flexion 
du corps chez un Cétacé (Delphinus dcl- 
phis). 

Cette figure représente le Dauphin courbé 
d'un côté ; la ligne ponctuée indiquant sa 
position inverse. Ce sont les mouvements 
que présentent cet animal lorsqu'il nage. 



Fig. \l\. — Diagramme montrant les rap- 
ports du Péritoine avec la paroi du 
corps chez le Dauphin (Delphinus del-. 
phis) pendant la natation. 

Le Dauphin possède un mode de locomotion 
dont l'effet est de développer, dans la 
seconde moitié du corps, des tractions 
alternantes. Ces mouvements supposent, 
dans la partie convexe, un état de tension 
et dans la partie concave, une compres- 
sion compensatrice. Entre les deux il y a 
une position neutre. Pendant que le Dau- 
phin fait onduler son corps, il se produit 
des réactions en rapport avec les condi- 
tions différentes de la tension. Les flexions 
alternes habituelles tendent à dissocier les 
éléments de la paroi du corps et surtout 
les fibres conjonctives qui se trouvent 
entre la paroi musculaire et le péritoine. 
Il en résulte un décollement du péritoine 
reliée seulement, à la paroi musculaire, 
par des tractus fibreux et la formation 
d'une nouvelle cavité permettant le jeu 
du péritoine lui-môme. 



parties se soudent. Les cas particuliers de l'Eléphant et 
du Dauphin apparaissent ainsi comme la conséquence 
d'un phénomène naturel et d'ordre général. 



Paroi du corps 




Fig. a. 



78 



S. DURAND 



CLASSES 



ORGANES RESPIRATOIRES 



RAPPORT 

des poumons avec 

la paroi thoracique. 



MAMMIFERES 



OISEAUX . . 



Ophidiens. .. 



Sauriens. 






S Crocodiliens 



Chéloniens. . 



BATRACIENS.. 



ETAT 
dos Plèvres. 



Gém ralcment 
libres. 



Soudés à la 
cage thoraci- 
que par la face 
dorsale. 



Libres. 



i<l. 



CAGE THORACIQUE 



STERNUM 



Plèvres entou 
rant le pou 
mon de toutes 
parts. 



Plèvres 

du 

côté ventral. 



Soudés à la 
cage thoraci- 
que par la face 

dorsale. 



Libres 
(rudimentaire) 



Absentes 

représentées 

par le péritoine 



Plèvre entou- 
rant le pou- 
mon droit 
seulement. 



Plèvre entou- 
rant le pou 
mon de toutes 
parts. 



Plèvres du 
côlé ventral. 



Développé. 



Repli 
périlonéal. 



Développé 
(carène 

ou bréchet). 



Nul. 



Présent. 



i.l. 



i.l. 



COTES 



Développées 
arcs rigides. 



Développées 
2 segments 
articulés. 



Arcs rigides 

très 
développés. 



Arcs assez 
développés 



id. 



Soudés 
à la carapace. 



A l'état 

d'ébauches 



PLÈVRE ET CAGE TIIORACIQUE 79 



CHAPITRE III 



Les types de respiration dans l'espèce humaine. 
Rôle de la plèvre. 



On vient de voir comment sont disposés, chez les Mam- 
mifères et l'Homme, la cage thoracique et les plèvres qui 
la tapissent intérieurement. Nous ne reviendrons pas sur 
ces considérations. Il ne sera plus question, ici, que du 
rôle de ces organes dans l'acte respiratoire. 

Chez l'Enfant, dont la charpente osseuse est incomplè- 
tement formée, les poumons ne sont sollicités que par le 
jeu du diaphragme. Par suite, la respiration, au début, 
est surtout abdominale. Ce mode doit donc être consi 
déré comme le type fondamental auquel les autres formes 
rie respiration se surajoutent ensuite. 

Chez l'homme adulte, la respiration s'accomplit, comme 
chez l'enfant, au moyen du diaphragme, auquel s'adjoi- 
gnent d'autres muscles dits inspirateurs. Ces derniers ten- 
dent, par leur action sur les côtes, à augmenter les dia- 
mètres transverse et antéro-postérieur du thorax. Parmi 
eux, les uns ont une action constante, les autres représen- 
tent des forces accessoires utilisées seulement dans les 
cas d'inspiration forcée ; certains, enfin, servent à peu 
près uniquement à maintenir la forme des parois. Non 
seulement le diaphragme augmente la hauteur du thorax, 



80 S. DURAND 

mais il agit encore sur ses diamètres transverse et antéro- 
pestérieur. 

« Ou peut comparer jusqu'à un certain point, dit 
Malliias Duval, sou action à celle d'un piston dans un 
corps de pompe. Mais il faut aussi tenir compte de ce 
que ce muscle a la forme d'une voûte et que, par consé- 
quent, on peut supposer qu'en se contractant il redresse 
sa courbure et qu'ainsi seulement il augmente le diamètre 
vertical de la cavité dont il forme la base, base qui serait 
convexe vers le haut, pendant le repos du muscle, et 
presque plane pendant sa contraction. Il est cependant à 
remarquer que la courbure du diaphragme est moulée 
exactement sur celle des viscères abdominaux et, par 
exemple, à droite, sur celle du foie ; donc, quand ce mus- 
cle se contracte, il ne peut que faiblement modifier cette 
convexité, cette courbure, qu'il déplace plutôt de haut en 
bas, en refoulant les viscères devant lui dans le même 
sens ; aussi, voyons-nous les parois abdominales se sou- 
lever d'une manière synchrone à chaque dilatation inspi- 
ratrice du thorax. Le diaphragme forme donc, en somme, 
un piston de forme convexe qui se meut dans un corps de 
pompe constitué par la cage thoracique ; mais en s'abais- 
sant il n'agit pas seulement sur le diamètre vertical du 
thorax : rappelons-nous que sa périphérie s'insère sur les 
côtes, que celles-ci sont mobiles et que, par suite, en même 
temps que le centre voûté du diaphragme se porte en bas, 
sa périphérie doit sensiblement monter; en d'autres ter- 
mes, ce muscle, comme un grand nombre d'autres 
(comme, par exemple, les lombricaux de la main), n'a 
pas de points d'insertion réellement fixes et ses fibres, en 
se contractant, prennent, en même temps, un point rela- 
tivement fixe sur les côtes pour abaisser le centre phré- 
nique et les viscères et, en même temps, un point relative- 
ment fixe sur les viscères (centre phrénique) pour élever 
[es («Mes el le sternum. Par cette action, le diaphragme 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 81 

porte donc les côtes en avant et en dehors et dilate en 
même temps, le thorax dans ses diamètres antéro-posté- 
rieur et transversal. » 



Sternum i « * 




_ Colonne vertébrale- 
-~ Côtes 
"'-Poumon 



Diaphragme 




Sternum 



ragme 



fj. 



[5. — Diagramme montrant la direction des pressions exercées par 
les viscères, sur la cage thoracique, chez les Vertébrés à station verti- 
cale et à station horizontale. 



Le changement de direction de l'axe du corps détermine une nouvelle orien- 
tation des organes et crée de nouveaux rapports entre eux. « Tandis que 
chez les Quadrupèdes les poumons s'appuient sur la région squelettique 
ventrale, chez les Mammifères à station droite, ces viscères se trouvent 
seulement suspendus, ainsi que des battants de cloche, au sommet de la 
poitrine. Comme conséquence, la paroi libérée du rôle de soutien qu'elle 
remplissait jusque-là, prend les dispositions d'une simple enveloppe main- 
tenue ouverte par les arcs costaux, et suspendue, librement, autour de 
l'appareil pulmonaire En cet état elle participe, d'une façon plus active, 
à l'acte respiratoire. » (L. Jammes). L'indépendance de plus en plus grande 
des poumons, vis-à-vis de la paroi thoracique, favorise le jeu des plèvres, 
contribue à les maintenir et à les développer. 



Cesl donc au diaphragme qu'il faut attribuer le plus 
grand rôle dans le phénomène de V inspiration. Toutefois, 
les muscles de la paroi thoracique participent dans une 
certaine mesure à l'acte respiratoire et il est permis de 



§Ofi. d'bIST. NATURBLLR DI TOULOUSE. 



a 



82 S. DURAND 

dire que le type respiratoire normal est un type mixte, 

tenant à la fois du iy^e respiratoire costal et du type 

abdominal. 

Il est certain qu'il doit en être ainsi chez les sujets à 
station debout, car tandis que chez les Mammifères à 
colonne vertébrale horizontale la masse des viscères 
excice sa poussée sur la partie ventrale des côtes, elle 
là dirige, au contraire, sur le bassin chez les animaux à 
marche bipède et pas suite la paroi thoracique ne subit 
plus que des tractions latérales d'une faible importance. 
Dans ces conditions elle peut être employée tout entière 
à la fonction respiratoire ; on la voit même s'accentuer 
lans certains cas et masquer plus ou moins le type pri- 
mitif abdominal. Ce cas se présente chez des animaux que 
j'ai eu l'occasion de citer (Lemur, Bradypus), dans l'espèce 
humaine il nous est fourni par la femme, chez laquelle 
il résulte soit du port du corset, soit de l'influence de la 
grossesse. Actuellement les physiologistes s'accordent à 
reconnaître que la respiration en général est la même 
chez l'Homme et chez la Femme. Le schéma ancien de 
Hulchinson en donnait déjà une idée. Des figures beau- 
coup plus parfaites obtenues par la photographie et pu- 
bliées dans l'Atlas de liasse confirment cette notion. 

Espace pleural. — Les poumons sont situés dans un es- 
pace clos à pression négative ou tout au moins inférieure 
à celle de la cavité abdominale. Ils communiquent libre- 
ment avec l'extérieur par l'intermédiaire de la trachée. 
Sous l'influence de la pression atmosphérique, le poumon 
s'applique contre la paroi thoracique. Il est obligé d'en 
suivre tous les mouvements. Il est donc entièrement passif. 
Quand la cage thoracique se dilate, il doit suivre cette 
dilatation : tel est le mécanisme de l'inspiration. Le rôle 
de la plèvre est dès lors pour ainsi dire nul et si celle-ci 
venait à disparaître — c'est le cas que nous avons signalé 
chez plusieurs Vertébrés — les mouvements pulmonaires 



PLEVRE ET CAGE THORACÎQUE 



83 




Fig. 



16. — Schéma, dressé par Hutchinson, pour exprimer les divers 
types respiratoires. 



Les figures reproduites ici, d'après Hutchinson, représentent la silhouette 
d'un homme et d'une femme. « Le profil de la face antérieure du 
tronc, dans la respiration ordinaire, est marquée par un large trait 
noir qui indique, par ses deux bords, les limites de l'inspiration et de 
l'expiration. On y a surajouté un profil en ligne pointillée qui répond 
à l'inspiration forcée pendant laquelle l'homme, lui-même, prend net- 
tement le type costo-supérieur; enfin, le contour même de la silhouette 
en noir répond à l'expiration forcée. » 



84 S. DURAND 

ne sauraient on souffrir. Nous avons dit que les mouve- 
ments inspiraloires résultent de la dilatation de la cage 
thoracique. 

Lorsque celle-ci augmente d'amplitude, l'air contenu 
dans les poumons se dilate, il a une force élastique moin- 
dre et ne l'ait plus équilibre à la pression atmosphérique. 
En raison de la libre communication du poumon avec 
l'extérieur, il se fait un appel d'air qui vient équilibrer 
cette pression. Dès lors, le résultat de la dilatation de la 
chambre respiratoire est le même, que les poumons adhè- 
rent aux parois de cette cavité, comme chez la Tortue, les 
Oiseaux et l'Eléphant, ou qu'ils soient libres, comme chez 
les Sauriens, les OpTiidiens et la plupart des Mammi- 
fères. 

En effet, du moment qu'il n'existe, entre la cavité pleu- 
rale et le dehors, aucune communication, il surviendrait, 
quand la paroi thoracique se dilate, un vide entre sa face 
interne et la surface du poumon. Les parois des alvéoles 
pulmonaires auraient alors à soutenir tout le poids de la 
colonne atmosphérique qui pèse sur elle ; mais comme 
ces parois sont très élastiques, elles cèdent à cette pres- 
sion à mesure qu'elle s'exerce. La face externe du pou- 
mon reste donc appliquée contre la face interne du thorax 
et toute dilatation de celui-ci entraîne nécessairement 
l'agrandissement des alvéoles pulmonaires. 

Pour (jue la respiration se fasse, il faut que la cavité 
qui loge les poumons se dilate et que, de plus, elle soit 
entièrement close. La cavité pleurale peut donc dispa- 
ra il re et rien ne montre que les adhérences qui s'y déve- 
loppent sous des causes diverses puissent être un obs- 
tacle au mécanisme de la respiration. On a, du reste, 
maintes fois constaté, à l'autopsie, de vastes adhérences 
pleurales, suites probables d'anciennes pleurésies guéries, 
-'I qui, pendant la vie, n'avaient donné lieu à aucun trouble 
respiratoire appréciable. Ce sont, comme on le dit, des 






PLÈVRE ET GAGE THORACIQUE 85 

trouvailles d'autopsie. Ce fait est particulièrement fré- 
quent dans la région du sommet. Il est dû, sans doute, à 
d'anciennes poussées tuberculeuses guéries. 



CONCLUSIONS 

Dès que l'appareil respiratoire se constitue, nous assis- 
tons à la formation de dispositifs qui varient avec les con- 
ditions mécaniques imposées. On a vu que les Batraciens 
font peu usage de leurs poumons et de leur cage thora- 
cique ; ils respirent surtout au moyen de leur peau. Il en 
résulte que n'ayant nul besoin d'introduire une masse d'air 
considérable dans leurs poumons, ils se bornent à déglutir 
l'air. 

Au point de vue qui nous occupe, les Reptiles peuvent 
se diviser en deux groupes : les uns, Ophidiens, Sauriens 
et Crocodiliens, meuvent leurs côtes ; les autres, Chélo- 
niens, les ont immobiles. Les premiers respirent en dila- 
tant toute leur cavité abdominale ; les autres, en raison 
de la rigidité de leur cage thoracique, se sont adjoint un 
muscle spécial dont le fonctionnement est analogue à celui 
du diaphragme : le muscle inspirateur de Weier Mitchell. 

Les Oiseaux emploient, pour s'élever dans les airs, un 
appareil puissant ; ils ont développé leur sternum qui 
donne ainsi plus de surface aux insertions des pectoraux. 
Leur cage thoracique est presque immobile pendant le 
vol. Le poumon s'est soudé à la paroi dorsale de la cage 
thoracique ; sa ventilation est surtout assurée par le jeu 
des sacs aériens. 



86 S. DURAND 

Chez les Mammifères on a vu, de même, l'appareil rcs 
piratoire s'adapter aux exigences de la vie. Les Quadru- 
pèdes oui une cage thoracique employée, en partie, à sou- 
tenir les viscères, par suite, peu mobile. La respiration se 
fait surtout par le jeu du diaphragme. L'Eléphant offre 
une respiration diaphragmaiique exclusive, en même 
temps que disparaît la plèvre, dont le rôle est supprimé 
clic/ l'adulte. 

Les Mammifères à station bipède, en particulier 
l'Homme, possèdent une cage thoracique libérée de tout 
rôle de soutien et devenue, par suite, d'une grande mobi- 
lité. Mue par des muscles puissants, elle contribue, grâce 
à ses changements de forme, à étendre le jeu des organes 
respiratoires. La plèvre a favorisé le glissement des pou- 
mons à la manière d'une bourse séreuse. On peut même 
comparer jusqu'à un certain point le jeu des poumons 
sur la surface thoracique à une véritable articulation dont 
la plèvre jouerait le rôle de synoviale. L'idée ne serait, 
du reste, pas nouvelle : depuis longtemps déjà, Bichat 
avait cru pouvoir considérer les synoviales comme des 
séreuses tapissant les cavités articulaires. La longue dis- 
cussion qui s'est élevée à cet égard a permis, pour un 
temps, de croire qu'il n'en était pas ainsi. Les origines les 
plus diverses ont été attribuées aux cellules épithélioïdes 
des cavités articulaires. Tourneux et Herrmann, par 
exemple, ont donné d'abord, aux cellules de revêtement 
des synoviales, la signification d'éléments cartilagineux ; 
Tourneux les décrit, actuellement, comme des cellules 
conjonctives aplaties. Henaut les considère comme des 
cellules conjonctives ayant subi l'évolution muqueuse ; 
enfin Subbotin, allant encore plus loin, définit la syno- 
viale une véritable glande close destinée à la production 
de In synovie, ce qui est d'ailleurs abusif. 

Il est certain que, lorsqu'elles sont achevées, les cavités 
mésenchyinateuses (bourses séreuses, etc.) ressemblent 



PLÈVRE ET CAGE THORACÏQUE 87 

beaucoup à celles qui dérivent de l'épithélio-mésoderme. 
« Elles consistent, de même, en poches fermées, remplies 
de liquide, limitées par une lame conjonctive que tapisse 
un endothélium et moulées sur les organes voisins, aux- 
quels elles fournissent des gaines plus ou moins com- 
plètes. Mais cette similitude, qui a conduit les auteurs 
à grouper tous ces appareils sous le nom commun de 
séreuses, ne s'adresse qu'à l'allure finale ; les provenan- 
ces sont différentes » (Roule, Anat. comp). 

Au point de vue anatomique, il existe aussi une diffé- 
rence entre les séreuses et les synoviales. Les premières 
sont des sacs fermés revêtus d'un endothélium typique ; 
elles ne représentent, en somme, que la continuation du 
cœlome. Les synoviales ne sont pas des sacs fermés, elles 
offrent plutôt l'aspect de manchons, elles ne possèdent 
pas d'endothélium type, enfin elles ont une origine mé- 
senchymateuse. « Désigner ces deux formations par un 
même nom, les assimiler les unes aux autres, est, par 
suite, contraire à la réalité des choses. Il est permis de 
conserver, à cause de sa commodité, le terme de séreuses, 
mais en lui ajoutant, suivant les cas, des correctifs. Les 
cavités de l'épithélio-mésoderme sont des séreuses pri- 
maires ou des séreuses vraies ; elles se montrent les pre- 
mières dans l'organisme de l'embryon, dérivent du cœlome, 
possèdent d'emblée leur composition essentielle et occu- 
pent la plus vaste place. Celles du mésenchyme sont les 
séreuses secondaires ; elles se façonnent à une époque 
tardive, se creusent à même dans le tissu conjonctif, ne 
parviennent que peu à peu à acquérir leur structure com- 
plète et tiennent le plus petit volume». (Roule, loc. cit.). 
On peut, malgré tout, soutenir l'analogie au point de 
vue fonctionnel. 

Dans les grandes séreuses, les éléments épithéliaux se 
transforment en cellules endothéliales dont la forme apla- 
tie favorise le glissement. Dans les cavités articulaires, au 



88 S. DURAND 

contraire, où le travail mécanique des surfaces de glisse- 
ment esl autrement considérable que dans les loges séreu- 
ses, les cellules de revêtement produisent la synovie. On 
voit, en effet, dans les cas pathologiques, les plèvres sé- 
créter comme les synoviales ou inversement les synoviales 
cesser leurs sécrétions. Dans ces deux cas encore, il peul 
s< produire des ankyloses entraînant des adhérences des 
surfaces articulaires au contact. Habituellement les pou- 
mons et la paroi thoracique, par exemple, se comportent 
comme deux surfaces articulaires entre lesquelles seraient 
placées des lames de glissement : les plèvres. Or nous 
axons pu constater sur différents animaux : la Tortue 
caouane et l'Eléphant, que lorsque, pour des causes diver- 
ses, la cage thoracique s'immobilise, les plèvres s'épaissis- 
sent et se soudent comme les synoviales dans une articula- 
tion immobilisée. 

Ces observations qui ont, en somme, la valeur d'expé- 
riences, viennent à l'appui de la conception de Bichat, 
affirmant l'analogie des séreuses et des synoviales. 

La différence porterait donc uniquement sur leur ori- 
gine primaire ou secondaire et sur le degré de transfor- 
mai ion subi par les éléments, lié lui-même à l'inégalité 
de travail mécanique exécuté de part et d'autre. 

En résumé : 

1° Dans tout appareil pulmonaire, les dispositifs qui 
servent à mouvoir les poumons résultent d'adaptations de 
parties avoisinantes ; 

2° Dans la série des Vertébrés aériens le type respira- 
toire dominant est le type abdominal ; 

3° Les cavités pleurales correspondent à la persistance 
(Tune portion de la cavité générale du corps, spécialisée 
secondairement ; 

i" V indépendance ou Vadhérence des feuillets des. sé- 
reuses qui les tapissent relèvent, chez les sujets sains, 
de conditions particulières d'ordre essentiellement méca- 
nique ; 



PLÈVRE ET CAGE THORACIQUE 89 

5° Ces états sont solidaires de la [ixitè variable des 
parois, celles-ci étant en rapport avec les adaptations im- 
posées aux animaux ; 

6° L'état d'une paroi peu ou point mobile entraîne 
l'adhérence (Tortue, Oiseau, Eléphant) ; 

7° Réciproquement une paroi d'ordinaire immobile 
peut, en devenant très mobile, déterminer l'indépendance 
des séreuses (paroi abdominale du Dauphin) ; 

S Toutes ces causes déterminent des convergences de 
formes aboutissant à une respiration abdominale ; 

9° La persistance des cavités pleurales est la consé- 
quence d'une adaptation à une cage thoracique mobile ; 
leur oblitération parait n'avoir qu'une action secondaire 
sur la respiration. 



90 S, DURAND 



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SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à Vancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

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SOMMAIRE 



Dr Siméon Durand. — Rapports de la Plèvre avec la Gage 
lh< trafique chez les vertébrés aériens 33 







SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME QUARANTE -'FROiS. — 1909 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 3. 



TOULOUSE 

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1909 

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Art. l« r . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
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correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'élection des membres du Bureau, du Conseil d'administration et 
du Comité de publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
membres pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immédiatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le t5novembre,etont lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement. 

An. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujour» la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. i8. Les membres de la Société sont tous invités à lui adress*r loi 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 5î. Eu cm de dissolution, ies diverses propriétés de la «'l3&*, *evw« 
«Iront de droit à » ville de Tu*ïo%u. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 07 



CONTRIBUTION A L'ETUDE 

STRATIGRAPHIQUE et PALÉONTOLOGIQUE 

DE LA RÉGION 

De Monségur en Entre-deux-Mers (Gironde) 

Par le Docteur E. LEVRAT 



1. Généralités sur la Géologie de l'Entre-deux-Mers. 

Sous le nom d'Entre-deux-Mers, on a coutume de dési- 
gner l'étendue de pays comprise entre la Garonne et la 
Dorclogne, du bec d'Ambez jusqu'à la latitude de Mar- 
mande. Cette région, qui présente une entité géographique 
parfaitement définie, est de même, au point de vue géo- 
logique et paléontologique, absolument distincte des ter- 
ritoires avoisinants. 

Mais si les alentours de Bordeaux étaient assez bien 
connus et depuis longtemps, il n'en était pas de même de 
la portion orientale de ce vaste triangle. Les inconvénients 
d'explorer un pays où, jusqu'en ces dernières années, les 
communications furent très difficiles, expliquent en parti- 
culier notre retard dans la connaissance des couches aqui- 
taniennes et l'ignorance presque absolue dans laquelle on 
se trouve au sujet de la géologie et de la faune des hori- 
zons limites de Monségur. 

Le Calcaire à Astéries forme la table du plateau qui 
constitue l'Entre-deux-Mers. C'est ici le niveau de beau- 
coup le plus important. Il va s'épaississant à mesure que 
Ton avance vers la région occidentale. Dans la vallée de 

SOC. D'HIST. NATURELLE OK TOULOUSE (T. XXXIX) 1 



98 E. LEVRAT 

rEngranrie, à Frontenac, à Lugasson et, plus au Nord- 
Ouest, a Espict, il atteint de 35 à 40 mètres d'épaisseur, 
donnant lieu a d'importantes exploitations souterraines et 
à ciel ouvert de pierres de taille et de moellons. Mais ce 
calcaire n'est pas identique à lui-même dans tout le terri- 
toire où nous l'observons ; vers le Sud-Est, entre Sauve- 
terrc-de-Guyeimc et le Drot, il va s'amincissant. De place 
en place surgissent des bancs gréseux et sableux, on le 
voit ainsi passer, surtout dans sa partie supérieure, à une 
mollasse tendre renfermant, par places, des fossiles ma- 
rins. 

M. Blayac a parfaitement montré les conditions de ce 
passage dans une coupe relevée entre Caslclvieil et la 
vallée du Drot, dans la direction Nord-Ouest-Sud-Est. Ce 
faciès mollassique du Calcaire à Astéries fut étudié, pour 
la première fois, par Tournouër. Et c'est à ce savant que 
revient l'honneur d'avoir démontré l'équivalence du Cal- 
caire à Astéries et de la mollasse de VAgenais. Ce faciès 
lacustre et continental est précédé, dans notre région, 
d'une mollasse marine. De Bonal et Delfortrie ont signalé 
cependant quelques vertébrés dans les couches des envi- 
rons de Monségur et de La Réole. Mais, à notre avis, la 
présence de ces restes de la faune continentale pourraient 
n'être que le résultat d'un charroi fluvial. La faune d'eb- 
tuairc, abondante en ces lieux, permettrait cette hypo- 
thèse. 

L'âge du Calcaire à Astéries a donné lieu à de longues 
discussions. 11 semble néanmoins admis, à l'heure ac- 
tuelle, qu'il doit être considéré comme d'âge stampien, 
c'est-à-dire comme l'équivalent des sables de Fontaine- 
bleau. Cette assimilation, justifiée par le tableau des espè- 
communes aux deux formations et par la succession 
des étages du bassin aquitanien, n'est pas admise par 
M. Douvillé. Ce savant classerait dans le Sannoisien le 
( ;il(.:;iire à Astéries sous prétexte que l'on y rencontre cer- 



ETUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÊGUR 99 

taines espèces de nummulites telles que N. intcrmedius et 
N. vascus, fréquentes dans les couches éocènes de Biar- 
ritz. Un autre argument en faveur de sa théorie serait 
que les Faluns de Gaas, sannoisiens selon lui, seraient le 
prolongement du Calcaire à Astéries de l'Entre-deux- 
Mers. 

Or, partout, au-dessous du Calcaire à Astéries, on 
trouve le calcaire de Castillon et la mollasse du Fronsa- 
dais, qui sont considérés comme sannoisiens. Immédiate- 
ment au-dessus, ainsi qu'ont pu l'observer MM. Fallot et 
Labrie, nous trouvons le calcaire blanc de l'Agenais à 
Hélix Ramondi et Planorbis cornu et les marnes à Ostrea 
Aginensis, toutes couches nettement aquitaniennes. Si 
donc le Calcaire à Astéries est d'âge sannoisien, l'aquita- 
nien étant actuellement classé à la base du miocène, et le 
sannoisien étant rattaché au Bartonien supérieur, il en ré- 
sulte que, durant la longue période de formation des sa- 
bles de Fontainebleau, une lacune considérable caracté- 
riserait notre région, lacune d'autant plus inexplicable 
qu'aucune formation, soit lacustre, soit continentale, ne 
viendrait la combler. Cette opinion semble d'ailleurs par- 
tagée par de Lapparent lorsqu'il dit : « Le couple Nummu- 
lites intcrmedius Fichteli, caractérise l 'oligocène infé- 
rieur » ou sannoisien, et que « le second étage ou Stampien 
marque, dans le Nord, un progrès de la Mer, qui la fait 
avancer vers le Sud plus loin que iamais, tandis qu'à ce 
moment toute V Aquitaine paraît émergée ». 

M. Blayac, à son étude sur cette question, ajoute que 
la faune de vertébrés de Hautes-Vignes (Lot-et-Garonne), 
signalée par Tournouër « est une nouvelle preuve en fa- 
veur de Vâge stampien de la mollasse de l'Agenais et par 
conséquent de son équivalent latéral, le Calcaire à Asté- 
ries ». Nous nous rangeons, pour notre part, à cette opi- 
nion, considérant comme formations stampiennes les cou- 
ches à Scutella striatula et Amphiope Agassizi des envi- 
rons de Monségur. 



100 E. LEVRAT 

La région de l'Entre-deux-Mers offre à l'étude du géo- 
logue une succession de niveaux d'importance très di- 
verse, soit qu'on les considère dans la série elle-même, 
soit encore suivant les points observés. 

C'est ainsi qu'en remontant depuis les couches les plus 
anciennes, nous rencontrons : 

1. Le Calcaire lacustre d'Issigeac; 

2. La Mollasse du Fronsadais ; 

3. Le Calcaire lacustre de Castillon ; 

4. La Couche à Ostrea longirostris ; 

5. Le Calcaire à Astéries ; 

6. Le Calcaire blanc de l'Agcnais ; 

7. La Couche à Ostrea Aginensis ; 

8. La Mollasse marine de Castelvieil. 

Sans préjudice des sables et limons des plateaux, d'âge 
indéterminé, mais qui ont dû s'établir au détriment des 
autres couches, durant les époques miocène, pliocène et 
pleistocène. Il en est de même des alluvions quaternaires 
anciennes et récentes déposées dans le fond des vallées. 

Reprenons maintenant chacune de ces couches et 
voyons quel est leur sort dans la région de Monségur. 

Calcaire lacustre d'Issigeac. — Ce calcaire, placé par 
M. Vasseur dans l'éocène supérieur, est très rare dans 
nos environs. Il est signalé par M. Blayac comme formant 
le lit du ruisseau qui descend du lieu dit la Roquille vers 
la Dordogne (au nord-est de Duras en Lot-etGaronnc). 
Nous-même l'avons observé à la base du coteau sur lequel 
s'élève la ville de Monségur, dans une tranchée creusée 
au niveau du pont sur le Drot (à la côte 24, le sommet 
du plateau étant à la côte 67). Il doit exister sûrement 
en d'autres points, mais il n'apparaît pas, soit que l'éro- 
sion ne l'ait pas mis à jour, soit qu'il ait changé de faciès. 
Ce niveau est d'ailleurs sans fossile à notre horizon. 

Mollasse du Fronsadais. — Ce dépôt, très important 
dans la région des petites rivières affluentes de la Dor- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 101 

dogne, où il atteint une épaisseur maximum d'environ 
40 mètres, est beaucoup moins développé vers le Sud. Il 
atteint cependant une hauteur assez considérable à la 
pointe de l'éperon qui termine le plateau de Monségur, 
vers l'Occident. Partout ailleurs cette mollasse apparaît 
à peine par son toit et sous une faible épaisseur, dans le 
fond des vallées où serpentent les petits affluents du Drot. 

Ce niveau revêt un faciès assez uniforme dans toute 
l'étendue de l'Entre-deux-Mers. C'est une arkose meuble, 
assez compacte parfois dans notre région. De couleur 
gris clair passant en quelques points au bleu, ses énormes 
falaises de la région de Lugasson couronnées de forêts 
épaisses, donnent au paysage un aspect extrêmement pit- 
toresque, contrastant d'ailleurs avec les tons rouges des 
terres, produits de la décomposition du Calcaire à Asté- 
ries. La mollasse du Fronsadais renferme en abondance 
des grains de quartz, des paillettes de mica. Sa pauvreté 
paléontologique est remarquable et l'on ne peut citer, dans 
notre pays, un gisement renfermant le moindre débris 
animal. Seul M. Vasseur a pu observer, dans le Libour- 
nais, une zone renfermant des restes de Trionyx, de Pa- 
lœotherium girondicum et de Paloplotherium annectens. 

La mollasse du Fronsadais repose généralement sur un 
système d'argile qui .n'est peut-être que la partie supé- 
rieure du calcaire d'Issigeac transformée. Cette hypo- 
thèse nous paraît d'autant plus plausible que ces argiles 
infra-mollassiques, bien représentées dans le tertre type 
de Fronsac, contiennent en général quelques petits bancs 
lacustres à leur intérieur. Elles sont nettement représen- 
tées à Monségur, à la partie occidentale du plateau et 
plus au Sud-Ouest, dans la commune de Saint-Sulpice-de- 
Guilleragues, au lieu dit l'Escale, où on les exploite pour 
la poterie. C'est au niveau de ces argiles que l'on voit 
sourdre les sources abondantes dans tout le pays. 

Calcaire d'eau douce de Casiillon et de Civrac. — Ce 



102 E. LEVRAT 

calcaire lacustre, blanchâtre, crayeux, renfermant de 
nombreuses couches siliceuses, est particulièrement déve- 
loppé vers la Dordogne. De 18 à 20 mètres, son maximum 
d'épaisseur, il passe, dans notre zone, à quelques mètres 
à peine. Il se transforme très facilement en argile, sur- 
tout dans sa portion supérieure, et l'on peut constater, à 
Mônségur môme, cette métamorphose. Ce "calcaire, très 
faiblement représenté en ce coin d'Entre-deux-Mers, est 
très pauvre en fossiles. On y signale Nystia DuchastcH 
Nyst. Limnœa longiscaia Brongn et Larteti Noul. ainsi 
que des Planorbes et des Cyclostomes. La présence de 
Nystia Duchasteli et la situation au-dessous de la couche 
à Ostrea longiroslris ont fait considérer cet horizon comme 
l'équivalent du calcaire de Brie. 

Couche à Ostrea longiroslris. — Marno-calcairc, par- 
fois sableuse, cette couche précède généralement le cal- 
caire à Astéries. Ainsi que le note M. Blayac, c'est un 
banc fort infidèle et que l'on ne rencontre pas toujours. 
Il est cependant particulièrement développé dans la val- 
lée du Drot, toujours au contact du calcaire à Astéries et 
du calcaire de Castillon. Nous la trouvons exclusivement 
en trois points dans notre région, «ur le plateau du champ 
Fresin, au sud de la butte de Monségur et aux Vinson- 
ncaux (Taillecavat), sous son faciès marno-calcairc. Un 
gisement purement sableux existe à Saint-Sulpice-de- 
Guilleragues, au lieu dit les Fenêtres. La couche repose 
constamment, en ces trois endroits, sur un mince banc 
dargile blanc verdàtre provenant de la transformation 
du calcaire de Castillon. 

M. Blayac propose de paralléliser cet horizon avec le 
niveau des marnes à huîtres du bassin de Paris, dans 
lesquelles on trouve Ostrea longiroslris Lmk et 0. cya- 
lluihi Lk. Dette dernière espèce est d'ailleurs citée par les 
auteurs comme accompagnant O. longiroslris dans le bas- 
sin d'Aquitaine. En ce qui concerne l'horizon de Monsé- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 103 

gur, nous ne pouvons admettre entièrement celte opinion. 
Toujours 0. longirosiris s'est rencontrée seule dans les 
couches où il nous a été donné de l'étudier. En aucun 
cas elle n'était accompagnée du moindre fossile. Quant à 
0. cyathula et ses variétés, elle occupe constamment un 
niveau supérieur et devient surtout abondante dans les 
zones constituant le toit du calcaire à Astéries. 

Calcaire à Astéries. — Nous avons déjà donné une es- 
quisse de ce qu'est ce substratum fondamental de l'Entre- 
deux-Mers et nous allons y revenir plus longuement'. Ré- 
pétons seulement qu'il est surtout ici à l'état de mollasse 
meuble et passe même, en certains points, à l'état de 
sable très fin. On peut cependant signaler, aux environs 
de Monségur, quelques carrières où il se présente sous 
Paspect de calcaire plus ou moins fin. C'est ainsi que les 
carrières de Rimon, vers le Nord-Ouest, celles abandon- 
nées de Coutures et de la Fontaine, vers le Sud-Sud-Ouest, 
sont de calcaire à grès très fin, ne renfermant presque au- 
cun fossile. Celles de Rimons se caractérisent par l'abon- 
dance des massifs de polypiers. 

La carrière du Champ-Fresin renferme à peu près ex- 
clusivement une pierre très grossière constituée de débris 
d'Echinides, de fragments d'huîtres, de moules, de Pota- 
midcs et de bivalves, d'osselets d'Astéries, le tout uni 
par un ciment peu compact. 

L'Aquitanien. — Les couches aquitaniennes qui consti- 
tuent le couronnement des assises géologiques de l'Entre- 
deux-Mers, sont si pauvrement représentées dans la ré- 
gion que nous étudions, que l'on pourrait presque les y 
considérer comme inexistantes. Les limites de la mer aqui- 
tanienne, telles qu'elles sont indiquées par M. Labrie, 
passent non loin de nous et la côte en était proche dans la 
portion qui s'étend du Mirail (La Réole) au moulin de 
Launay (Soussac). Il semble cependant que l'Aquitanien 
inférieur, le calcaire blanc de l'Agenais, ait autrefois re- 



104 E. LEVRAT 

couvert le pays. En effet, le silex blond qui, dans la butte 
de Launay, remplace en partie le calcaire blanc lacustre, 
se retrouve en plaques, désagrégé sur tous les sommets 
de la région. Ce silex, résultat de la transformation du 
calcaire aquitanien inférieur, a été signalé par M. Labrie 
dans la portion de pays qui nous occupe au Puy et à la 
Fauquctte, près Saint-Vivien. Nous-mêmc l'avons observé 
en abondance au sommet de la butte de la Pibole, au nord 
du Puy. 

Ce sont là les seules traces de l'Aquitanién dans nos 
régions. 

Le Quaternaire. — Durant la période quaternaire, les 
eaux ont recouvert la plus grande partie de la Gironde, 
c'est-à-dire les Landes, le Médoc et toutes les plaines 
basses. Seules émergeaient les régions élevées confinant 
à la Charente-Inférieure, à la Dordogne et au Lot-et-Ga- 
ronne et tout particulièrement l'Entre-deux-Mers. Ce qua- 
ternaire continental, à peu près inconnu pour la vallée 
du Drot, a livré en d'autres lieux, aux archéologues et 
spécialement à M. Labrie, d'inexprimables richesses. Du 
Chelléen au Magdalénien, toute l'industrie paléolithique 
s'y rencontre avec une faune variée. Aux environs de Mon- 
ségur, on n'a trouvé jusqu'ici que des débris d'Elephas 
pi imigenius. Les alluvions du Drot sont encore à étudier. 

2. Etude stratigraphique de la mollasse marine de Monségur. 

Ainsi que nous avons déjà pu le constater, dans la ré- 
gion orientale de l'Entre-deux-Mers, le calcaire passe pro- 
gressivement à l'état de sables et d'argiles, avec quelques 
bancs de calcaire gréseux. Celte mollasse marine intermé- 
diaire entre le calcaire à Astéries et. la mollasse lacustre et 
continentale de l'Agenais est particulièrement développé»' 
dans la direction Sud-Sud-Est au-dessous de Monségur. 
Nous avons eu l'occasion d'étudier cette mollasse en diver- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 105 

ses localités et de cette étude sont résultées quelques cons 
tatations intéressant la stratigraphie de cet horizon spécial 
à notre canton. 

La première de ces coupes de terrain suit, au Sud, 
toute la longueur du plateau sur lequel s'élève la ville. 
Elle court autour du vieux chemin de ronde de l'ancienne 
bastide et les vestiges des murailles fortifiées s'élèvent 
encore au-dessus des premières défenses naturelles cons- 
tituées par le terrain. 

Dans le ravin où coule le ruisseau de la Fontaine, au 
niveau des glacis, nous pouvons observer le calcaire de 
Castillon, dont la partie supérieure est passée à l'état 
argileux. Immédiatement au-dessus, commencent les cou- 
ches de la mollasse à Astéries et cela sans l'intermédiaire 
de la zone à 0. longirostris. Dès le premier examen de 
ces couches, au-dessous du mur de la maison Glachant, à 
l'Est, nous pouvons constater qu'elles ne forment pas une 
masse homogène mais qu'on peut les diviser en trois éta- 
ges distincts, tant par l'aspect que par la diversité de la 
faune. 

C'est, en premier lieu, sus-jacente au calcaire de Cas- 
tillon, une bande de 2 mètres environ d'épaisseur, consti- 
tuée par du sable compact que traversent de minces bancs 
calcaires. De nombreux feuillets d'argile de 2 à 3 centi- 
mètres d'épaisseur la parcourent de leurs strates hori- 
zontales. 

Cette première couche renferme un certain nombre d'es- 
pèces parmi lesquelles deux prédominent, ce sont : Pecten 
Billaudelli (Des M.) et Echynocyamus piriformis (Ag.). 
Cette zone se subdivise d'ailleurs ici en deux bandes, dont 
une inférieure renfermant, à côté de Pecten Billaudelli et 
d'Echinocyamus pirtformis, quelques rares exemplaires 
d'Ostrea cyathula (Lk.) et d'O. rudicola (R. et D.). On 
y rencontre, en outre, de multiples débris de Scutellides, 
des Scutella striatula (M. de S.) et Amphiope Agassizi 



100 E. LEVRAT 

(Des M.). De nombreux restes (Vllalilheruim Cuvieri 
(Kaup.) les accompagnent. Le gisement Glachant nous a 
livré dos débris de côtes et une superbe molaire en par- 
lai! état de conservation. 

La bande supérieure, plus meuble que la précédente, 
épaisse de 1 mètre à 1 m. 50, est très pauvre en fossiles. 
On y rencontre à peu près exclusivement Pecten Billau- 
delli et Echinocyamus pirtformis avec de rares débris de 
Scutellides. 

Mais si la variété de la faune n'est pas grande, la mul- 
tiplicité des échantillons est considérable, du côté surtout 
de Téchinidc, qui est au moins deux fois plus fréquent que 
le mollusque. On peut facilement, sur une longueur de 
quelques mètres, recueillir en quelques instants une véri- 
table profusion d'exemplaires de ces deux petites espèces. 
En dehors de ces fossiles caractéristiques, il est habituel 
de retrouver, à ce niveau, de multiples débris d'un petit 
crabe indéterminé mais qui paraît néanmoins spécial à 
l'Entre-deux-Mers. On récolte, en outre, à ce niveau, Ano- 
mia girundica et quelques Nummuliles. 

Cachée par les constructions de la ville, cette couche ne 
réapparaît dans sa totalité qu'à l'Ouest, au-dessous de 
l'ancien château. Elle recouvre toujours le calcaire de 
Castillon qui, en partie argileux, se termine, à l'extrême 
pointe du plateau, par un banc épais de calcaire compact. 
Là encore elle nous a livré la môme faune qu'au Levant. 
Parmi des fragments de roches et des rubans d'argile, sa 
base est très abondante en restes d'Halitherium (vertèbres, 
débris |le maxillaire, nombreuses côtes). Scutella striatula 
cl Ampklope Agassizi s'y rencontrent en débris. 

Dans celte môme bande inférieure, mais au nord du 
plateau, nous avons recueilli deux échantillons â'Eehina- 
rachnius (porpitella) porpita (Des M.), ainsi que M<> 
diola (lithodomus) coriata (Lie), Ampullina crassalina 
(Dcsh.), etc. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 107 

La mollasse de Monségur se termine par une couche de 
m. 75 à 1 mètre de sable fin compact. On n'y rencontre 
presque aucune espèce fossile en dehors de Scutella stria- 
tula, qui y abonde, et de très rares spécimens d'Amphiope 
Agassizi, Pecten Billaudelli et Echlnocyamus pirilormis 
ne nous paraissent pas exister à ce niveau, ils y sont, en 
tout cas, excessivement rares. 

Nous avons, à dessein, omis de signaler Crenaster 
lœvis (Des M.) parmi les espèces rencontrées dans la suc- 
cession des étages. Les osselets de cette astérie, qui a 
donné son nom aux couches constituantes de l'Entre-deux- 
Mers, sont, en effet, extrêmement abondants à ce niveau. 
On les recueille dans toute la hauteur de la coupe, avec 
prédominance cependant dans la portion moyenne et supé- 
rieure de l'horizon à Echlnocyamus pirilormis. 

Nous retrouverons cette structure constitutive de la mol- 
lasse de Monségur en tous les points où il nous sera 
donné de pouvoir observer ce terrain, soit en son entier, 
soit en ses diverses constituantes. Cette morphologie nous 
apparaît donc comme caractéristique de cette formation. 

La seconde coupe où nous pouvons facilement étudier 
cette disposition de la mollasse, est celle du plateau situé 
au sud de Monségur, en deçà du ravin de la Fontaine, et 
nommé le Champ-Fresin. 

Au-dessus d'un banc argileux représentant le calcaire 
de Castillon, nous trouvons la couche à Ostrea longiros- 
tris. C'est une puissante assise marneuse parcourue par 
de nombreuses et minces plaques d'un calcaire bleuâtre 
très dur. On y recueille en très grande abondance 0. lon- 
girostris et cela en dehors de tout autre spécimen de la 
faune locale. 

Immédiatement au-dessus viennent les couches à Asté- 
ries. Elles sont représentées, à la pointe occidentale du 
plateau, en regard du château de Monségur, par une mol- 
lasse gréseuse, une sorte de calcaire excessivement friable 



108 E. LEVRAT 

et grossier constitue par un mélange de débris plus ou 
moins roulés, d'osselets d'astéries, de grains de sable unis 
par un ciment très lâche. Les restes d'Halitherium Cuvieri 
y abondent et nous avons eu la bonne fortune d'y rencon- 
trer une carapace presque entière de Trionyx aquitanicus 
(Delf.). 

Nous avons déjà signalé l'aspect particulier présenté par 
cette extrême pointe du plateau, où il est bien évident 
que toute étude stratigraphique est impossible. 

Mais la succession régulière des couches reparaît vers 
l'est du Champ-Frcsin. La bande inférieure de l'horizon 
à Pecten BUlaudcllrel Ecliinocyamus piri[ormis, dans la- 
quelle nous avions signalé la présence de bancs calcaires, 
est ici représentée par une roche compacte exploitée par 
les carriers et dans laquelle nous signalerons la présence 
d'A mpullina crassatina (Desh.), d'un grand Pecten, de 
Turbo parldnsoni (Bast.) et de Trochus monili[cr (d'Orb.). 
A ce niveau, d'ailleurs éloigné d'à peine 100 mètres de la 
peinte du plateau, la couche à 0. longirostris a déjà dis- 
paru ; elle se termine, à quelques 20 mètres de là, dans 
les vignes, et les couches que nous étudions maintenant 
reposent sur une puissante assise de calcaire de Castillon, 
très blanc, très compact et sans fossile. 

De toute la région, ce sont les deux plateaux de Mon- 
ségur et du Champ-Fresin qui livrent le plus d'échan- 
tillons d'espèces diverses et il semble bien que ce soit cette 
zone tout à fait inférieure et plus compacte de la mollasse 
qui les renferme en majorité. 

Au-dessus nous trouvons, ici encore, les sables consti- 
tuant La portion supérieure du niveau à Echinocyamus. 
Toujours accompagné de P. Billaiidelli, ce petit échinide 
est très abondant dans ce gisement et cela à l'exclusion 
de toute autre espèce. Le banc sableux précité est sur- 
monté d'une dernière bande où se retrouve Sculclhi stria 
lula à l'état de pureté. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÊGUR 109 

Les échantillons d'Amphwpe font totalement défaut. 

Les deux points que nous venons de signaler sont les 
seuls connus de nous dans la région où l'on puisse étudier 
a peu près intégralement la succession des couches de la 
mollasse marine de Monségur. Les derniers gisements que 
nous voulons citer ne renferment qu'une partie de la stra- 
tigraphie régionale. 

C'est d'abord le gisement de Viduc-Andraud. 

Viduc est un lieu dit situé à peu de distance de Mon- 
ségur (2 kilomètres), dans la direction Sud-Est sur le che- 
min de Saint-Géraud. Ce gisement est intéressant à suivre 
des hauteurs de Canille (Monségur) jusqu'à Viduc, en 
passant par le bourg d'Andraud. Les couches s'infléchis- 
sent pour se relever aussitôt, partant de la côte 90 à 
Canille, passant à 79 à la Duronne (Andraud), pour se 
terminer à 97 (Viduc). Il faut nous arrêter un instant à ce 
point de la Duronne, en ce lieu et sur toute la longueur 
du chemin longeant le côté sud du château de Beysserat,- 
immédiatement au nord d'Andraud, se trouve un gisement 
très important, parce qu'unique aux environs, d'Ostrea 
cyathula et 0. rudicula. 

Ces deux espèces forment ici un banc compact de 1 à 
2 mètres d'épaisseur, constitué exclusivement de coquilles 
entassées, le ciment d'union étant à peine existant. Un 
grand nombre de pièces ont encore leurs deux valves et 
sont encore dans la position normale du mollusque vi- 
vant. Sur une longueur de quelques mètres, ce sont des 
milliers de fossiles, si pressés, si serrés, qu'il faut atta- 
quer le banc à la pioche si l'on veut retirer quelques jolis 
échantillons. Tous les indigènes connaissent d'ailleurs ce 
gisement, le gisement du Cyprès d'Andraud, et les érudits 
locaux attribuent doctement aux Romains ce prodigieux 
entassement, tout comme les Ostrea longirostris du 
Champ-Fresin sont des vestiges culinaires du passage des 
troupes de Montluc et du siège de Monségur ! 



110 E. LEVRAT 

Ce banc à Ostrea cyathula constituerait-il le toit de la 
mollasse à Astéries ? La présence immédiatement infé- 
rieure de la couche à Scutelle rend celle hypothèse plau- 
sible ; nous venons plus loin que, d'accord avec d'autres 
observations, nous pouvons la considérer comme exacte. 

Nous perdons, en effet, rapidement contact avec le banc 
à cyathula el nous pouvons suivre jusqu'à Viduc la couche 
à Scutelle. Cet échinide est ici excessivement abondant et 
au niveau des minces rubans argileux qui parcourent le 
sable, les échantillons s'entassent l'un à côté de l'autre, 
se superposant, s'empilant comme des pièces de monnaie. 
Je dois ajouter, d'ailleurs, que L'extrême humidité de la 
couche rend l'extraction excessivement difficile et que 
presque toutes les Scutclles se retirent en débris. En de- 
hors de cette espèce, on ne rencontre que de rares Am- 
phiope Agassizi, tout autre fossile est absent. 

La zone fossilifère est ici très mince et ne dépasse pas 
25 à 50 centimètres. Au-dessous s'étend une assise sa- 
bleuse de 1 mètre à 1 m. 50 d'épaisseur. Elle représente 
la couche à Echinocyamus, mais elle est à peu près sté- 
rile et, en dehors de quelques osselets d'Astéries, de dé- 
bris d'Anornia girundica (Math.) et d'une dent de Lam- 
nidéc, nous n'avons trouvé là aucun débris paléonlologi- 
quc. Celle assise repose, à son tour, sur un banc de 
caleaire de Castillon et au-dessous de cet horizon lacustre 
on peut voir la mollasse du Fronsadais dans le lit encaissé 
du ruisseau qui coule au bas de la côte de Viduc. 

Un autre gisement intéressant est celui des Grands-Ey- 
riaux, sur la route de Sainte-Gemme à Saint-Michcl-la- 
Pujade, ce dernier point étant situé à 8 kilomètres au sud 
de Monségur. 

Nous trouvons, aux Grands-Eyriaux, une bulte de sable 
fin qui nous donne presque exclusivement Sculella stria- 
lula avec quelques liés rares Amphiopes. Les couches 
sous-jacenles ne peuvent s'observer, cachées qu'elles sont 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSEGUR 111 

par les terres labourées et la culture très intense. Seule, la 
mollasse du Fronsadais apparaît au pied du coteau en 
une puissante formation dans laquelle s'est creusé le lit 
de YAndouille, petit ruisseau affluent de la Garonne. La 
parCo supérieure de l'assise à Scutelle renferme en très 
giande abondance Osirea cijathula. 

Cette couche à 0. cyathula, déjà signalée à Viduc, et qui 
apparaît aussi par sa base au sommet du plateau de Mon- 
ségur, cette couche que nous retrouvons très nettement 
ici, nous la rencontrons encore sur le chemin de Saint- 
Michel, à quelques 800 mètres avant d'arriver à la butte 
qui supporte le village (côte 109). 

Ce qui fait l'intérêt du gisement de Saint-Michel, ce 
n'est point l'étude des couches de la mollasse marine, bien 
que leur terminaison par une puissante assise marneuse 
à 0. cyathula révèle une disposition constante dans la 
stratigraphie régionale qui nous autorise à considérer cette 
zone comme le couronnement de la mollasse de Monségur. 
Mais le point intéressant consiste dans la présence à Saint- 
Michel de la couche à Amphiope Agassizi. La faune de 
cette zone qui couronne le coteau, est exclusivement com- 
posée par cet échinide. C'est un banc sableux de 1 mètre 
à 1 m. 50 environ d'épaisseur, de sable fin assez compact, 
infiltré, en certains points, de bancs de calcaire dur. Il 
renferme en abondance et dans toute sa hauteur, Am- 
phiope Agassizi (Des M.). Presque toutes les pièces sont 
dans un remarquable état de conservation. 

Partout ailleurs dans la région, et c'est ce qui fait l'in- 
térêt de l'horizon de Saint-Michel, les coupes où nous 
avons pu étudier la stratigraphie locale ne renferment 
plus le niveau à Amphiope Elle a été enlevée au cours 
des âges. Le toit à 0. cyathula de la mollasse est lui-même 
très souvent absent. Les Amphiope Agassizi que l'on ren- 
contre cependant encore en divers points avec assez 
d'abondance, sont des pièces qui ont glissé le long des 



112 E. LEVRAT 

pentes et ne sont plus en connexion logique avec leur étage 
naturel. 

Les coupes observées dans la région par divers géolo- 
gues et tout particulièrement par notre ami M. l'abbé 
Labrie, à Saint-Gemme, Saint-Vivien, Roquebrune, etc., 
viennent d'ailleurs confirmer la présence constante de 
cette couche à Amphiope au-dessus de la mollasse à As- 
téries. 

De notre étude stratigraphique de la région de Monsé- 
gur, il résulte qu'au-dessus de la couche à 0. lohgirostris, 
qui, le plus souvent absente, se voit remplacée par le fa- 
ciès calcaire ou argileux du terrain lacustre de Castillon, 
la mollasse marine de Monségur peut se diviser en trois 
zones : 

1° Une zone inférieure à Echinocyamus piri[ormis et 
Pecten Billaudelli, riche en fossiles divers dans sa portion 
la plus basse ; 

2° Une zone moyenne à Scutella striatula ; 

3° Ce niveau est lui-même couronné d'un banc marneux 
à Ostrea cyathula. Ce banc, qui forme le toit de la mol- 
lasse à Astéries, est rarement observé en place. Il est 
particulièrement net à la Duronne (Andraud). 

Enfin les couches de Monségur se terminent par une 
couche indépendante de la mollasse marine. Ce niveau 
se caractérise par la présence d' Amphiope Agassizi. Le gi- 
sement de Saint-Michcl-la-Pujade est un des rares points 
où on puisse l'observer bien en place, avec des échan- 
tillons nombreux et excellents. 

De l'étude de la faune et de l'aspect des terrains nous 
pouvons tirer une autre conclusion. Cette mollasse ma- 
rine de Monségur, constituée en majeure partie de sables 
et de rares bancs calcaires, celte mollasse située très près 
de la mollasse lacustre et continentale de l'Agenais, re- 
présente une zone littorale. Le rivage de la mer stam- 
pienne se trouvait aux environs de Monségur. Nous pou- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 113 

vons même dire qu'un estuaire se trouvait dans la région 
du plateau de Monségur et du Champ-Fresin, là où coule 
actuellement le mince ruisseau de la Fontaine. En effet, 




PLANCHE I. 

FlG. \. Scutella striatula, face 'supérieure (réduction de 4/3). 

— 2. — — face inférieure — — 
Fie 3. Amphiope agassizi, face supérieure — — 

— 4. — — face inférieure — — 



l'abondance des sables indique déjà une formation battue 
par les vagues, une formation côtière. De plus, toute la 
i'oune de la région est une faune littorale et d'estuaire. 
L'abondance des huîtres et des anomies, les puissants 
récifs de polypiers, les espèces perforantes, les mytilidés, 
tout cela annonce un rivage très proche. Les Potamides, 

SOC. D'HIST. NATURELLE Di- TOULOUSE (T. XXXIX) 8 



114 E. LEVRAT 

les nombreux vestiges d'Halitherium et la découverte d'un 
Trionyx confirment notre croyance en la présence d'un 
estuaire à Monségur. 

Nous sommes donc en droit de conclure que l'aspect 
particulier revêtu par les couches à Astéries de Monsé- 
gur est dû à ce que nous sommes en présence d'une forma- 
tion littorale. Circonstance qui expliquerait, d'ailleurs, 
la découverte par de Bonal et Delfortrie de vestiges de la 
faune continentale dans les environs de Monségur, soit 
qu'il s'agisse d'une pointe de terrain lacustre', soit plutôt 
que nous soyons en face de débris charriés. 

Cet aspect littoral de la mollasse de Monségur nous per- 
mettra d'ailleurs d'expliquer les variations morphologi- 
ques de certaines espèces de sa faune. 



3. Scutella striatula et ses variations morphologiques. 

Le groupe des Scutellidx est particulièrement bien re- 
présenté dans la faune échinologique du tertiaire giron- 
din. A ce point de vue, l'Entre-deux-Mers n'est pas moins 
favorisé que le reste du département puisqu'il nous offre 
à considérer, dans le Stampien : Scutella striatula (M. de 
Serres), Amphiope Agassizi (Des M.) ; dans l'Aquitanien : 
Scutella Donali (Tourn.) avec sa variété Gornacensis (Fal- 
lot) et Amphiope ovaltfora [(Des M.) Fall.]. 

Le genre Scutella, que précédèrent, durant la période 
éocène, les Prcescutelles, prend naissance dans les cou- 
ches de l'éocène supérieur de Biarritz (Ludien) avec Scu- 
tella subletragona (de Gratcloup), espèce assez rare d'ail- 
leurs. 

Mais dès l'oligocène, il prend un développement consi- 
dérable avec Scutella striatula, espèce remarquable non 
seulement par l'abondance de ses échantillons, mais en- 
core par la variabilité de son type, variabilité déjà signa- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 115 

lée mais sur laquelle il y a cependant plusieurs observa- 
tions intéressantes à présenter. 

Cotteau place l'origine de cette espèce dans les couches 
éocènes. Il se base sur ce fait que de très rares exemplai- 
res auraient été découverts par M. Daleau dans l'éocène 
moyen du Tremble, près Bourg-sur-Gironde. C'est une 
opinion qui ne nous paraît pas exacte. Ainsi que le dit 
M. Fallot, ce doit être une erreur d'attribution d'étage qui 
lui a donné naissance, « car c'est le calcaire à Astéries qui 
affleure aux environs de celte ville ». 

Avant d'étudier les variations de cette scutellide, don- 
nons la description du type classique d'après l'étude four- 
nie par M. Cotteau dans son volume de la Paléontologie 
française : Les Echinides éocènes (t. II). 

Scutella striatula (Marcel de Serres, 1829). 
Scutella striatula. — M. de Serres : Géognosie des ter- 
rains tertiaires de la France, 1829. 
Scutella striatula. — Agassiz : Mém. Soc. se. nat. de Neu- 

chatel, t. I, 1836. 
Scutella subrotunda (pars.). — de Grateloup : Mém. de 

géo. zool. sur les oursins fossiles, 1837. 
Scutella striatula. — Agassiz : Ann. des se. nat. zool., 

1837. . 
Scutella striatula. — des Moulins : Etudes sur les Echi- 

nodermes, 1837. 
Scutella striatula. — Agassiz : Monog. des Scutelles, 1841. 
Scutella striatula. — Agassiz et Desor : Catal. raisonné 

des Echin., 1847. 
Scutella striatula. — d'Orbigny : Prodrome de paléont., 

1850. 
Scutella striatula. — Desor : Synopsis, 1857. 
Scutella striatula. — Tournouër : Recensement des 

Echin., 1870. 
Scutella striatula. — Benoist : Descript. géol. de Saint- 

Estèphe et Vertheuil, 1885. 



116 E. LEVRAT. 

Scuiella striatula. — Cotteau : Echinides éocènes, 1891. 

Sculella striatula. — Fallût : Observations sur quelques 

Scutellides, 1903. 

« Espèce de taille moyenne, subcirculairc, arrondie en 

« avant, subonduleuse et dilatée en arrière. Face supé- 

« rieure légèrement bombée dans la partie centrale, dépri- 

« méc et tranchante sur les bords. Face inférieure tout à 

« fait plane. Sommet ambulacraire presque central, un 

« peu rejeté en arrière. Aires ambulacraircs fortement 

« pétaloïdes, larges, courtes, médiocrement développées, 

i( égales entre elles, paraissant presque fermées, occupant 

« un peu plus d'un tiers de l'espace compris entre le som- 

« met et le bord. Zones porifères larges, arrondies à l'ex- 

« trémité, composées de pores inégaux, les externes 

« étroits, allongés, les internes petits et arrondis, unis 

« par un sillon qui s'atténue en se rapprochant du pore 

« interne, disposés par paires obliques. Zone interpori- 

« fère droite, un peu aiguë à l'extrémité, à fleur de test, 

« moins large que l'une des zones porifères. Les aires 

« ambulacraires, très développées vers l'ambitus, sont 

« marquées, à la face inférieure, par des sillons bien ac- 

« cusés qui se bifurquent un peu au-dessus du péristome 

« et présentent, près du bord, quelques autres ramifîca- 

« tions secondaires peu appareilles. Tubercules fins, ser- 

« rés, homogènes sur toute la surface du test. Périprocte 

« elliptique, infra-marginal, mais très rapproché du bord 

« qu'il entame légèrement. Appareil apical subpentago- 

a nal, de très grande dimension, muni de quatre pores 

« génitaux s'ouvrant sur le bord de la plaque, les deux 

« antérieures plus rapprochées que les deux autres. Hau- 

« teur : 6 millimètres ; diamètre antéro-postérieur : 50 mil- 

« limètres ; diamètre transversal : 52 millimètres. » 

Cotteau, on le voit, ne signale aucune variabilité dans 
la description de ce type. A peine signale-t-il la position 
prémarginale du périprocte dans certains exemplaires, 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MOttSÉGUR 117 

lors de son étude des rapports et différences de cette es- 
pèce avec Se. subrotunda (Lam.) du miocène aquitanien. 

Fallot, par contre, dans ses Observations sur quelques 
Scutellidœ des terrains tertiaires de la Gironde et du Sud- 
Ouest, insiste tout particulièrement sur la variabilité de 
cette espèce comme dimensions et comme forme. 

« J'ai vu, dit-il, des échantillons dans lesquels le plus 
« grand diamètre atteint à peine 47 millimètres et d'au- 
« très où il dépasse 85 millimètres. Les petits échantillons 

« sont généralement arrondis, presque circulaires 

« Les grands prennent très souvent — je devrais dire 

« généralement — un certain allongement dans le sens 
« transversal. Dans un échantillon de Quinsac, je trouve 
« 75 millimètres comme diamètre transversal maximum 
« et 71 comme diamètre antéro-postérieur ; le fait est en- 
« core plus marqué dans un échantillon de Cénac, qui a 
« 82 millimètres sur 77. 

« Néanmoins, l'on peut voir de grands échantillons tout 

« à fait circulaires J'ajouterai que la plus grande di- 

« mension transversale est toujours en arrière du sommet. 

« L'anus, qui est très petit, est placé très près du bord ; 
« ce dernier présente, à ce niveau, une légère échancrure 
« qui, peu marquée chez le jeune, devient très apparente 
« et très accentuée à mesure que l'oursin avance en âge. 
«. Enfin les ambulacres sont peu variables ; ils sont un 
« peu moins allongés chez les échantillons arrondis que 
« chez les autres ; ils sont presque toujours terminés exté- 
« rieurement ou, en tout cas, à peu près terminés. Enfin, 
« comme caractère assez important, je ferai observer que 
« les zones interporifères sont sensiblement He la largeur 
« des zones porifères. Ces dernières ne présentent leurs 
« stries qu'extérieurement ; c'est ce qui avait, je pense, 
« frappé Marcel de Serres. » 

Telles sont les observations du géologue bordelais. De 
no<tre examen de multiples échantillons provenant exclusi- 



118 E. LEVRAT 

vomeiit des gisements monségurais, nous pouvons con- 
clure, nous aussi, à l'extrême variabilité du type de Cot- 
teau. Et môme, du moins pour notre région, cette varia- 
bilité nous paraît beaucoup plus grande et porter sur plus 
de caractères que ne l'ont cru jusqu'à maintenant les au- 
teurs. 

Ces modifications intéressent : 

1° La forme générale ; 

2° Les dimensions ; 

3° La face supérieure ; 

4° Le bord et l'échancrure anale ; 

5° La grandeur de l'anus ; 

6° La position du périprocte. 

1° La forme générale. — Suivant Cotteau, le test est 
subcirculaire, arrondi en avant, subonduleux et dilaté en 
arrière. C'est, en effet, la forme la plus fréquente. Cepen- 
dant, ainsi que le signale M. Fallot, on rencontre des 
échantillons circulaires. Nous en possédons un dont les 
deux diamètres antéro-postérieur et transversal ont 35 mil- 
limètres ; un second a 65 sur 65 ; un troisième, 26 sur 27. 
Mais ces cas sont exceptionnels et généralement le dia- 
mètre transversal l'emporte de quelques millimètres sur 
l'antéro-postérieur. 

La forme générale n'est pas d'ailleurs constamment sub- 
circulaire, voire circulaire, certains exemplaires revêtent 
des formes polygonales. Nous possédons une pièce très 
nettement trapézoïde et où, seul, le côté postérieur est 
incurvé. 

Le bord peut être, dans son ensemble : 

1° Uni, régulier, sans encoche sur tout le pourtour ; nous 
ne parlons pas ici de l'encoche anale sur laquelle nous 
reviendrons ; 

2° Il présente, le plus souvent, deux larges inflexions 
au niveau des ambulacres postérieurs ; . 






ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 119 

3° On peut enfin, sur quelques exemplaires, constater 
une encoche peu accentuée au niveau des ambulacres an- 
térieurs. 

Suivant les individus et surtout selon l'aspect de la face 
supérieure, le bord peut être très mince ou, au contraire, 
assez fortement épaissi. 

La {ace in\èrieure serait tout à fait plane, selon Cotteau. 
Cela est exact pour certains exemplaires. Mais la plupart 
ont une dépression centrale péristomiale et certains s'ex- 
cavent progressivement du bord jusqu'à la région mé- 
diane. Les aires ambulacraires sont marquées, à la face 
inférieure, par des sillons très nets qui se bifurquent à 
5 ou 6 millimètres du péristome. Ces deux branches émet- 
tent, vers la région marginale, quelques ramifications peu 
accentuées et sans importance. Le péristome est penta- 
gonal, les faces en sont concaves, incurvées vers le cen- 
tre péristomial, les sommets, très aigus, se perdent dans 
Porigine des sillons ambulacraires. 

2° Les dimensions. — Les dimensions sont très varia- 
bles et si, comme l'indique Cotteau, on peut observer 
comme type moyen des individus de 50/52 millimètres, 
Fallot en cite de 47 millimètres et d'autres ayant 85 milli- 
mètres dans leur plus grand diamètre. Nous en avons re- 
cueilli nous-même de beaucoup plus petits et la taille des 
nombreux échantillons des couches de Monségur évolue 
entre 26/27 millimètres et 68/74, la moyenne du type oscil- 
lant entre 58/62 et 60/64. Le diamètre transverse est tou- 
jours le plus grand. 

Cette constatation déjà faite n'est pas particulièrement 
intéressante. Le fait nouveau réside en ce que nous avons 
pu remarquer une grandeur sensiblement constante chez 
les Scutelles habitant le même gisement. Les variations 
individuelles sont minimes dans un lieu donné ; elles ne 
prennent d'importance que lorsqu'on peut comparer des 
localités différentes. 



120 E. LEVRAT 

C'est ainsi qu'à la maison Glachant et au Champ-Fresin, 
gisements très voisins, nous trouvons : GO/63 — 58/62 — 
61/66 — 52/56. 

A Viduc, près Monségur : 65/65 — 62/67 — 64/70 — 
65/71. 

Aux Grands-Eyriaux :-40/42 — 42/44. 

A Mongauzy : 26/27 — 29/31 — 34/35. 

Nous avons pris à dessein, dans l'énumération de ces 
mensurations, les types extrêmes de chaque gisement, les 
plus petits et les plus grands. 

En même temps que cette variabilité suivant la localité, 
nous pouvons constater que la diminution de la taille est 
progressive pour nos échantillons à mesure que la loca- 
lité se fait plus méridionale. Y a-t-il là un simple hasard 
dans la récolte des pièces ? Nous ne le croyons pas. Nous 
aurons, en effet, l'occasion de vérifier à nouveau nos deux 
observations sur les dimensions des Scutellides de Mon- 
ségur lors de notre étude d'Amphiope Agassizi. 

3° La (ace supérieure elle-même présente des variations 
qui n'ont pas encore été signalées. Suivant la description 
classique, elle est « légèrement bombée dans la partie 
centrale, déprimée et tranchante sur les bords ». Cela est 
exact pour certains exemplaires, mais non pour tous. 

La face supérieure peut, en effet, être fortement et uni- 
formément bombée, sans saillie centrale et à bords épais, 
se rapprochant du type de Scuiella Bonali. Ou bien elle 
s'élève progressivement des bords amincis jusqu'au som- 
met non saillant, le test étant, dans son ensemble, peu 
épais. 

En d'autres cas elle est fortement déprimée dans la 
région de l'ambitus et présente une forte saillie centrale. 

Le sommet ambulacràiré qui, dans nombre d'exemplai- 
res, est presque central et reporté à 1 millimètre environ 
en arrière, se trouve, chez certains, très nettement au cen- 
tre. Une de nos Scutcllcs avait, par contre, son appareil 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 121 

apical reporté à 3 millimètres en arrière. Un autre, le seul 
que nous ayons pu observer de ce type, avait l'apex à 
1 millimètre en avant. 

Les aires ambulacraires répondent toutes à la descrip- 
tion classique. Leur longueur varie suivant la taille de 
Findividu, de 5 à 14 millimètres. La majeure partie des 
sujets est à 12 millimètres. Suivant le cas, l'espace qu'elles 
occupent entre le sommet et le bord varie. Chez les exem- 
plaires types, c'est un peu plus d'un tiers de la distance 
séparant ces deux points. Dans une de nos pièces, c'était 
exactement le tiers. Enfin, chez plusieurs autres, les aires 
ambulacraires occupaient la moitié de l'espace. 

Les zones porifères présentent, par contre, une grande 
constance dans leur dimension transversale. Nous les 
avons toujours trouvées égales à 2 millimètres dans leur 
portion la plus large, sauf pour un grand exemplaire où 
elles atteignaient 3 millimètres et chez un tout petit où 
elles n'avaient que 1 millimètre. 

La zone interporifère nous a paru sensiblement de 
même dimension, bien que les auteurs la trouvent moins 
large que l'une des zones porifères. Cette différence n'est 
pas, en tout cas, nettement appréciable et nous sommes 
à ce sujet, de l'avis de M. Fallot. 

Nous n'avons rien à signaler sur l'appareil apical qui 
répond toujours au type. 

4° Le bord et Véchancrure anale. — M. Fallot signale 
au niveau de l'anus une légère échancrure qui, peu mar- 
quée chez le jeune, s'accentuerait à mesure que l'oursin 
avance en âge. Cette échancrure anale nous a paru, au 
contraire, présenter de multiples variations. 

Chez de nombreux sujets adultes de très grande taille, 
en particulier chez ceux du gisement de Viduc, le bord 
anal présentait une échancrure à peine esquissée, à peine 
une légère ondulation, chez certains même c'était une 
ligne absolument droite. 



122 E. LEVRAT 

A côté de cette forme, d'autres exemplaires présentent 
une échancrure très nette, très accusée, et cela en dehors 
de toute influence de taille. Cette échancrure est d'ailleurs 
de type très variable, depuis la simple excavation en ligne 
courbe jusqu'à l'entaille large et quadrangulaire, à faces 
rectilignes. En général, cette échancrure intéresse sim- 
plement le bord. Chez certaines pièces cependant, elle se 
prolonge par une gouttière à l'extrémité de laquelle est 
placé l'anus. 

5° Dimensions et position du périprocte. — -Considéré 
par Fallot comme étant de très petite taille, décrit par 
Cotteau comme elliptique et très rapproché du bord qu'il 
entamerait même légèrement, l'anus présente de très gran- 
des variétés de taille et de position. Et d'abord sa forme et 
ses dimensions sont diverses, circulaire dans certains cas, 
en d'autres il est nettement elliptique. Il est parfois punc- 
fiforme, d'autres fois il atteint près de 2 millimètres de 
diamètre. 

Mais c'est surtout la variabilité de position qui est ex- 
trême et qu'il est intéressant de noter. 

On peut ramener à cinq types principaux les modifica- 
tions qu'il nous a été permis d'observer sur ce point. 

Dans le premier cas, l'anus est très éloigné du bord, 
à 2 et 3 millimètres de l'encoche anale. 

Dans un second correspondant au type, le périprocte 
est juxta-marginal, à moins de 1 millimètre du bord. 

Le troisième type observé a l'orifice anal éloigné du 
bord, il est vrai, mais situé au fond d'une gouttière dont 
les bords prolongent l'encoche anale. 

Cette forme nous sert de point de passage à un qua- 
trième état dans lequel l'anus est devenu marginal. Bien 
que regardant encore la face inférieure, il a pénétré dans 
l'encoche et intéresse le bord. 

Le cinquième et dernier type enfin exagérant la position 
du précédent est non seulement marginal, mais encore 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 123 

placé en plein bord et dirigé suivant le plan horizontal. 
Il ne regarde plus la face inférieure. 

Lorsqu'on compare ces dernières positions du péri- 
procte à celle qu'il prend dans le genre Echinarachnius, 
tout particulièrement chez E. porpita des couches à Asté- 



4ïZ- 



£Ctn+ï..y<*. 



PLANCHE IL 

Positions du périprocte chez Scutella striatula, vues par la face inférieure et en coupe 
schématique suivant le diamètre longitudinal. 



ries, dont l'anus marginal s'ouvre vers la face supérieure, 
on est surpris de trouver là des formes de passage très 
nettes de l'anus supérieur à l'inférieur. 

Ajoutons, d'ailleurs, que des cinq types que nous avons 
décrits, les deux premiers seuls sont fréquents. Ils se 
relient l'un à l'autre par de nombreuses formes de pas- 
sage. 

On peut dire, en résumé, que Scutella striatula est une 



124 E. LEVRAT 

espèce fort variable, tant dans sa forme générale ou ses 
dimensions que par certains de ses détails, tels que la 
morphologie de ses faces, l'architecture du bord et l'enco- 
che anale, les dimensions et spécialement la position du 
périprocte. 

On la distinguera néanmoins des espèces voisines Scu- 
tella Bonali (Tourn.) et Se. subrotunda (Lk.). 

La forme et la taille de ses aires ambulacraires, leur 
éloignement du bord la distingueront de Se. Bonali. La 
forme des zones porifères, celle des zones interporifères 
la différencieront de Se. subrotunda. Mais on ne peut se 
baser ni sur la forme générale, ni sur la taille, ni sur la 
position de l'anus, ces caractères ne sont nullement typi- 
ques ; certains exemplaires se rapprochent d'ailleurs beau- 
coup de Se. Bonali. 

4. Amphiope Agassizi. 

Le second des grands cchinides de Monségur appartient 
encore à la famille des Scutellidées, mais au genre Am- 
phiope, caractérisé par la présence de deux lunules de 
fcime variable placées entre le bord et l'extrémité des 
aires ambulacraires postérieures. 

Voici la synonymie de l'espèce stampienne : 

Amphiope Agassizi (des Moulins). 

Scutella biosculata. — des M. in Dufrenoy, 1836. 
Amphiope Agassizii (sic). — des M. in Coll., 1845. 
Amphiope Agassizi. — Cotteau : Rev. et Mag. de Zool., 

1864. 
Amphiope Agassizi. — Tournouër : Rec. échin. du cale. 

à Astéries, Société Linn., 1870. 
Amphiope Agassizi. — Fallût : Obs. sur quelques Scutefi- 

lides, 1903. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 125 

Cette jolie et intéressante espèce fut d'abord désignée 
par Des Moulins sous le nom de Scutella bioculata, puis 
cVAmphiope Agassizi. Elle a été figurée et décrite par 
Cotteau, en 1864. Depuis cette époque, Tournouër lui a 
consacré une courte note dans son Recensement des Echi- 
nides du calcaire à Astéries. M. Fallot, enfin, dans son 
mémoire sur Quelques Scutellides des terrains tertiaires 
de la Gironde, la cite sans apporter aucun fait nouveau. 

Cet échinide est très rare, ce qui explique la pénurie 
de documents à son sujet. « C'est la première apparition 
dans les terrains tertiaires des Scutelles lunulées répan- 
dues dans la nature actuelle », dit Tournouër. Spéciale au 
Sud-Ouest, elle n'existe pas dans le bassin de l'Adour. On 
ne la trouve que dans la Gironde, dans l'Entre-deux-Mers 
et seulement sur le rivage tout à fait méridional de la 
formation, « là où abondent aussi la Scutella striatula et 
les carapaces de crustacés ». C'est dans les cantons de 
Pellegrue, de Monségur, de La Réole, de Meilhan qu'on 
peut la rencontrer. Elle n'est d'ailleurs fréquente qu'aux 
environs immédiats de Monségur, sur une bande de quel- 
ques kilomètres. Et c'est tout particulièrement le gisement 
de Saint-Michel-la-Pujade qui la donne en abondance et en 
parfait état de conservation. 

Cette curieuse espèce mérite donc que nous nous y arrê- 
tions un instant 

En étudiant les divers échantillons que nous possédons, 
nous pouvons, d'ores et déjà, faire une constatation. Am~ 
phiope Agassizi présente de grandes variations de taille. 
Et plus encore que pour Scutella striatula, cette variabi- 
lité est sous la dépendance du gisement. 

A Viduc, nos exemplaires ont 60/63 •— 65/70 — 68/71, 
le diamètre transversal étant le plus grand. 

A Monségur, les pièces sont légèrement plus petites, 
elles ont : 51/57 — 55/60 — 60/65. 

A Saint-Michel, dans ce gisement excessivement abon- 



120 E. LEVRAT 

(iant, les Amphiopcs ont une taille sensiblement moins 
élevée. Les plus beaux exemplaires se groupent entre 
47/54 et 45/52. Aucun ne dépasse ces chiffres, mais on a 
des tailles inférieures de 39/44 et même 35/40. 

Ici encore nous avons la même diminution que pour 
Se. striatula. D'un côté le groupe Nord (Viduc, Monségur) 
à grandes tailles, et le groupe Sud (des Grands-Eyriaux à 
Mongauzv) où les Scutellides ont des tailles beaucoup plus 
exiguës. Sous quelle influence s'est créée cette variété de 
Saint-Michel de l'Amphiope Agassizi, c'est ce que nous ne 
saurions expliquer d'une façon absolument certaine. Ce- 
pendant si l'on compare les deux espèces régionales Scu- 
lella striatula et Amphiope Agassizi, on constate, nous 
le voyons, que ces modifications ne sont pas dues au pur 
hasard, mais bien à des conditions diverses d'habitat. 

Si, d'autre part, nous observons ce qui se passe dans 
la nature actuelle, pour la faune littorale, dont les types 
varient d'un lieu à un autre sous les influences bathymé- 
triques diverses, différence de fond (sable, roche ou vase), 
.différence de salure (faciès pélagique ou saumâtre), dif- 
férence de protection contre les vagues (crique ou côte 
libre), différence de teneur en calcium, etc., on est amené 
à conclure qu'il s'agit là de modifications d'origine sem- 
blable. 

Les conditions actuelles de gisement ne permettent que 
très imparfaitement d'étudier les conditions d'existence de 
nos espèces de Monségur. Mais en présence du polymor- 
phisme de leurs représentants, en présence de leur taille 
si variable, on est obligé de penser que, dans certains 
points, la teneur en calcium était moindre qui a entraîné 
un développement inférieur du test de l'animal, ou que 
la côte étant moins protégée contre l'assaut des vagues, 
l'oursin plus exposé s'est développé moins à l'aise, etc. 

Quelle que soit l'hypothèse adoptée, nous admettons, 
pour notre part, qu'il s'agit là de variations littorales lo- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 127 

cales dues à des influences de milieu, influences bien con- 
nues des zoologistes et qui suffiraient à expliquer bien des 
variétés et même des types créés souvent à tort par les 
paléontologistes. 

La forme générale est sensiblement la même pour la 
majorité des sujets. La région antérieure est rétrécie, tan- 
dis que la postérieure est assez fortement dilatée. Le bord 
assez onduleux présente une encoche très marquée à la 
hauteur de chaque ambulacre paire antérieure. La majeure 
partie des sujets présente, en outre, une encoche plus 
aiguë et moins accentuée au niveau de la région anale. 
Chez certains sujets elle est accompagnée de deux in- 
flexions légères du bord de part et d'autre des lunules. Une 
autre encoche, opposée à l'encoche anale, se rencontre 
parfois en regard de l'ambulacre impaire. Mais de ces 
diverses ondulations, seules les deux latérales (en avant 
des ambulacres antérieures) sont constantes. 

La lace supérieure se présente suivant deux types. 

Ou bien, et c'est le cas le plus fréquent, elle est régu- 
lièrement bombée depuis les bords minces jusqu'au som- 
met assez proéminent. 

Ou, et ceci est plus rare, les bords sont minces, la région 
de lambitus déprimée, le sommet saillant. Ce type rap- 
pelle alors la Scutella striatula telle que la décrit Cotteau. 

Dans certaines pièces, cette face supérieure est dépri- 
mée, très légèrement bombée, des bords au sommet non 
proéminent. 

La région antérieure est toujours plus saillante que l'ar- 
rière. 

De ces deux formes, la première, la plus fréquente, ca- 
ractérise la petite variété de Saint-Michel. Alors que la 
seconde est surtout représentée dans les grands exemplai- 
res de Viduc. Ceux de Monségur se rattachent au premier 
type et à la variété déprimée que nous avons cité en der- 
nier lieu. Le sommet est, dans tous les cas, à 3 ou 4 mil- 
limètres en avant" du centre. 



128 E. LEVRAT 

Les aires ambulacraires sont toujours pétaloïdes, lar- 
ges, courtes, paraissant presque fermées, l'aire antérieure 
est la plus longue, elle dépasse constamment de 1 à 2 mil- 
limètres les ambulacres paires. Celles-ci sont égales entre 
elles. 

L'ambulacre impaire occupe exactement la moitié de 
l'espace qui sépare le sommet du bord. 

Les ambulacres antérieures occupent plus du tiers de 
cette distance. 

Les ambulacres postérieures occupent le tiers de cet es- 
pace ou bien près du tiers. Elles sont, dans tous les cas, 
plus éloignées du bord que les antérieures de 2 à 3 milli- 
mètres. 

Les zones porifères sont larges, arrondies à l'extrémité, 
composées de pores inégaux, les externes sont étroits, 
allongés, les internes petits, arrondis. Ils sont unis par un 
sillon et disposés par paires obliques. 

La zone interporifère est ovalaire à fleur de test, au 
moins égale à l'une des zones porifères, quelquefois lé- 
gèrement plus développée dans sa portion la plus large. 

Les lunules sont ovalaires à grand axe longitudinal. Si 
certaines sont parfaitement ovales, la majeure partie est 
plutôt ovoïde à petite extrémité externe, le grand axe 
transversal étant reporté en deçà du centre lunulaire, vers 
l'ambulacre. Certaines lunules très rares, se rapprochent 
même de la forme triangulaire à côtés curvilignes. 

Les deux lunules sont égales entre elles. Leurs dimen- 
sions sont d'ailleurs peu variables d'une pièce à l'autre, 
elles ont en moyenne un diamètre longitudinal de 7 milli- 
mètres avec un plus grand diamètre transversal de 4 milli- 
mètres. 

L'appareil apical est pentagonal, muni de quatre pores 
génitaux, les deux inférieurs étant les plus éloignés. 

La {ace in[érieure, légèrement concave dans son ensem- 
ble, présente, en outre, cinq cavités très accusées, creusées 
au niveau des régions ambulacraires. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 129 

Les deux cuvettes postérieures sont occupées, en ma- 
jeure partie, par les lunules. 

Certains exemplaires, surtout ceux de grande taille, 
ont une face inférieure plane, en dehors naturellement des 
excavations ambulacraires qui sont constantes. 

Le péristome est pentagonal, en rosace. Le pourtour, 
en effet, en paraît circulaire, mais, en l'observant, on voit 
que l'origine des sillons ambulacraires plonge à l'intérieur 
du cercle, déterminant ainsi cinq segments circulaires qui 
donnent au péristome l'aspect d'une rosace à cinq lobes. 
Ces sillons ambulacraires se trifurquent presque dès leur 
origine, donnant naissance à un sillon médian rectiligne, 
puis à deux sillons latéraux incurvés, à concavité regar- 
dant le sillon médian. Ces sillons ont une destinée diffé- 
rente, suivant qu'ils sont ou non péri-lunulaires.- Les 
sillons impairs et les sillons ambulacraires antérieurs se 
perdent dans le bord sans se rejoindre. Les sillons pos- 
térieurs embrassent la lunule de leur concavité et, décri- 
vant un ovale autour d'elle, se rejoignent ef s'unissent 
presque au niveau du bord. Le sillon médian se perd 
dans le rebord lunulaire. 

L'anus est circulaire, assez volumineux, il est situé loin 
du bord, entre 2 et 4 millimètres. Il est à fleur de test, 
celui-ci présente même une légère saillie à son niveau et. 
en avant de l'orifice. 

L'échantillon type décrit par Cotteau proviendrait de 
Saint-Albert, près La Réole. Nous n'avons pu nous pro- 
curer la description de cet auteur. 

Amphiope Agassizi se distingue très nettement de sa 
congénère aquitanienne Amphiope ovaltfora (Des M., 
E. Fallot) par la forme des lunules allongées transversa- 
lement dans A. ovali[ora, alors que dans A. Agassizi elles 
sent disposées suivant l'axe longitudinal. Il semblerait 
qu'en passant dans l'étage supérieur, les lunules aient 
accompli un mouvement de rotation de 45° et de dehors 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXIX) i> 



130 E. LEVRAT 

en dedans, autour de leur axe. Dans A. ovali[ora, la petite 
extrémité de l'ovoïde regarde, en effet, la région interam- 
bulacraire postérieure. Les dimensions et l'épaisseur plus 
grande d'A. ovaltfora aideront 'encore à différencier ces 
deux espèces si voisines par les autres caractères morpho- 
logiques. M. Fallot dit qu'Amphiope Agassizi « est tou- 
jours très semblable à elle-même ». Il est évident que ce 
curieux échinide est beaucoup moins variable dans son 
type que diverses autres espèces de la famille des Scutel- 
lides. 

Néanmoins A. Agassizi présente, nous l'avons vu, des 
modifications dans sa forme générale et le contour de ses 
bords, dans la morphologie de ses faces et le dessin de 
ses lunules. Elle est surtout très variable dans ses dimen- 
sions. Et cette variation a un rapport direct avec le gise- 
ment. 

ïournouër, dans sa note du Recensement, nous dit que 
Cotteau a signalé sans la figurer une disposition tout à 
fait spéciale des plaques ambulacraires autour de la lu- 
nule. Cette disposition rapprocherait Amphiope Agassizi 
de certaines espèces lunulées des mors actuelles en l'éloi- 
gnant des Amphiopes des terrains miocènes. Nous n'avons 
pu retrouver le mémoire de Cotteau et contrôler ces asser- 
tions à ce sujet. Il est singulier, en tout cas, que le type 
se soit écarté ainsi du plan primitif pour y revenir dans 
la suite. 



5. Echinocyamus piriformis et sa variété monséguraise. 

Nous ne voulons pas donner ici une étude complète de 
cette espèce, mais simplement insister sur certains points 
intéressants de sa morphologie. Nous nous contenterons 
d'indiquer ici, tout d'abord, sa liste de synonymie. 



ETUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÊGUR 131 

Echinocyamus pirilormis (Agassiz). 

Echinoneus ovalus. — Grateloup : Ours. foss. dax., 1816. 
Echinoneus placenta ? — Grateloup : Ibid. 
Fibularia scutata. — des Moulins in Dufrenoy. 
Fibularia scutata. — ■ des Moulins : Tabl. syn. pro parte. 
Fibularia ovata. — des Moulins in Dufrenoy. 
Fibularia scutata. — Grateloup : Cat. Zool. Gironde. 
Fibularia ovata. — Grateloup : Ibid. 
Echinocyamus pyrilormis. — Agassiz : Cat. syst. 
Echinocyamus pyrilormis. — Agassiz : Monog. Scutelles. 
Echinocyamus pirilormis. — Bronn : Index palœont. 
Echinocyamus pyrilormis. — d'Orbigny : Prodr. 
Echinocyamus pirilormis. — Desor : Synopsis. 
Echinocyamus pirijormis. — Raulin : Congr. Se. de Bor- 
deaux, 1863. 
Echinocyamus pirilormis. — Tournouër : Recensement 
. des Echin. 

Cette petite espèce fut créée, décrite et très bien figurée 
par Agassiz. Elle fut à nouveau figurée par Desor. A la 
description du Synopsis, Tournouër ajouta simplement 
une note sur la disposition des pétales, parfaitement dis- 
tincts dans quelques échantillons, avec des pores nom- 
breux non conjugués ; ils sont, en outre, largement ou^ 
verts à leur extrémité. 

Cet échinide est abondant dans toute la région de l'En- 
tre-deux-Mers. Son type bordelais a une longueur de 13 à 
14 millimètres sur une largeur de 11 au côté postérieur. 
On trouve encore cette espèce dans le bassin de l'Adour, 
où elle n'atteint pas d'ailleurs d'aussi grandes dimensions 
qu'à Bordeaux. 

Nous avons déjà vu qu'E. pirilormis était extrême- 
ment fréquente à l'horizon de Monségur. Après avoir pré- 
senté quelques rares échantillons au niveau de la couche 



132 E. LEVRAT 

à Amphiope, elle prend subitement une extension consi- 
dérable dans les sables moyens où elle gît en compagnie 
de Pecten BillaudellL Puis, à nouveau, elle devient très 
rare dans la couche à Scutelle. 

En dehors de sa situation stratigraphique, ce qui attire 
ici notre attention, c'est l'exiguïté de sa taille, bien infé- 
rieure à celle des autres gisements de l'Entre-deux-Mers, 
tels que Bellefond, Lugasson, etc. Au lieu de tailles 
moyennes de 11 à 12 millimètres de longueur sur 9 à 10 
de largeur dans la portion la plus dilatée, nos plus grands 
échantillons ont 6 millimètres dans l'axe longitudinal et 
5 dans le sens transversal. Les plus petits n'ont que 2 mil- 
limètres sur 1, la moyenne des sujets étant entre 3 sur 2 
et 4 sur 3. Les pièces de petite taille dominent et cette 
constatation est basée sur l'examen de plus de deux cents 
oursins provenant tous des gisements de Monségur. Au- 
cun n'a une taille supérieure à 6/5 millimètres, presque 
tous ne dépassent pas 3/2, il s'agit donc là, très sûrement, 
d'une variation régionale du type classique de YEchino- 
cyamus pirilormis girondin. 

Tous les auteurs signalent que cette espèce varie beau- 
coup, non seulement par la taille, mais encore par la 
forme générale. Notre variété monséguraise suit ces modi- 
fications du type bordelais. Grand, dilaté en arrière en 
forme de poire, peu renflé en dessus, il passe par de nom- 
breux intermédiaires à deux variétés principales. 

Une variété A, ovale et plus renflée, la Fibularia ovata 
de Des Moulins. 

Une variété B, sensiblement pentagonale et plutôt ré- 
trécie au côté postérieur, ce qui l'éloigné du type piri- 
forme. C'est la Fibularia scutata de Des M. 

La variété A est très abondante à Monségur ; en outre 
de sa très petite taille, elle présente généralement une 
face inférieure plate, souvent presque convexe ; sa face 
supérieure est plus renflée encore que dans le type va- 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 133 

riété A. Tous ces caractères rapprocheraient notre variété 
de YEchinoneus ovatus des couches de Cassel, en Alle- 
magne. Elle pourrait servir de lien d'union entre les deux 
espèces, surtout si l'on songe que Tournouër, pour diffé- 
rencier de Y Echinocyamus piriformis, Echinoneus ovatus 
de Munster, insiste sur « sa très petite taille ne dépassant 
pas 4 ou 5 millimètres, sa forme très convexe en dessus 
et plate, sinon même légèrement convexe en dessous ». 

La variété B est tout à fait exceptionnelle à Monségur. 

Mais, ainsi que le remarque fort judicieusement Tour- 
nouër, « ces variations de forme, toutes grandes qu'elles 
soient, ne me paraissent pas cependant, à cause des (ormes 
de passage qui les relient entre elles, pouvoir constituer 
autre chose que des variétés d'un même type spécifique 
représenté par des individus extrêmement nombreux)). 
Tournouër continue en signalaîit des variations analogues 
dans ÏEchinocyamus affinis (Des M.) de l'éocène de 
Blaye, et YEchinocyamus angulosus des mers européen- 
nes actuelles. 

Ces deux types ne nous semblent d'ailleurs constituer 
qu'une seule et même espèce avec Echinocyamus pirifor- 
mis. 

En effet, au témoignage même d'Agassiz et Desor, il est 
à peu près impossible de différencier Echinocyamus piri- 
formis d' Echinocyamus angulosus. 

De plus, selon Tournouër, le caractère constant de l'es- 
pèce, celui qui permet de ne pas confondre avec Echino- 
cyamus affinis, doit se chercher dans la position du péri- 
procte. Prœmarginal dans Yaffinis, il est à peu près à 
égale distance du bord et du péristome chez le piriformis. 

Cependant ce critérium est si peu sûr que l'auteur se 
hâte d'ajouter : « et encore ce caractère n est-il pas aussi 
invariable qu'on le désirerait ». 

De nos observations personnelles nous pouvons déduire 
que la position de l'anus n'a aucune valeur diagnostique. 



134 E. LEYRAT "•' 

Dans la série de nos échantillons, nous avons trouvé toutes 
les situations du périprocte médian à l'anus marginal. 
Nous devons même signaler l'abondance des pièces où cet 
orifice était clans la position qui parait propre à Ya([inis. 

Il y a donc lieu, selon nous, de réunir les deux types et 
l'on peut dire, avec l'auteur du Recensement, que « VE. 
piriformis appartient à un type polymorphe qui se pour- 
suit dans le terrain éocène, oligocène, miocène, pliocène 
ejt jusque dans les mers européennes actuelles avec des 
modifications souvent peu sensibles ». 

La variété de Monségur, avec ses caractères particu- 
liers, nous paraît être un trait d'union entre les diverses 
modalités de cet échinide, qui reste néanmoins sous sa 
forme d'Echinocyamus piriformis, une des caractéristi- 
ques des couches oligocènes du sud-ouest de la France. 

Cette variété de Monségur nous paraît, d'ailleurs, due 
à ce fait que nous sommes sur un littoral, ce qui modifie 
absolument les conditions d'existence de l'espèce. 



6. Tableau de la faune paléontologique de Monségur. 

Nous avons dressé cette liste d'après le résultat de nos 
recherches personnelles et le catalogue donné par M. Fal- 
lot dans son étude sur le Tongrien dans la Gironde. 

Delfortrie et de Bonal signalent, aux environs même de 
Monségur, une faune de vertébrés d'origine lacustre et 
continentale. 

C'est : 

Rhinocéros latidms, Croizet. 
Anlhracotherium magnum, Cuv. 
Hyopotamus leptorynchus, Ag. 
Hyopolamus bovinus, Owen. 
Paloplotherium magnum, Cuv. 
Dremolherium 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 135 

.4 côté de cette faune vient la faune marine que nous 
allons étudier en détail. 

VERTÉBRÉS 

Halitherium Cuvieri, Kaup., Monségur-Saint-Sulpice,. 

Fréquent. 
Trionyx aquitanicus, Delf., Monségur. Très rare. 
Carcharodon megalodon, Ag., Monségur, Très rare. 
Galeocerdo latidens, Ag., Monségur. Très rare. 
Galeocerdo aduncus, Ag., Monségur. Très rare. 
Notidanus, Monségur. Très rare. 
Hemipristis, Monségur. Très rare. 
Oxhyriria, Monségur-Viducq. Très rare. 
Lamna sp., Monségur. Très rare. 

CRUSTACÉS 

Palœocarpilius aquitanicus, M. Edw., M.-Saint-Sul- 

pice, etc. Commun. 
Neptunus sp. ind., Mons. R. 
Lambrus prisais, A. Edw., Saint-Gemme. R. 
Lambrus sp., Andraud. R. 
Oxyrhynchus sp., Mons. R. 
Portunus sp., M.-Saint-Sulpice. R. 
Xanthopsis, M. R. 
Syphax sp., M.-Saint-Sulpice. R. 
Anaglyptus Delfortriei, Mons. 

Cette longue liste de Crustacés provient des recherches 
de Delfortrie. Pour nous, nous n'avons recueilli que des 
débris absolument indéterminables de crustacés dans les 
sables de la région. 

MOLLUSQUES 

Aturia Aturi, Bast., Monségur. Fragments assez rares. 



136 E. LEVRAT 

Fusus ind., M.-Saint-Vivien, etc. Nombreux moules inter- 
nes et externes. 

Cyprœa ind., M. Nous avons recueilli deux exemplaires 
au Champ-Fresin d'une Cyprœa non encore signalée 
à M. 

Cerithium Charpentlcri, Bast., M. Moules internes. Com- 
mun. 

Cerithium plicatum, Brug., M. Moules internes. Commun. 

XcnopJiora ind., M. Plusieurs fragments. 

Natica (Ampullina) crassatina, Lmk. De très, nombreux 
exemplaires de cette espèce dans toute la région. 

Turbo ParJànsoni, Bast. De nombreux moules internes à 
Monségur (Champ-Fresin). 

Trochus moniltfer, d'Orb., Monégur. Moules internes. 
Fréquent. 

Trochus moniltfer, d'Orb., Rimons. Moules internes et ex- 
ternes. C. C. 

Pholadomya Puschi, Goldf., M. R. 

Venus Aglaurœ, Brong., M. Moules internes et exter- 
nes. R. * 

Arca scabrosa, Nyst., M. Quelques rares empreintes. R.R. 

Modiola cordaia, M. Moules internes. R. R. 

Peclen Billaudelli, Des M., Monségur. Très fréquent. Test 
entier. C. C. C. 

Pecten sp., Monségur (Champ-Fresin). Empreintes. R. 

Anomia (girundica?), Math., Monségur. Fréquente. 

Ostrea longirosiris, Lmk., Monségur (Champ-Fresin), 
Sainl-sulpicc. C. C. 

Ostrea cyathula, Lmk., Monségur, Grands-Eyriaux, An- 
draud. C. C. C. 

Ostrea rudicula, R. et D., M.-Andraud. C. C. 

ÉCIIINODERMES 

Scutella striaiula, M. de S., Monségur, Viduc, Grands- 
Eyriaux, Mongauzy. C. C. C. 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 137 

Amphiope Agassizi, Des M., M., Viduc, Saint-Michel. 

C. C. C. 
Echinarachnius porpita, Des M., Monségur. Nous en 

avons deux exemplaires. R. R. 
Echlnocyamus pirilormls, Ag., Monségur. G. C. C. C. 
Nucleolites Dellortriei, Cott., Monségur. R. R. R. 
Crenaster lœvis, Des M., Monségur. C. C. C. C. 

polypiers 

On retire des couches de Monségur de multiples échan- 
tillons de types très divers, mais aucune de ces pièces 
n'est déterminée. Il en est de même de nombreux Bryo- 
zoaires. Quant aux Nummulites que l'on rencontre, on 
doit, semble-t-il, les rattacher à N. intermedius et Vascus 
du bassin de l'Adour. 

CONCLUSIONS 

Arrivés au terme de cette étude sur la stratigraphie et 
la paléontologie de la région de Monségur, nous croyons 
que l'on peut en tirer les conclusions suivantes : 

1° Les couches stampiennes qui constituent l'anatomie 

essentielle de l'Entre-deux-Mers, représentées par les 

puissantes assises du Calcaire à Astéries, dans la presque 

totalité du pays, revêtent, au niveau du rivage oriental 

le la formation, l'aspect d'une mollasse marine. 

2° Cette mollasse sert de lien d'union entre le calcaire 
à Astéries et son équivalent latéral, la mollasse continen- 
tale et lacustre de l'Agenais. C'est une formation littorale 
lai quant la limite de la mer stampienne dans la région. 

3° On peut considérer trois zones distinctes clans la mol- 
lasse de Monségur, chacune d'elle se caractérisant par sa 
^aune. 

Ce sont : 



138 E. LEVRAT * 

1° Une zone inférieure à Ediinocyamus pirtformis et 
Pcctcn Billaudelli ; 

2° Une zone moyenne à Scutella striatula ; 

3° Une ione supérieure à Ostrea cyalhula. 

Une couche à Ampliiope Agassizi indépendante et su- 
périeure à la mollasse marine couronne les couches de la 
région. 

4° Scutella striatula (M. de Serres), l'une des espèces 
caractéristiques de l'oligocène girondin, est particulière- 
ment abondante dans la Fégion de Monségur.. C'est une 
espèce excessivement protéiforme, beaucoup plus que ne 
l'ont dit les auteurs. Ses variations morphologiques inté- 
ressent : 

a) Sa forme et ses dimensions, ce qui avait été déjà si- 
gnalé ; 

b) Sa face supérieure analogue au type Cotteau, ou ré- 
gulièrement et progressivement bombée ; 

c) Le bord et l'échancrure anale très polymorphes ; 

d) Enfin la grandeur, la forme et la position du péri- 
procte. 

5° Les dimensions de Scutella striatula sont surtout va- 
riables avec le gisement. A un lieu donné correspond un 
type moyen dont toutes les pièces se rapprochent. Ce 
type étant 1res différent pour deux points éloignés. 

6° Le périprocte présente des situations très diverses : 

a) Il peut être placé à 2 ou 3 millimètres loin du bord ; 

b) Il peut être juxta-marginal ; 

c) On peut le trouver dans une gouttière infra-margi- 
nale ; 

d) Il est parfois marginal à orifice regardant en bas ; 

e) Enfin il est marginal à direction horizontale. 

Les deux premiers types sont de beaucoup les plus fré- 
quents. 

7° Le second des grands Echinides de Monségur, Am- 
pliiope Agassizi (Des M.), est la première apparition des 



• ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 139 

Sculellides lunulées dans les terrains tertiaires. Elle est 
très rare et tout à fait spéciale à la portion orientale de 
PEntre-deux-Mers. On ne la trouve guère qu'aux environs 
de Monségur et son gisement le plus abondant est celui de 
Saint-Michel-la-Pujade. 

8° Sans être aussi polymorphe que Scutella striatula, 
cette espèce est néanmoins beaucoup moins stable que ne 
le prétendent les auteurs. 

9° En dehors des variations de la face supérieure et des 
lunules, la variabilité la plus grande est celle de la taille. 
Ici encore ces modifications sont en rapport étroit avec le 
gisement. Si bien qu'on pourrait établir une petite variété 
spéciale à l'Amphiope de Saint-Michel, celles de Viduc 
et de Monségur étant sensiblement plus grandes. 

Ces modifications de Scutella striatula et d'Amphiope 
Agassizi nous paraissent dues à leur développement dans 
des conditions diverses, qu'expliquent le polymorphisme 
du littoral. 

10° Très abondant dans les couches de Monségur, où 
il constitue, avec Pecten Billaudelli, la faune caractéris- 
tique de la zone moyenne, Echinocyamus pirtformis Ag. 
nous paraît constituer, avec E. affinis et E. angulosus, 
une seule et même espèce qui se serait perpétuée avec 
d'insignifiantes modifications des temps éocènes jusque 
dans les mers actuelles. 

U Echinocyamus pirilormis de Monségur constitue, en 
raison de l'exiguïté de sa taille, une variété du type bor- 
delais normal en Entre-deux-Mers et là encore nous vou- 
lons voir une influence du faciès littoral qui règne dans la 
région. 



1 40 E. LEVRAT 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 

Bénoist. — Actes de la Société Linnécnne de Bordeaux, 
t. V, 1881. 

Blayac (J.). — Contribution à la géologie de l'Entre-deux- 
Mers. Sur l'âge du Calcaire à Astéries et sur les dépôts 
aquitaniens des environs de Sauveterre-de-Guyenne 
(Bull, de la Carte géol. de France, t. XVI, 1906). 

Cotteau (G.). — Echinides éocènes. Paléontologie fran- 
çaise. Terrains tertiaires, t. II, 1891. 

Des Moi t lixs"(C1i.). — Excursion à Monségur (Actes de la 
Soc. Linn. de Bordeaux). 

Douvillé (H.). — Le terrain nummuli tique du bassin de 
l'Adour (Bull. Soc. géol. de France, 4 e série, t. V). 

Fallot (E.). — Contribution à l'étude de l'étage tongrien 
du département de la Gironde (Mém. de la Soc. des 
Sciences phys. et naturelles de Bordeaux, t. V, 4 e série, 
1894). 

Fallot (E.). — Notice relative à une carte géologique des 
environs de Bordeaux, 1895. 

Fallot (E.). — Sur l'extension de la mer aquitanienne 
dans l'Entre-deux-Mers (Bull. Soc. géol. de France, 
IV e série, t. I, 1901). 

Fallot (E.). — Observations sur quelques Scutellidoc des 
terrains tertiaires de la Gironde et du Sud-Ouest (Mém. 
Soc. se. ph. et nat. de Bordeaux, 6 e série, t. III, 1903). 

Frittel (IL). — Paléontologie de la France (Dcyrolles). 

Labrie (J.). — Les dépôts aquitaniens et les limites de la 
mer aquitanienne en Êntre-deux-Mers (Actes Soc. Linn. 
de Bordeaux, t. LIX, 1904). 



ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE DE MONSÉGUR 141 

Labrie (J.). — Les industries préhistoriques en Entre- 
cleux-Mers (Gironde) (Congrès d'archéologie du Sud- 
Ouest, Bordeaux, 1907). 

De Lapparent (H.). — Abrégé de géologie (édition 1907). 

Tournouër. — Recensement des Echinodermes du Cal- 
caire à Astéries (Act. Soc. Linn. de Bordeaux, t. XXVII, 
1870). 

'Tournouër. — Sur l'âge géologique de la mollasse de 
l'Agenais (Bull. Soc. géol. de France, 2 e sér., t. XXVII). 



142 ». RIBAUT 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 

Par H. Ribaut. 



J'ai eu l'occasion, au printemps dernier, d'effectuer 
deux journées de chasse (16 et 17 avril) dans les forêts 
voisines de Cayroulet et d'Hautaniboul, situées dans la 
partie nord-ouest de la Montagne Noire. Il est évident 
qu'un si court espace de temps et une si faible étendue de 
terrain exploré ne peuvent donner qu'une idée très im- 
parfaite de la faune de ce massif montagneux. Aussi n'au- 
rais-je point songé à parler de cette récolte si les résultais 
qu'elle m'a fournis ne m'avaient pas paru présenter à cer- 
tains points de vue un intérêt suffisant pour les faire con- 
naître dès maintenant. Elle m'a, en effet, montré l'exis- 
tence de deux espèces nouvelles : l'une appartenant à un 
genre dont aucun représentant n'avait été encore signalé 
en France, le genre Leptophyllum ; l'autre, au genre Tri- 
choblaniulus, dont on ne connaissait jusqu'ici qu'une ou 
deux espèces (hirsulus Brol. et hirsutus cavernicola Brol.). 
Mais ce n'est pas en cela seulement que réside tout l'intérêt 
de ma chasse : à l'encontre de ce que l'on aurait pu atten- 
dre par suite de la situation de ce massif montagneux, par 
suite aussi de ce que l'on sait sur sa faune entomologique, 
elle a révélé un caractère très nettement pyrénéen de la 
faune myriopodologique. 

Voici la liste des espèces que j'ai rencontrées. Un asté- 
risque désigne celles que je considère comme caractéris- 
tiques de la faune pyrénéenne : 

Lithobius {or{icatus (L.). 
— aulacopus Latz. 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 143 

— melanops Newp. 
— ■ piceus L. K. 

— tricuspis Mein. 

— calcaraius C. K. 
Cryptops hortensis pauciporus Brol. 
Haplophilus subterraneus (Leach.). 

* Geophilus pyrenaicus Chai. 

_ Gavoyi-Chsl. (1). 
— longicornis Leach. 

* Brachy geophilus truncorum Ribauti Brol. 
Chœtechelyne vesuviana (Newp.). 
Scolioplanes crassipes (C. K.). 

* Glomeris pyrenaica Latz. 

— marginata Vill. 

— connexa perplexa Latz. 
Glomeridella Kervillei (Latz.). 
Gervaisia sp. ? (jeune). 

* Marquetia pyrenaicum Rib. ? 
Polydesmus complanatus (L.). 

inconstans Latz. 
Trichoblaniulus gracilis n. sp. 

* Cylindroiulus londinensis $initimus Rib. 

— pyrenaicus Brol. 

* Leucoiulus spinosus Rib. 
Iulus belgicus Latz. 
Leptophyllum armatum n. sp. 
Schizophyllum sabulosum (L.) 
Polyzonium germanicum Br. 

Lithobius (orlicatus paraît être très commun dans ces 
"égions, tandis que je la considère comme rare dans les 
*yrénées centrales. D'autre part, il est intéressant de re- 

Larquer que je n'ai pas rencontré de Lithobies du groupe 



(i) Ce géophile voisin de G. insculptus Att. sera très prochainement 
:rit par mon collègue J. Chalande. 



144 H. RIBAUT 

pilicornis, alors que L. pilicornis Dorix Poe. (= L. medi- 
terraneu's Chai.) est excessivement commua dans les Py- 
rénées. 

L'espèce que j'ai rapportée avec doute à Marquetla 
pyrenaicum n'est représentée, dans ma récolte, que par 
une femelle adulte. Néanmoins ses caractères externes et 
la physionomie de la faune me font penser qu'il s'agit 
bien de cette espèce. 

Cylindroiulus pyrenaicus, qui est absolument identique 
à celui qui vit dans les Pyrénées, est assez abondant. C'est 
là un fait assez curieux, car cette espèce, que l'on ren- 
contre fréquemment dans les Basses-Pyrénées et dans les 
Hautes-Pyrénées, paraît extrêmement rare dans les Pyré- 
nées de la Haute-Garonne, où se trouverait, sans doute, 
la limite orientale de son aire de dispersion dans la chaîne. 
Je n'ai pu en trouver qu'un seul exemplaire dans les ré- 
gions montagneuses voisines de Saint-Béat, pendant près 
de dix années de chasse. 

Les 29 espèces composant cette récolte peuvent se grou- 
per ainsi : 

2 espèces nouvelles, peut-être spéciales à la Montagne 
Noire ; 

8 espèces pyrénéennes ; 

19 espèces à aire de dispersion très étendue. 



Leptophyllum armatum n. sp. 

Coloration et sculpture comme chez L. nanum Latz. 

Taille très variable allant, pour les mâles adultes, de 
9 mm . r5 à 19 m m . lmm< Femelles un peu plus robustes. 
Nombre des segments également très variable allant, pour 
les adultes des deux sexes, de 46 à 70. (Exceptionnellement 
un mule adulte de 44 segm.) Le nombre des segments apo- 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 145 

des dépend du nombre total, comme l'indique le tableau 



suivant 



Nombr 


e total 


de segments. 


34 




40 




44- 


46 


47- 


49 


50- 


55 


56- 


70 



Nombre de segments 
apodes. 

8 



• 



Pores répugnatoires situés dans le métazonite, contre la 
suture. Pas de fossettes pilifères frontales. Une quinzaine 
d'ocelles presque indistinctes dans une zone très fortement 
pigmentée, un peu plus distinctes chez les jeunes. Pointe 
du segment préanal robuste, beaucoup plus longue que 
chez L. nanum, nettement incurvée vers le bas. Ecaille 
sons-anale allongée, aiguë, se détachant des valves anales 
sur la moitié de sa longueur. 

Mâle. — Pattes 2 à 7 avec un coussinet sur les trois 
avant-derniers articles (fémur, postfémur et tibia), celui 
du fémur moins développé que les autres. 

Gnajthochilarium avec deux poils de chaque côté au ni- 
veau de la courbure. Joues, vues de profil, presque qpa 
drangulaires, à angle antéro-inférieur bien marqué, quoi- 
que fortement émoussé. 

Première paire de pattes transformée en crochets à 
courbure anguleuse. 

Deuxième paire de pattes à hanches simples. 

Gonopodes antérieurs élancés, terminés en pointe 
mousse ; le tiers distal de leur face postérieure porte un 
fort épaississement auquel succède brusquement une ex- 
cavation. 

Gonopodes postérieurs : Mésomérite fourchu. L'entaille 
qui sépare les deux bras de la fourche est large et arrondie 
à la base; elle occupe seulement le quart distal. Le bras 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXIX) 10 



146 II. RIBAUT 

externe esl incurvé vers l'intérieur, arrondi à l'extrémité 
el n'atteint pas l'épaississemenl distal «lu gonopode anté- 
rieur. Le bras interne est plus large el plus long que 
l'externe : il empiète sur l'épaississemenl du gonopode an- 
térieur; sou extrémité esl largement arrondie. Eucoxite 
trapu, à peu près de la longueur du mésomérite, c'est-à- 
dire n'ayanl que les deux tiers de la longueur du gono- 
pode antérieur. Il présente trois saillies à l'extrémité. Une 
antérieure allongée et poilue à l'extrémité ; une autre tout 
à l'ail distale, glabre, en général presque aussi développée 
que la première : une troisième postérieure très basse et 
très mousse, formant un godet peu profond el embrassant 
une petite partie de la base de la pointe distale. Le déve- 
loppement des prolongements distal el postérieur est un 
peu variable suivant les individus. Fréquemment à la base 
du prolongement antérieur, le bord présente une ou doux 
denticulalions. Entre la pointe antérieure el la pointe dis- 
tale aboulii la rainure séminale. Elle esl large el se ter- 
mine vers la base, à mi bailleur de l'eucoxite, derrière un 
lambeau triangulaire, à pointe arrondie, qui l'ail saillie sur 
la face interne de l'organe. Le paracoxite esl très forte- 
ment développé du côté externe. Le prolongement de cou- 
leur jaune du bord postérieur que l'on rencontre chez 
/>. tatranufn Verh. el L. karawankianum Verh., n'existe 
pas ici. 

Cette espèce se trouve sous les feuilles mortes, associée 
à Leucolulus spinosus Rib., auquel elle ressemble éton- 
namment par les caractères externes et, en particulier, 
par le développement de la pointe du segment préanal el 
de l'écaillé sous-anale. Cependant l'examen à la loupe du 
bord postérieur <\<>± segments permet d'opérer facilement 
<'i rapidement le triage de ces deux espèces. Chez /.. spi- 
nosus les strioles du bord postérieur sont espacées cl pro 
fondes, occasionnant sur ce bord une dentelure vigou 
reuse, tandis <pie elie/ /.. arma lu m les strioles sont ser 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 



147 



rées et légères et le bord ne paraît pas dentelé à un faible 
grossissement, 
Pnr la bifurcation de l'extrémité du mésomérite, L. ar- 







PLANCHE I. 

Leplophyllum armatum* — Fig. 1. Gonopodes, profil interne. — Fig. 2. Extrémités des 
gonopodes antérieurs et des mésomérites (face postérieure). — Fig. 3. Serment préanal. 
Trichoblaniulus gracilis. — Fig. 4. Profil de la tète cf. — Fig. 5. Profil de la tête Ç. 



matum se place à côté de L. tatranum Verh., L. karawan- 
kianum Verh., L. nanum (Latz.) et L. austriacum Verh. 
Mais.il diffère très nettement de ces espèces par la forme 
de l'eucoxite, de l'extrémité du mésomérite et par le dé- 
veloppement inaccoutumé de l'écaillé sous-anale. 



148 II. RIRATIT 



Trichoblaniulus gracilis ïi. sp. 

Dimensions maxima observées : longueur, 28 millimè- 
tres : largeur, millim. 9. — 75 à 86 segments. 

Corps grêle, d'un jaune très pâle à l'étal vivant, sans 
taches sur les côtés. 

Tèle très finement chagrinée mais brillante, poilue en 
avani dos antennes, glabre en arrière. Sutures crâniennes 
transversales bien marquées. Sillon occipital nul. Anten- 
nes grêles, à derniers articles el bâtonnets beaucoup plus 
allongés que chez T. hirmtus. Longueur relative des arti- 
cles et des bâtonnets : 1 er , 6 ; 2 e , 14 ; 3 e , 14 ; I e . 12 ; 5 e , 18 ; 
<ï\ 10; 7 e , G; bat., 3*. Largeur du 5 e article, 9. Pas 
d'ocelles. 

Premier tergite poilu sur toute sa surface. Les bords 
postérieur et antérieur se rejoignent sur les côtés par 
l'intermédiaire d'une demi-circonférence à court rayon. 
Bord antérieur légèrement sinué avant l'angle latéral. 
Dans l'angle, quatre stries carénées longitudinales. 

Les autres lorgilos sont densément couverts, sur les 
deux cinquièmes postérieurs, de poils assez longs vague- 
ment disposés sur quatre ou cinq rangées. A celle zone 
pilifère l'ail suite, vers l'avant, un large sillon transverse, 
peu profond, occupant également sut- le dos les deux cin- 
quièmes de la longueur du tergite, mais se rétrécissant 
sur 1rs côtés. La partie de la surface correspondant à la 
zone pilifère et au sillon transversë, est lisse et brillante. 
En avant se trouve une zone maie, légèrement granu- 
leuse, occupant le cinquième de la longueur du tergite 
sur le dos et la moitié sur le ventre, séparée du sillon par 
une fine crête festonnée à l'arrière. Sur la partie médiane 
du dos. la crête festonnée s'incurve brusquement vers l'ar- 
rière, 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 149 

Mâle. — Joues presque planes, anguleuses en avant. 
Première pâlie, 4-articulée. Article terminal beaucoup 




PLANCHE II. 



Trichoblaniulus gracilis. — Fig. 1. Un somite vu de profil. — FiG. 2. Partie médiane 
d'un somite. — Fig. 3. Gonopode postérieur gauche (face antero-externe). — Fig. 4. 
Gonopode postérieur droit (face antérieure). L'extrémité du flagellum est restée engagée 
dans la patte. — Fig. 5. Première paire de pattes du mâle. 

plus grêle que les autres, dépourvu d'ongle et terminé 
par un long poil. Le prolongement de l'avanl-dernicr ar- 
ticle est incurvé, dirigé vers l'extrémité et dépasse de 
beaucoup le dernier article. Sa l'orme et sa direction don 



150 II. HIBAUT 

nenl à la patte un aspecl général 1res voisin tic celui que 
présente celle même patte chez les lulides. 




3 4 

PLANCHE III. 

Trichoblaniulus graciUs. — FlG. 1. Gonopodes antérieurs (face antérieure). — PlO. 2 
Gonopodes antérieurs (face postérieure). — FlG. 3. Extrémité du fémorite yauclie (profil 
antérieur), - Fie. 4. Extrémité du fémorite droit (profil antéro-inteme). 



Gonopodes antérieurs: Hanches non soudées entra 
elles sur la majeure partie de leur longueur, glabres, 



MYRIOPODES DE LA MONTAGNE NOIRE 151 

comprimées latéralement , à peine incurvées vers l'avant, 
à bords latéraux parallèles sur les deux tiers de la lon- 
gueur, se dilatant brusquement au niveau du tiers basai, 
comme dans le genre Blaniulus. Fémorites fortement dé- 
veloppés, deux fois plus larges que les hanches, ayant les 
trois quarts de la longueur de celles-ci. Leur face interne 
est excavée. L'extrémité est garnie, du côté interne, d'une 
dizaine de pointes courtes et peu aiguës. Un flagellum. 

Gonopodes postérieurs très élancés. L'extrémité de l'eu- 
coxite est garni de 8 à 9 pointes courtes très transparentes. 
Le mésomérite atteint les quatre cinquièmes de la longueur 
totale du gonopode. Son extrémité est arrondie et porte 
5 à G lanières aiguës. Entre le mésomérite et l'eucoxite 
s'engage la pointe du flagellum. 

Tr. gracilis est, comme on le voit, très différent de Tr. 
hirsutus. Il s'en dislingue principalement par la forme des 
tergites, par le développement des joues chez le mâle, par 
la première patte qui est composée seulement de quatre 
articles, n'a pas d'ongle à son extrémité et dont le pro- 
longement de l'avant-dernier article affecte une forme et 
une direction différentes, par les hanches des gonopodes 
antérieurs qui sont élancées et parallèles, par l'extrémité 
des fémorites, des mésoinérites et des eucoxites. 

J'ai rencontré cette espèce profondément enfouie dans 
la terre, sous de grosses pierres, dans la forêt de Cay 
rouleL 



152 



A. DE MONTLEZUN 



NOTES 



Collections de trois Entomologistes de notre région 

MM. MAKQUET, D'aUBUYSSON, DELHERM DE LAHCENNE 

Par A. de MONTLEZUN 



Né à Béziers (Hérault), le 2 mars 1820, M. Charles 
Marquét mourut à Toulouse, le G mai 1900, à l'âge de 
80 ans. 

M. le D r Trulal ayani publié, après sa mort, une bio- 




Marquet (1820-1900). 



graphie détaillée de notre regretté collègue et ami, il me 
parait Inutile de revenir sur les nombreux services qu'il 
n'a cessé de rendre à l'entomologie. 



COLLECTIONS DE TROIS ENTOMOLOGISTES 153 

Le bul que je me propose esl de donner simplement une 
idée aussi exacte que possible de la richesse de ses col- 
lections et de faire apprécier l'effort constant qu'il a dû 
faire pour arriver à réunir d'aussi belles séries sans né- 
gliger les devoirs de son emploi dans l'administration du 
Canal du Midi. 

Ces belles collections, que le Musée d'Histoire naturelle 
de Toulouse aurait pu acheter à un prix peu élevé et qu'il 
a laissé échapper si maladroitement, ont été acquises par 
un de nos grands entomologistes français, M. René Ober- 
thur, de Rennes. 

Les collections d'insectes d'Europe et du bassin circa- 
niéditerranéen de Ch. Marquet se subdivisaient comme 
suit : 

Coléoptères . . . . '. 8.867 espèces. 

Diptères 500 espèces. 

Hémiptères 1.150 espèces. 

Hyménoptères 1.600 espèces. 

Orthoptères 240 espèces. 

Névroptères 170 espèces. 

formant un ensemble de 12.527 espèces, com- 

prenant chacune environ i sujets et formant un ensemble 
de 50.000 insectes, sans compter les doubles destinés aux 
échanges et les exotiques. 

En 1897. Ch. Marquet publia, dans le Bulletin de la 
Société d'Histoire naturelle de Toulouse, une deuxième 
édition de son catalogue des insectes du Languedoc. Quoi- 
que comprises dans les 8.867 espèces qui forment l'en- 
semble total de la collection de coléoptères, il ne me pa- 
raît pas inutile de donner le résumé succinct de celles qui 
figurent dans le catalogue des insectes du Languedoc, 
qui avaient de tout temps particulièrement intéressé notre 
regretté collègue. 



154 A. DE MONTLEZUN 

( v catalogue comprend : 

( 'la\ igeridae I 

( ïicindelidae S 

Carabidae 344 

Dytiscidae 76 

< 1\ rinidae 5 

I [ydrophilidae 68 

I îeoryssidae 4 

Parnidae 25 

Heteroceridae I J 

Staphylinidae 195 

Micropeplidae 3 

Pselaphidae 21 

Scydmaenidae 38 

Auisoloniidae 7 

iïucinetidae 2 

Clambidae 6 

Coryphidae 10 

Trichopterydae .... 5 

Scaphidiidae 2 

Phalacridae 11 

Erotylidae 8 

Kndomychidae 7 

Cryptophagidae .... :iî 

Latridiidaë 31 

Tritomidae 6 

Nitidulidae en 

Trogositidae \ 

I îolydiidae 18 

Cucujidac 25 

Trixagidac 1 

Dermestidae 25 

Cistelidae lu 

Thorictidae 1 



Histeridae 48 

Platyceridae 4 

Scarabaeidae 131 

Buprestidae 75 

Elateridae 59 

( !ebrionidae 2 

I lascillidae 11 

( anthariTlac 78 

Clerîdae ' 14 

Bruchidae 9 

Byrrhidae 16 

Lyctidae 3 

Bostrichidae 6 

< îiidae 16 

Tenebrionidae 47 

Alleculidae 8 

Lagridae 3 

Melandridae 4 

Moidellidac 18 

Ripiphoridae 5 

Meloidae 21 

Anthicidae 34 

Oedemeridae 10 

Pythidae 2 

Cureulionidae 4ôâ 

Nemonychidae 1 

Ànthribidae 6 

MJrlabridae 26 

Scolylidac 29 

( Jerambycidae 114 

Chrysomelidae 268 

Coccincllidao 51 



COLLECTIONS DE TROIS ENTOMOLOGISTES 155 

Jean-Auguste d'Aubuysson naquit à Cauderan (Gironde), 
le 13 août 1823. Il mourut à Cahors, le 21 janvier 1901, 
dans sa 78 e année. 

Habitué, dans son jeune âge, à suivre son père, qui 
réunissait, à cette époque, les éléments d'une collection 
de lépidoptères qu'il se proposait d'offrir à M me la du- 




J.-A. d'Aubuysson (1823- 1901). 

cliesse de Berry, le jeune d'Aubuysson ne tarda pas à 
prendre goût à l'entomologie. Ce goût ne devait plus le 
quitte»*, mais il dut, pendant plusieurs années, renoncer 
à ses chasses et continuer ses éludes pour assurer son 
avenir. 

C'est seulement après son entrée dans l'administration 
des ponts et chaussées qu'il consacra ses moments de loi- 
sir à des recherches entomologiques qui firent de lui un 
lépidoplériste distingué et estimé de tous ses collègues. Il 
eut de nombreuses relations avec les entomologistes les 
plus en renom de l'époque. 

Travailleur infatigable, mettant à profit tous ses mo- 
ments de liberté pour pousser plus avant ses observations 



156 A. ÙE MONTLEZUN 

el ses recherches, nous l'avons vu passer nue partie de ses 
nuits à ramasser les plantes destinées à nourrir les nom- 
breuses chenilles qu'il élevait dans ses boîtes d'éclosion. 
11 obtenait ainsi des papillons ex larva rie première fraî- 
cheur et parfois des raretés qu'il étalait sans la moindre 
trace d'avarie. 

L'esprit inventif de d'Aubuysson ne se contentait pas 
de préparer avec art nos beaux lépidoptères; sachant par 
expérience (jue les insectes destructeurs profitent de nos 
moindres négligences pour exercer des ravages dans les 
collections, il arriva, après bien des tâtonnements, à effec- 
tuer le transport, des écailles ou de la poussière colorante 
de l'aile des papillons sur papier bristol, les rendant ainsi 
inaltérables. 

Son procédé était des plus ingénieux. Il détachait les 
ailes des papillons à leur articulation avec le corps, les 
appliquait, avec une légère couche de gomme dissoute à 
l'eau, sur une feuille de papier, les disposait, suivant leur 
position normale et les maintenait ainsi sous pression jus- 
qu'à leur dessication complète. Cette opération terminée, 
il soulevait avec précaution l'aile du papillon el l'enlevait. 
Seules, les écailles ou la poussière colorante restaient 
adhérentes sur le papier. Il prenait ensuite une colle non 
soluble à l'eau, préparée à l'alcool el à la gomme laque 
blanche, il en passait une couche sur toute la partie colo- 
rante détachée des ailes et appliquait, en pressant, une 
feuil}e de bristol qu'il maintenait ainsi jusqu'à complète 
dessication. Il s'agissait ensuite d'enlever, à l'aide d'un 
pinceau doux et en la mouillant, la première feuille im- 
prégnée de gommé soluble et de laver avec soin toute la 
surface décollée pour enlever les derniers vestiges de 
gomme el de laisser sécher. 

Le travail de collage el de décollage une lois terminé; 
d'Aubuysson dessinait avec art le corps du papillon 
à sa place, entre les deux ailes, cl le coloriait avec une 



COLLECTIONS DE TROIS ENTOMOLOGISTES 157 

perfection telle que l'on croyait voir le papillon lui-même. 

Dans ses derniers temps, il perfectionna encore son in- 
vention et représenta le papillon voltigeant ou posé sur 
sa fleur de prédilection. 

Il publia, en 1868, un catalogue des lépidoptères de la 
Haute-Garonne comprenant 523 espèces, auxquelles il en 
ajouta 94 dans un supplément qu'il fît paraître en 1885. 
Voici comment se répartissent ces espèces, suivant les 
familles : 



Ropalocera. 

I Papilionides 4 

II Piérides 17 

III Lycaenides 30 

IV Erycinides 

V Danaides 

VI Nymphalides 25 

VII Libytheides 

VIII Apaturides 1 

IX Satyrides 30 

Involutae. 

X Hesperidae 15 

Heieroccra. 

XI Stygiariae 

XII Sesiariae 9 

XIII Sphingides 16 

XIV Zygaenides 22 

XV Lithosides 19 

XVI Chelonides 15 

XVII Liparides . . 9 

XVIII Bombycini 14 



158 ^. DF. MONTLEZUN 

Espèces contenues dans Espèces contenues 

son catalogue des le- dans le supplé- 

pidoptères delà Haute- ment ;i joindre au 

Garonne publié en catalogue de 1868 

1868. publié en 1885. 

XIX Saturnides 2 

XX Eadromides 1 

XX l Zenzérides 5 

\XU Psychides 2 

XXIII Cocliopodes 

XXIV Drepanulides 3 

XXV Notodontides 23 ., 1 

Noctuae. 

XXVI Noctuobombycini 4 

XXVII Bombycoides ... 12 . . 2 

XXVIII Amphipyrides G .. 2 

XXIX Noctuides 27 .. 5 

XXX Hadenides 43 .. 16 

XXXI Leucanides 10 

XXXII Caradrinides 5 .. 7 

XXXIII Orthosides 27 

XXXIV Xilinides 10 .. 2 

XXXV Calpides 1 

XXXVI Plusides 7 

XXXVII Heliotides 6 

XXX VIII Acontides 2 

XXXIX Catocalides 13 .. 1 

XL Noctuo'phalaenides 9 .. 1 

Geometrae 80 ..28 

523 + 94 = 617 

Depuis la publication de la deuxième partie de son ca- 
talogue, la collection de d'Aubuyssori s'étanl augmôn- 
lée de 32 espècps régionales, celle collection comptait, à 
sa rïiort, 649 espèces, comprenant 1.320 sujets, non com 
pris les doubles en réserve pour les échanges. 



COLLECTIONS DE TROIS ENTOMOLOGISTES 159 

Sa collection de lépidoptères exotiques était aussi très 
importante, elle comprenait 339 belles espèces et 663 su- 
jets. 

• • 

Evarisle Delherm de Larcenne naquit à Aire, dépar- 
tement des Landes, le 26 octobre 183 i. 




Delherm de Larcenne (i83A-i9o<>). 



Ordonné prêtre en 1858, professeur au collège de Gi- 
mont de 1858 à 1891, chanoine honoraire d'Auch, curé 
doyen en 1891, il mourut à Gimonl, le 21 février 1906, dans 
sa 72 e année. 

'Dans les diverses fonctions qui lui' furent confiées, 
Delherm de Larcenne se montra toujours l'homme du 
devoir et mérita cet éloge que jamais homme n'avait fait 
moins de bruit en faisant plus de bien. 

Entomologiste distingué, membre de plusieurs Sociétés 
savantes, il consacra ses loisirs à des -recherches qui lui 
permirent de réunir les éléments de la belle collection 
dont le tableau suivant peut donner une idée : 



.160 



A. I)F. MONTLEZUN 



( 'ataloguè des coléoptèi 
de Lar< i.wi: (dressé 
rice de* Gozis, dans 
France). 

Solicoles (15). 

( 'irindelidae 


es de 
snir 
son 

ië 

14 

71 
\6 

8 
16 
29 
15 

o 

1 
32 

2 

23 
1 

8 
92 

1 85 
11 

23 
88 

65 

(id 

1 

16 

1 1 


la collection de E. Del 
anl Vordre adopté par 
catalogue des coléoptèr 

l > id])ieoines (94). 

[iydrophilidae 

Spliacrididae 

Spercheidae 

Hôlophoridae ....... 

(layicornks (l re Par 

Omnivores (422). 

Heteroceridae 

Parnidae 


HERM 

Mau 
's de 

29 
22 

1 

42 

lie). 


Carnassiers (627). 

Elaphridae 

Carabidae 

Dryptidae 


( 'ymiiididae . . 






Brachinidae . . 






I h'omidac .... 




9 






12 


Lebidae 




m 


Plochioîiidae . 




Georyssidae 

Byrrhidae 

Dermesljdac 

Thorictidae 

Mycetophagidae .... 


Nomiidae 

Chlaenidae ... 
Slomidae 




• ) 

30 

41 

1 

10 
o 


Scarilidae .... 




\potomidae .. 




1 litomidae .... 




Triplacidae 

Oryplophagidae .... 

Murmidiidae 

Mveelaeidac 

Telmatophilidae 

Lathrididae 

Monotomidae 

( ucu jidac 




liarpalidae . . . 
Feronidae .... 
Pogonidae . . . •. 





56 

1 


Trcchidae .... 




/ 


Bembididae ... 
Aquicoles 


(159). 


51 

10 


Dyliscidae .... 
1 1 \ (1 roi >oridac • 


Rhysodidae 

( 'olydidae 


25 


1 *clobidae .... 




Peltidae 

Rhizophagidae 

Nitidulidae 


9 


1 [aliplidae .... 




8 


( i\ rinidae .... 




87 



COLLECTIONS DE TROIS ENTOMOLOGISTES 



Bréuipenncs (864). 

Micropeplidae 4 

Picsticlae 3 

Phloescharidae 4 

Proteinîdae 10 

Omalidae 82 

Coprophilidae 9 

Oxytelidae 77 

Oxyporidae 2 

Slenidae 85 

Pcderidae 70 

Xantholinidae 19 

Staphylinidae 149 

Tachyporidae 64 

Aleocharidae 134 

Insertae seclis 152 

Appendicipalpes (82). 

Pselaphidae 78 



Clavigeridae 

Laticornes (1). 
Paussidae 



1 



Longipalpes (37). 
Scydmaenidae 37 

Clavicornes (2 e part») (24G) 

Scaphididae . i 5 

I rîydroscaphidae .... » 

Trichopterygidae ... 20 

Phalacridae 19 

Corylophidae 12 

Sphaeridae 1 

Clamidae , 5 

Agathididae 15 

Soc. n'msr. naturklle de Toulouse (t. 



Anisotomidae 
Leptoderidae 



Silphidae 
Histeridae 



16 
1 

74 

78 



Lamellicornes (195). 

Scarabaeidae 29 

Aphodidae 07 

Geotrupidae 12 

Trogidae 4 

Hybalidae 2 

Oryctidâe 

Calicnemidae 2 

Anthypnidae 1 

Melolonthidae 28 

Anomalidae 16 

Hopliidae 6 

Celonidae ..... 22 

Pectinicornes (7). 

Lucanidâe 7 

Serricornes (233). 

Buprestidae 99 

Troscidae ï 

Eucnemidae 6 

Elaterides 123 

Mollipennes (178). 

' Cebrionidae 2 

Cyphonidae 18 

Drilidae 2 

Omalasidae 4 

Lampyridae 11 

Tclephoridae 42 

XLII). 11 



1(»2 

Vîalthinidae 
Malachidae 
Dasvtidae . 



A. DE MONTLEZUN 

13 Pythidae .. 
47 Agnathidae 
39 Salpingidae 



Terediles (210). 

Limexylonidae 

Cleridae 

Ptinidae 

Vnobidae 

Sphingidae 

I îisidae 

Lyctidae 

Bostrichidàe 

Diversitarses (310). 

Pimelidae 

Opatridae 

Diaperidae 

Tenebrionidae 

Holopidae 

Cistelidae 

Melandridae 

Rhipiphoridae 

Mordellidae 

Scraptidae 

Xylophilidae 

Anthicidae 

Meloeidae 

Mylabridae 

< 'antharidae 

Zonitidae 

I'\ rochroidae 

Lagriïdae 

( >edemeridae 

Mycteridae 



2 
24 
71 
45 
2G 
24 

3 



28 
17 
30 

7 

18 
25 
19 

5 
34 

3 

7 
30 
13 

g 

3 
S 
3 
3 
29 



Seminivores (66). 

Bruchidae 50 

Anthribidae 10 



Rostrlières (813). 

Brachyderidae • 

Scytropidae 

Phyllobidae 

Otiorhynchidae .... 

Tropiphoridae 

Brachyceridae 

Minyopidae 

Styphlidae 

Molytidae 

Myorhinidae 

Hyperidae 

Clconiclae 

Lixidae 

Hylobidae 

Magdalinidae 

Erirhinidae 

( ioniclac 

I rymnetridae 

Apionidae 

Attelabidae 

Rhinomaceridae .... 

Anthonomidae 

Balaninidae 

I îeutorhynchidae . . . 

Ramphidae 

( Joryssomeridae .... 



96 

1 

14 

89 

G 
5 

e 

13 
o 

20 
21 
38 
11 

11 



22 

84 

4 

28 

15 

14 

103 

2 

1 



COLLECTIONS 

Orchestidae 

Cryptorhynchidae .. 

Baiïdidae 

Calandridae 

Cossonidae 

Lignivores (79). 

Hylesinidae 

Scolytidae 

ïomicidae 

Platypidae 

Longicornes (188) 

Prionidae 

Cerambicidae 

Callididae 

Clytidae 

Necydelidae 

Lamidae 

Sapcrdidae 



DE TROIS ENTOMOLOGISTES 163 

23 Stenoeoridae 9 

16 Lepturidae 41 

17 

7 Herbivores (490). 

25 Donacidae 24 

Orsodacnidae 2 

Crioceridae 14 

9I Clytridae 36 

-,•. , Cryptocephalidae .. 80 

,o Eumolpidae 13 

^ Chrysomelidae 101 

(Jalerucidae 195 

Hispidae 2 

Cassididae 23 

6 

■W Secàripalpes (69). 

26 

Loccmelhdae 69 

16 

16 

39 Sulcicolles (6). 

32 Ëndomychidae G 

Total de la collection 5.291 esp. 



Kil M. MENGAUD 



SUR 

L'EXTENSION DU POUDINGUE DE PALASSOU 

dans la partie occidentale du département du Tarn 

Par, M. MENGAUD, 

Professeur de sciences naturelles au Lycée de Toulouse. 



Ayant recueilli un galet de calcaire à Alvéolines dans un 
banc de poudingue désagrégé intercalé dans les mollasses 
oligocènes, j'ai exploré avec un peu de soin la vallée inté- 
rieure du Dadou, autrement dit la plus grande partie de la 
région comprise dans L'extrémité . de l'angle formé par les 
vallées du Tarn et de L'Agout. Mes courses ont été faites sur- 
tout dans le territoire des communes de Saint-Gauzens, Parisot, 
Ambres et Giroussens (Tarn. Feuilles de l'état-major de Mon- 
lauhan, n° 218, et de Toulouse, n° 230). 

D'une manière générale, le sol de celte petite contrée est 
constitué par des bancs de mollasses grises alternant avec des 
couches de marnes grisâtres le plus souvent, mais parfois 
jaunes ou flambées de rouge. Les mollasses sont constituées 
par un sable plus ou moins fin avec paillettes de mica quel- 
quefois, aggloméré par un ciment calcaire. 

Certains bancs sont assez durs pour qu'on en tire des moel- 
lons de qualité médiocre, d'autres se désagrègent facilement 
cl donnent une terre végétale blanchâtre assez pauvre (terro 
bhnic des gens du pays) à cause de l'entraînement du calcaire 
par les eaux superficielles. Tout cela est bien visible dans les 
rives abruptes de l'Agout ou de son affluent le Dadou. Ces 
rivières, surcreusant leurs vallées, se sont taillé des canyon 



LE POUDINGUE DE PALASSOU 165 

miniatures dans l'Oligocène qui sert de substratum à leur 
terrasse la plus récente (130 mètres d'altitude à Briatexte) et 
fournissent ainsi des coupes naturelles. Dans l'ensemble, on 
a un faciès détritique d'eau douce, lagunaire ou lacustre, à 
faune pauvre (1). Les marnes et les mollasses sont formées 
d'éléments fins. Parfois cependant on voit de petits lits de 
graviers siliceux plus grossiers et des fragments anguleux 
de marnes emballés dans la masse, surtout à la base des 
couches de mollasse recouvrant directement un banc marneux. 

Le fait le plus remarquable que je dois signaler est l'exis- 
tence de niveaux à éléments détritiques plus gros que j'ai 
trouvés à des altitudes variant entre 160 et 275 mètres (Buttes 
de Mont-Robert, Louslalou, Château de Vabre). 

On trouve là de véritables poudïngues à ciment calcaire, se 
désagrégeant facilement à l'air, et de composition mixte à la 
fois siliceuse et calcaires. Les éléments siliceux (quartz, ly- 
diennes, granités, etc.) proviennent sans doute du versant 
ouest de la Montagne-Noire où les roches de même nature 
sont abondantes. Les éléments calcaires, plus intéressants, ne 
peuvent guère avoir d'autre provenance que le versant sud de 
la Montagne-Noire ou les Pyrénées, à moins que le Castrais 
n'ait eu, en particulier, des lambeaux de Nummulitique au- 
jourd'hui totalement détruits. Cette dernière opinion serait 
purement hypothétique, car on ne trouve pas de trace de 
Secondaire ou de Tertiaire marins sur le versant occidental 
de la Montagne-Noire. La grosseur des fragments calcaires 
varie de la taille du poing à celle d'une dragée. Ils présen- 
tent le caractère remarquable d'être impressionnés, c'est-à-dire 
de porter, gravée en creux, l'empreinte des galets voisins et 



(i) Noulet a décrit et figuré un fragment de mâchoire de Paloplo- 
Iherinm anneclens Owen, trouvé dans une marnicre à la Viroulié 
sur la rive droite du Dadou à a kil. environ en amont de Briatexte. Voir : 
Fossiles de la molasse et du calcaire d'eau douce de Briatexte (Tarn) 
dans Mcm. Acad. des Se. de Toulouse, pp. f i0ô-'il0, 1 pi. 5 e série, 
t. IV, 1860. 



I 



166 M MENGAUD 

des petits grains siliceux mêlés au cimenl qui les unit. Or, 
des poudingues très analogues, à éléments seulement plus 
gros, ont été observés et signalés sur la feuille de l'état-major 
de Castres, aux environs de Puylaurens, de Saint-Paul-Cap- 
de-Joux el Moulayrés en particulier par Caraven-Cachin (1), 
puis M. Vasseur (2). 

J'ai pu constater <!<• visu qu'il y avait une ressemblance très 
étroite entre les poudingues officiellement reconnus comme se 
rattachant au poudingue de Palassou et ceux dont je signale 
iei l'existence. Ces derniers doivent représenter des apophyses 
nord-occidentales de la formation de Puylaurens dont ils s'éloi- 
gnent de 20 à 30 kilomètres. L'identité de composition, d'aspect 
et la réduction de taille des éléments me semblent plaider en 
faveur de cette manière de voir. 



(i) A. Caravrn-Cachin : Le Poudingue de Palassou sur le versant 
S.-O. du Plateau Central. Ass. fr. pour av. des Se, Congrès de Paris i88g, 
pp. 476-486 et Description géographique et géologique, etc., des dé- 
partements du Tarn et Tarn-et-Garonne. — Paris, Vlasson, et Tou- 
louse, Ed. Privât, 1898, pp. 2cj4-3o/ï. 

(2) Vasseur : Bull, de la carte géol. de Fr., 1893-9/1, bull. n" 37 et 
Carte géol. de Fr au sToFiT' f lle de Castres (n° 23i). 



TREMBLEMENT DE TERRE A LUZENAC 167 

TREMBLEMENT DE TERRE 

observé à Luzenac (Ariège), le 24 mai 1909 

Par M. MENGAUD , 

Professeur de sciences naturelles au Lycée de Toulouse. 



Un tremblement de terre correspondant à peu près an de- 
gré 3 de l'échelle de Rossi-Forel (d'après M. Mengel, direc- 
teur de l'Observatoire météorologique et magnétique de Per- 
pignan) à été observé à Luzenac (Ariège), par MM. Goubeau 
et Zwilling, dans la soirée du 24 mai 1909. 

M. l'ingénieur Zwilling a bien voulu me confirmer son 
observation et me donner des détails circonstanciés dans une 
lettre qu'il m'a écrite à la date du 11 juin dernier. Je lui 
adresse tous mes remerciements pour son obligeance et je 
vais résumer ici l'ensemble des faits qu'il a constatés. 

La secousse sismique a été ressentie vers 9 h. 55 du soir 
et s'est traduite d'abord par un sifflement comparable à un 
fort coup de vent accompagné ensuite de trépidations analo- 
gues à celles que produit le passage d'un train lourdement 
chargé et marchant à une grande vitesse. L'observateur, qui 
lisait au rez-de-chaussée de son habitation, a perçu ensuite 
un léger craquement, comme celui d'un meuble, puis le bruit 
a rapidement décru. 

Le phénomène s'est fait sentir pendant une vingtaine de 
secondes environ et son intensité maximum n'a pas excédé 
une demi-seconde. 

La direction de l'onde sismique a paru être Sud-Est-Nord- 
Ouest à M. Zwilling. Elle semblait descendre la vallée de 
l' Ariège ainsi orientée à Luzenac. 



168 M. Ml-.NC.MI) 

Ce tremblement de terre doit être d'ordre tectonique et tout 
à fait local. MM. Zwilling et Goubeau ont fait remarquer, 
avec raison, qu'il coïncide en direction avec la ligne de con- 
tact anormal jalonnée par les pointements ophiliques de Bes- 
tiac-Vernaux-Lordat. J'ajoute qu'il suit également le sens du 
grand chevauchement sud du massif du Saint-Barthélémy, 
dont les gneiss reposent directement sur des calcaires secon- 
daires (vallée d'Axiat-Appi-Cazenavc). 

En revanche, une nouvelle lettre du 18 juin dernier m'ap- 
prend que le sisme important du 11 juin, qui a' produit aux 
environs d'Aix-en-Provenoe les désastres que l'on sait, n'a 
pas été ressenti à Luzenac du moins par les observateurs pré- 
cédents. 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8, h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 mp mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 

MM. les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile» 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

D r E. Levrat. — Contribution à l'étude stratigraphique 
et paléontologique de la région de Monségur en Entre- 
deux-Mers (Gironde) 97 

H. Ribaut. — Myriopodes de la Montagne Noire 142 

A. de Montlezun. — Notes sur les collections de trois 
entomologistes de notre région : MM. Marquet, d'Au- 
buysson, Delherm de Larcenne 152 

M. Mengaud. — Sur l'extension du poudingue dePalas- 
sou dans la partie occidentale du département! du 
Tarn 164 

— Tremblement de terre observé à Lmenac (Ariège), 
le 24 mai 1909, 167 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-DEUX. — 1909 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 4. 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK R0MIGU1ÈHES 2. 

4909 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Extrait du règlement de la Soclélé d'Histoire Naturelle de Toulous* 

Art. 1 er . La Société a pour but «le Tonner des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la llore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections» & Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La-Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An 31. Le'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président, est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immé tialement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrenlle premier menredi après le 15 novembre, etont lieu tous les U r et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3* mercredi dejuiliet inclusivement. 

in. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujour» la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, d<s réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

An. i8. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser tn* 
Arhaniillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. Eu cm de dissolution, les diverses propriétés d» la «'lH*, *er»#a 
'irnui dm droit à ,« ville de To«îom«. 



l'appareil respiratoire de l'éléphant 169 
NOUVELLES OBSERVATIONS 

SUR 

L'appareil respiratoire de TEléphant 

Par MM. 

L. Jammes, S. Durand, 

Professeur-Adjoint Préparateur 

à la Faculté des Sciences, Université de Toulouse. 



La mort récente, au Cirque Pinder, d'une jeune éléphante 
Topsy, camarade de l'éléphant Punch mis à mort il y a deux 
ans, vient de nous fournir une occasion nouvelle d'étendre nos 
recherches sur la structure des Proboscidiens. 

L'autopsie de l'éléphant Punch, pratiquée au mois de Dé- 
cembre 1907 (1), avait permis d'observer la soudure étroite 
des poumons à la paroi thoracique, par l'intermédiaire d'un 
tissu résistant de nature conjonctive. Mais l'état de putréfac- 

Ition dans lequel était le sujet avait empêché d'examiner avec 
toute la précision désirable, les dispositions intimes du tissu 
développé dans l'espace pleural. 
Nous avions appris, à cette occasion, par M. Cazottes, vétéri- 
naire attaché au Cirque, qu'un autre Eléphant dont la dé- 
pouille orne le Musée zoologique de la ville de Montauban, 
avait offert la même particularité. 

Transportée sans retard dans le service d'anatomie de l'Ecole 
vétérinaire de Toulouse, la dépouille de Topsy a pu, grâce à la 
collaboration de MM. Montané et Sendrail professeurs, de 



(1) L. Jammes et S. Durand. Sur les modifications des cavités sé- 
reuses chez quelques Mam m ifères (Eléphant d'Asie et Dauphin com- 
mun). Bull. Soc. Hist. Nat. Toulouse, 191)3. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLII). 12 



170 L. JAMMES ET S. DURAND 

M. Bourdelle, Chef des travaux d'Anatomie, être étudiée avec 
le plus grand soin. 

Topsy était une femelle de neuf ans, morte d'une poussée de 
néphrite consécutive à une affection des voies génito-urinaires, 
très fréquente, parait-il, chez les sujets en captivité. 

L'ouverture de la cage thoracique a permis de constater l'exis- 
tence d'un tissu comblant de même nature que celui que nous 
avions déjà observé. Ce tissu, d'un blanc laiteux, souple au 
toucher, est très résistant. Il cale les poumons de toutes parts, 
leur adhère fortement, ainsi qu'à la paroi thoracique, et ce n'est 
qu'en tranchant dans sa masse, que l'extraction des poumons 
peut être faite. Il mesure de trois à cinq centimètres d'épaisseur 
au contact de la paroi thoracique, est plus mince du côté du 
diaphragme et forme une couche de dix centimètres environ, 
au niveau de l'insertion de ce muscle sur la paroi du corps. 

Pendant la décortication, plusieurs poches dans lesquelles 
pouvaient s'engager les doigts ont été rencontrées. Leur répar- 
tition irrégulière et leur situation au centre du tissu engagent 
à les considérer comme des vestiges de la cavité pleurale primi- 
tive. Il n'a pas été possible de reconnaître à l'œil nu la trace 
des plèvres. La masse comblante est seulement plus dense aux 
surfaces d'union avec la paroi costale, le diaphragme et les pou- 
mons. 

L'examen microscopique montre presque exclusivement des 
fibres élastiques anastomosées, auxquelles se mêlent quelques 
fibrilles conjonctives. Tout élément cellulaire paraît faire dé- 
faut. Il n'existe aucun indice d'élément pathologique. 

Jusqu'ici, la discussion relative aux causes de l'adhérence pul- 
monaire observée chez les Eléphants, n'a porté que sur l'ori- 
gine pathologique ou normale du tissu de comblement. 

Dans notre précédente communication (1), nous avons émis 
l'opinion que certains états exceptionnels offerts par les cavités 
séreuses pouvaient relever de conditions mécaniques particu- 

(I) loc. cit. 



l'appareil respiratoire de l'éléphant 171 
lières. Un travail de contrôle fait depuis, par l'un de nous (1) 
a confirmé cette hypothèse. Il paraît établi qu'en dehors des 
causes pathologiques, l'indépendance ou la soudure des feuillets 




Préparation du tissu occupant la cavité pleurale de l'Eléphant. 

Ce tissu a été traité par l'alcool au tiers et coloré au picro-carmin. La 
presque totalité de la préparation est composée de fibres élastiques. 
On voit ces dernières anastomosées entre elles et inégalement dissociées. 



tapissant les cavités closes du corps est en rapport, le plus sou- 
vent, avec la mobilité variable des parois. Ainsi s'expliquent, en 
effet, non seulement l'adhérence totale des poumons chez l'Elé- 
phant, mais encore la fixation dorsale de ces mêmes organes 
chez les Tortues et les Oiseaux, le creusement d'un espace de 
glissement autour du péritoine chez le Dauphin, etc. 

(1) S. Durand. Rapports de la plèvre avec la cage Ihoracique chez 
les Vertébrés aériens. Bull. Soc. Hist. Nat., Toulouse, 1909. 



172 L. JAMMES ET S. DURAND 

Pour comprendre le cas des Proboscidiens, il faut remarquer, 
tout d'abord, que le squelette présente comparativement à l'en- 
semble du corps, un développement excessif. Les pièces dont il 
se compose ont, pour la plupart, un poids considérable. Et, si 
chez l'Eléphant tous les mouvements s'exécutaient comme dans 
la généralité des Mammifères, une masse musculaire énorme 
serait indispensable. Or, les muscles sont, en général, propor- 
tionnellement plus faibles que ceux de nos animaux domesti- 
ques, par exemple. 

Cette contradiction apparente trouve son explication dans les 
faits suivants : 

1° Diverses pièces squelettiques sont ou immobilisées ou 
placées dans un état d'équilibre tel qu'il suffit d'un effort 
relativement faible pour les mettre en action. 

Ainsi les. côtes', au nombre de vingt paires, sont à peu près 
immobiles. Un cartilage commun, épais et résistant les relie 
du côté distal. Les premières, très larges, sont parfois soudées 
par leurs bords extrêmes, ce qui écarte toute idée de déplace- 
ment. Du côté proximal, les surfaces articulaires, larges et peu 
profondes, paraissent de même impropres aux mouvements 
d'oscillation. On comprend qu'il en soit ainsi : l'Eléphant a be- 
soin d'une charpente osseuse des plus solides pour supporter 
d'une part, le poids de la peau qui dépasse parfois 500 kilo- 
grammes, d'autre part, le poids également élevé des viscères. 
Cet état s'accompagne d'une réduction très marquée des mus- 
cles intercostaux. 

Dans le même ordre d'idées, on pourrait citer la disposition 
des membres. La superposition en colonne droite des pièces 
osseuses, utile pour soutenir le tronc, existe non seulement 
dans la patte antérieure, comme chez de nombreux Mammifè- 
res, mais tend également à se réaliser dans le membre posté- 
rieur. Ce dispositif a pour effet de diminuer, dans une notable 
proportion, l'importance des muscles fléchisseurs et extenseurs. 

A son tour, 'implantation de la iête au ras des épaules est 



l'appareil respiratoire de l'éléphant 173 
un exemple typique des modifications de l'état d'équilibre de 
l'appareil osseux. On sait que d'habitude, chez les Mammifères, 
la somme des longueurs de la tête et du cou représente sensi- 
blement la hauteur du garrot. L'Eléphant figure parmi les plus 
notables exceptions. La tête osseuse est très lourde, pour la dé- 
placer, un cou moyennement long aurait à exercer un effort 
extravagant, aussi est-elle reportée près des épaules presque 
au-dessus des membres antérieurs En même.temps, les mou- 
vements latéraux sont très diminués. Les muscles de la nuque 
entre autres, n'ont qu'une faible action à exercer et sont très 
réduits, etc. Ici encore, les modifications du squelette se mon- 
trent suivies de diminutions musculaires. 

2° Au poids excessif du squelette et des viscères correspond 
un développement exceptionnel de tissu élastique servant à 
consolider la charpente et à faciliter divers mouvements. 

La peau, par exemple, est doublée d'une lame disposée au- 
tour du tronc en une vaste sangle qui supporte les viscères. 

Les membres sont placés dans des gaines élastiques dont la 
tension aide incontestablement à la marche, etc., etc. 

De ce qui précède, nous ne retiendrons que les faits suivants : 
a) l'immobilité normale de la cage thoracique ; b) la facilité 
exceptionnelle avec laquelle Vorganisme produit le tissu 
élastique. 

De l'absence de mouvements de la cage thoracique découle 
l'immobilité des poumons. Cette immobilité est suivie de la 
soudure de ces organes à la paroi thoracique. Il n'est pas sur- 
prenant que le tissu de comblement soit ce tissu élastique que 
le sujet produit avec tant de facilité. 

Ces vues n'ont pas la valeur d'une démonstration rigoureuse. 
Elles représentent seulement une hypothèse des plus plausibles 
dont la vérification permettrait d'élucider d'une façon com- 
plète le cas de l'Eléphant. Elle conduirait, en outre, à se de- 



174 L. JAMMES ET S. DURAND 

mander s'il ne serait pas nécessaire, pour rétablir les formes 
externes des colosses disparus (Reptiles du II e et grands Mam- 
mifères du III e ), de tenir compte de réductions musculaires 
compensées, au point de vue fonctionnel, par l'équilibre osseux 
et l'existence possible de ressorts élastiques. 



TÉLÉOSTÉENS D'EAU DOUCE 175 



DE LA CAPACITE REPRODUCTRICE 

DE 

QUELQUES TÉLÉOSTÉENS D'EAU DOUCE 

Maintenus en milieu restreint 
Par MM. Audigè et Loup. 



Les études que nous poursuivons, depuis quelques temps, 
sur la reproduction des Téléostéens, nous ont permis de consta- 
ter des variations considérables concernant leur capacité repro- 
ductrice. 

A notre connaissance, ces faits n'ont pas encore été signalés; 
il nous a paru intéressant d'en indiquer les points principaux. 

D'une manière générale, les Téléostéens d'eau douce, main- 
tenus dans des bacs de dimensions restreintes, présentent une 
diminution progressive dans leurs facultés de reproduction. 

Nous avions remarqué, depuis déjà quelques années, que 
certains de ces animaux, placés dans les bacs de la Station de 
Pisciculture de l'Université de Toulouse, ne se reproduisaient 
pas d'une façon normale; ou bien, les produits sexuels étaient 
émis en très faible quantité, et le plus souvent les œufs pon- 
dus présentaient des dimensions de beaucoup inférieures à la 
moyenne; ou bien, même, certains sujets restaient stériles. 

Le séjour en bacs de faibles dimensions était-il la seule cause 
de cette diminution de leur pouvoir reproducteur? Pour nous 
en rendre compte, nous avons pris plusieurs lots de poissons, 



176 AUDIGÉ ET LOUP 

et nous sommes assurés, avec soin, que les individus les compo- 
sant étaient sains et aptes à la reproduction ; ceci grâce à des 
dissections et à l'examen microscopique des organes sexuels de 
plusieurs échantillons pris au hasard dans chacun de ces lots. 
Nous avons ensuite divisé ces lots en deux parts; Tune fut im- 
mergée dans les grands bassins d'élevage de la Station, préala- 
blement vidés, de façon à en extraire tous les poissons et à lais- 
ser les seuls échantillons soumis à l'étude; l'autre part fut 
placée dans les bacs de l'aquarium. 

Les grands bassins d'élevage, servant à l'expérience, mesu- 
rent 60 mètres de long sur 5 mètres de large et 2 m ,50 de pro- 
fondeur; ils sont alimentés par de l'eau dont le débit est d'en- 
viron de 100 à 150 litres à la minute et dont la température 
varie entre 2 à 3° en hiver et 24 à 25° en été. 

Les bacs de l'aquarium, dans lesquels les animaux ont été 
mis en observation, ont les dimensions suivantes :1 mètre de long 
sur m ,60 de largeur et m ,50 de profondeur; le débit de l'eau 
est d'environ de 2 à 2 litres et demi par minute. 

La température, soit dans les uns, soit dans les autres, est 
sensiblement la même. 

Il existe, par conséquent, entre les bassins et les bacs des dif- 
férences de taille telles que ceux-ci constituent par rapport à 
ceux-là un milieu incomparablement plus restreint. 

La même nourriture, distribuée journellement à tous, en 
quantité égale, consistait en une pâtée de fèves bouillies. 

Nos observations ont porté sur plusieurs espèces appartenant 
à plusieurs familles. Les résultats, d'ores et déjà obtenus, nous 
permettent d'affirmer que le milieu restreint agit sur elles avec 
plus ou moins d'intensité. 

C'est ainsi qu'on peut établir deux catégories distinctes : 

1° Les espèces qui ne se reproduisent jamais en milieu restreint. 

2° Les espèces qui s'y reproduisent. 

I. — Dans la première catégorie rentrent tous les Cyprini- 
dés, les Cobitidés et les Esocidés. 






TÉLÉOSTÉENS D'EAU DOUCE 177 

Les recherches, conduites suivant la méthode indiquée ci-des- 
sus, ont toujours été concluantes. Les poissons immergés dans 
les grands bassins se sont reproduits normalement; ceux main- 
tenus en aquarium n'ont jamais, sans aucune exception, émis 
d'éléments sexuels. 

Nous nous sommes adressés aux espèces suivantes : 

cyprinidés : 

Gobio fluviatilis (Bell.). 
Barbus fluviatilis (Agass.). 
Cyprinus carpio (L.). 
Carassius auratus (Gùnther). 
Phoxinus Isevis (Agass.). 
Idus orphus (C. Bp). 
Abramis brama (Agass.). 
Squalius cephalus (Siebold). 
Squalius leuciscus (Blanchard). 
Scardinius erythrophthalmus (G. Bp). 
Chondrostoma nasus (Agass.). 

gobitidés : 

Cobitis barbatula (L.). 

esocidés : 

Esox lucius (L.). 
Cette expérience, des plus aisées à réaliser, est d'autant plus 
démonstrative que, répétée à plusieurs reprises, elle n'a jamais 
fourni la moindre exception. 

II. — Dans la seconde catégorie se placent les poissons capa- 
bles de se reproduire même en milieu restreint. 
Deux cas se manifestent alors : 

A. — Les Téléostéens émettent des produits sexuels normaux 
durant la première ou la deuxième année ; puis, devenant dans 



178 A i i >i (. i: ET LOUP 

la suite de moins en moins féconds, aboutissent, enfin, à la sté- 
rilité complète. Il est à noter que les œufs deviennent de plus 
en plus petits à mesure que le séjour des reproducteurs se pro- 
longe dans le milieu restreint. 

La famille des Salmonidés présente cette diminution pro- 
gressive dans la fécondité; nous avons pu la remarquer chez : 



Salmo irideus (Gibbons). 
Trutta fario (Siebold). 
Salvelinus fontinalis (Mitch.J. 

B. — Les Téléostéens conservent la capacité de reproduction 
durant plusieurs années ; on doit noter, cependant, que la fonc- 
tion reproductrice s'atténue à mesure que le séjour au bac se 
prolonge. 

La famille des Percidés rentre dans cette dernière catégorie ; 
il en est ainsi de : 

Perça fluviatilis (Bell.) 

Nous avons recherché quel était l'état des organes sexuels des 
divers sujets ainsi placés dans des conditions de vie si particu- 
lières ; nous avons pu remarquer que les organes génitaux des 
animaux ayant vécu en milieu restreint présentaient des signes 
manifestes de dégénérescence. 

Les glandes sexuelles dans les premières années entrent en 
fonction aux périodes de frai ; mais leurs éléments — dans le 
cas des espèces les plus sensibles à cette action du milieu res- 
treint — ne sont pas expulsés et sont détruits à l'intérieur même 
de l'ovaire ou du testicule, où ils subissent une véritable dégé- 
nération. L'activité fonctionnelle devient de plus en plus faible ; 
la glande subit une diminution progressive qui aboutit à son 
atrophie et entraîne une véritable castration. 

Si on remet ces poissons, ainsi dégénérés, dans des bassins 
suffisamment grands peur que les fonctions génitales puissent 
s'accomplir d'une manière normale, ils restent irrémédiable- 
ment stériles. Si, au contraire, on remet dans ces mêmes grands 



TÉLÉOSTÉENS D'EAU DOUCE 179 

bassins des poissons ayant séjourné, au maximum, un ou deux 
ans en bacs de faibles dimensions, leurs fonctions génitales 
peuvent se rétablir. 

Les résultats constants des expériences et des contre-épreu- 
ves permettent de dégager ce fait indiscutable que l'une des 
causes de stérilité des poissons tient au séjour prolongé dans un 
milieu restreint. 

Nous nous proposons de poursuivre nos recherches, de ma- 
nière à fixer les points essentiels du processus de régression his- 
tologique qui s'accomplit dans les glandes sexuelles des poissons 
placés dans de telles conditions, et d'essayer d'élucider aussi 
les causes d'ordre biologique présidant à ce phénomène, dont 
l'importance en pisciculture peut être primordiale. 




COMPTES RENDUS DES SEANCES 



Séance du 20 janvier 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 



M. Boulet, professeur au lycée de Toulouse, présenté par 
MM. Prunet et Dop, est admis comme membre titulaire. 

M. Gabelle a eu l'occasion d'observer sur des feuilles de 
Laurus nobilis des poils pathologiques, par conséquent anor- 
maux, formés à certains points bien déterminés de la feuille : 
à la jonction des nervures secondaires et de la nervure médiane. 

Vers le sommet de l'angle formé par ces nervures, on voit, 
à l'œil nu, des petites taches arrondies, de la grosseur de la 
tête d'une petite épingle et d'une coloration grisâtre. A un 
faible grossissement, celui d'une forte loupe par exemple, il 
est facile de voir que ces taches sont formées par des poils 
partant de la périphérie et allant vers le centre. Ces poils sont 
brillants, très réfringents et blancs, car ils sont pleins d'air. 

En pratiquant une coupe perpendiculaire au limbe et pas- 
sant par la tache on voit que celle-ci est une petite cupule 
s'enfonçant dans l'intérieur de la feuille jusqu'à la moitié de 
son épaisseur environ. Des cellules épidermiques bordent cette 
cupule, et c'est de la périphérie seulement que l'on voit partir 
de longs poils unicellulaires, fuselés, vides et à paroi assez 
épaisse. 



II COMPTES RENDUS DES SEANCES 

11 est à peu pies certain que c'est là un processus de défense ; 
la feuille ayant été traumatisée, l'épiderme prolifère sous forme 
de poils, essayant ainsi de combler la perte de substance cau- 
sée par le traumatisme. 

Cependant la localisation spéciale de ces lésions permet de 
supposer autre chose qu'un traumatisme simple. Peut-être 
s'agit-il d'une attaque mycosique. Des cultures tentées dans le 
but de vérifier cette hypothèse ont échoué. Peut-être sont-ce 
des piqûres d'insectes accompagnées d'une sécrétion irritante. 
Quoi qu'il en soit, la constatation du phénomène en lui- 
même présente quelque intérêt et des recherches ultérieures 
arriveront peut-être à en faire connaître la cause. 



Séance du 3 février 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Toijrnier, aide d'anatomie à la Faculté de médecine, 
présenté par MM. Jammes et Levrat, est admis comme mem- 
bre titulaire. 

M. Levrat fait don à la Société d'un exemplaire de son tra- 
vail sur la Dysliépatie entériqve chronique. 

M. Prunet fait une communication sur VOidium du Chêne. 

Cette maladie a sévi en 1908 avec une très grande intensité 
dans la plupart des régions de la France. On a, en outre, 
signalé son existence en Espagne, en Portugal, en Suisse, en 
Bavière, en Italie. 

Elle a présenté un caractère spécial de gravité dans le Sud- 
Ouest de la France dont tous les départements ont été atteints 
et où M. Prunet a eu l'occasion de l'étudier. Il l'a observée 
pour la première fois en août 1906 dans les environs de Ber- 
gerac . 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

Les jeunes taillis ont été particulièrement éprouvés. Leurs 
feuilles blanchies et crispées sont tombées prématurément. 
Dans les taillis âgés et les futaies les feuilles de l'extrémité des 
branches ont seules souffert. 

Aucun Chêne indigène n'a été indemne. Le plus frappé a été 
le Quercus Tozza. Lé Quercus pedunculata a moins souffert 
et les Quercus sessiliflora et pubescens moins encore. Les 
chênes à feuilles persistantes : Quercus Jlex, suber, coccifera 
ont peu souffert. 

Les autres Chênes de l'ancien monde ont été moins atteints. 
Le Quercus Cerris toutefois a presque autant souffert que le 
Quercus sessiliflora. Par contre les Quercus segilops, Libani, 
castanœfolia ont été presque indemnes. 

Parmi les Chênes américains le Quercus macrocarpa a été 
assez atteint, le Quercus rubra peu atteint et le Quercus 
palustris très peu atteint. Les Quercus Prinus , bicolor, 
lyrata ont paru être indemnes. 

Le parasite n'est encore connu que sous sa forme conidienne, 
c'est-à-dire sous sa forme Oïdium. Ses périthèces ont échappé 
à toutes les recherches. Il est par conséquent impossible de 
savoir actuellement à quelle espèce il doit être rapporté. Toute 
discussion à cet égard serait prématurée. 
" Dans les pépinières et les jeunes plantations VOidium du 
Chêne pourrait être efficacement combattu par des soufrages. 



Séance du 17 février 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Nicolas, professeur à l'Ecole vétérinaire, présenté par 
MM. Aloy et Jammes, est admis comme membre titulaire. 

M. Aloy fait une communication sur le lait aie point de vue 
de la loi des fraudes : 



IV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

La composition du lait, comme celle de la plupart des pro- 
duits physiologiques, subit d'importantes variations. L'auteur 
montre, par ses recherches personnelles et par des documents 
provenant des concours beurriers, combien il est difficile de 
fixer des constantes servant de base aux conclusions des experts. 

Les moyens les plus efficaces pour permettre la répression 
de la fraude paraissent les suivants : 

lo Inspection sanitaire des laiteries; 

2° Prélèvement par les laboratoires d'Etat d'échantillons 
d'analyse et, dans un délai très court, d'échantillons de com- 
paraison ; 

3° Formation d'une ligue chargée du contrôle officieux du 
lait. Une commission examinerait le lait soit à l'étable, soit 
même chez le client et favoriserait la vente pour ceux qui 
adhéreraient à ses statuts. Une telle organisation existe dans 
plusieurs villes, notamment à Montpellier où elle a donné les 
meilleurs résultats. 



Séance du 3 mars 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Jammes ]fait la communication suivante : 
« Equidé gravé sur schiste, de i 'époque Aurignacienne . 

« A l'époque où je m'occupais avec mon ami Félix Regnault 
du déblaiement des puits fossilifères de la région de Tibiran (1), 
le fermier de la grotte de Gargas, nommé Antichan, engagé à 
notre service, eut l'occasion de recueillir, dans le foyer qui oc- 
cupe l'entrée de cette grotte, le schiste qui va être décrit. 



(1) F. Rkgnault et L. Jammes : Eludes sur les puits fossilifères 
des grottes-, A. F. A. S. 1898; 1900. — Cong. Soc. Savantes ,1899. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES V 

Malheureusement, la mort de cet aide eut lieu sur ces entre- 
faites; et après le décès nous ne pûmes retrouver les traces des 
pièces déposées chez lui. 

« L'incident ne serait pas, sans doute, sorti de l'oubli, si la 
place récemment attribuée 
au foyer de Gargas, au-des- 
sous des niveaux solutréen 
et magdalénien, à la base de 
l'étage aurignacien, où ap- 
paraissent les premières ma- 
nifestations d'art, ne donnait 
au document égaré une cer- 
taine importance. La pré- 
caution que j'avais prise de 
dessiner l'objet et d'en préle- 
ver une empreinte, me per- 
met, heureusement, de le 
décrire avec exactitude et 
d'en donner un signalement 
qui, le cas échéant, permet- 
trait de la reconnaître. 

(( La plaque dont la réduc- 
tion ci-jointe reproduit fidèle- 
ment l'aspect, mesurait 
,n ,215 de longueur, m ,075 
de largeur et m ,03, environ 
d'épaisseur. 

(( Sa forme était vague- 
ment losangique. L'une des 
faces portait, nettement buri- 
nées, les pattes postérieures d'un équidé tourné à droite : la 
patte droite relevée et pourvue d'un sabot entier; la patte 
gauche étendue, avec une réserve au croisement de la patte 
droite, le sabot en partie perdu dans une cassure. 

« Cette pièce a sa place marquée parmi les plus anciennes 




SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLII). 



13 



VI COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

œuvres tl'art connues. D'après M. l'abbé H. Breuil, dont la 
compétence est bien connue en pareille matière, elle corres- 
pondrait probablement, comme âge, aux dessins sur muraille 
ensevelis sous des foyers aurignaciens dans la grotte de Pair- 
non-Pair (Gironde). La gravure sur pierre de Rhinocéros trou- 
vée dans la grotte du Trilobite (Yonne) et la figure d'une tète de 
capridé, provenant de Laussel (Dordogne), également aurigna- 
ciennes, seraient plus récentes. 

« L'existence d'un tel document ne pouvait rester ignorée. 
Je souhaite que la publication de cette note donne à un cher- 
cheur heureux l'occasion de le retrouver. » 



Séance du 21 avril 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Tournier fait la communication suivante sur les plis 
cutanés de la région inguino-génitale. 

Sous ce titre il faut entendre : le pli de l'aine, le sillon 
génital qui le continue, le sillon pubo-hypogastrique, le pli 
sus-pubien et le pli de flexion de la cuisse. 

De recherches attentives et d'observations nombreuses 
ayant porté sur des sujets des deux sexes et de tout âge, 
il faut conclure : 

1° Le pli de l'aine n'est pas déterminé comme le décrivent 
les auteurs par l'adhérence de la peau à l'arcade crurale 
ou arcade de Fallope. Le pli de l'aine n'est adhérent a 
l'arcade que dans son quart externe; dans le reste de son 
étendue, il est sous-jacent à l'arcade et fixé à l'aponévrose 
fémorale par une série de tractus celluleux se rendant de 
cette aponévrose à la face profonde de la peau. 

La direction du pli de l'aine est plus rapprochée de la 



COMPTES RENDUS DES SEANCES VII 

verticale chez l'homme que chez la femme; cela tient à ce 
que le bassin féminin est plus évasé. 

2° Le sillon pubo-hypogastrique, pli de structure, ne doit 
pas être confondu avec les plis sus-pubiens ou plis semi- 
circulaires de l'abdomen qui sont des plis d'attitude (vestiges 
des sillons déterminés par l'attitude d'hyperflexion du fœtus 
dans l'utérus); 

3° La flexion de la cuisse sur le bassin ne détermine 
pas l'apparition d'un pli spécial décrit par les auteurs sous 
le nom de pli de flexion de la cuisse. En réalité, la flexion 
s'opère sur le pli de l'aine. 

M. Durand fait une communication sur l'analogie qui 
existe entre les séreuses et les synoviales. 

Depuis longtemps déjà, Bichat avait cru pouvoir consi- 
dérer les synoviales comme des séreuses tapissant les 
cavités articulaires. La longue discussion qui s'est élevée à 
cet égard a permis pour un temps de croire qu'il n'en était 
pas ainsi. Les origines les plus diverses ont été attribuées 
aux cellules des cavités articulaires. Tourneux et Hermann 
ont attribué au revêtement des synoviales la signification 
d'éléments cartilagineux; Renaut les considère comme des 
cellules conjonctives ayant subi l'évolution muqueuse; enfin 
Soubbotine va encore plus loin et définit la synoviale une 
véritable glande close, destinée à la production de la 
synovie. 

En réalité, il semble qu'il n'y ait entre les séreuses et 
les synoviales qu'une différence portant non sur la qualité 
originelle des cellules, mais plutôt sur le degré d'évolution 
qu'elles atteignent. Dans les deux cas le revêtement est 
d'origine conjonctive. Dans les grandes séreuses, ces élé- 
ments se transforment en cellules endothéliales dont la 
forme aplatie favorise le glissement. Dans les cavités articu- 
laires, au contraire, où le travail mécanique des surfaces 
de glissement est autrement considérable que dans les 



vin COMPTES RENDUS DÉS SÉANCES 

Loges séreuses, les cellules de revêtement se désagrègent 
et constituent ainsi la synovie. Cette différence n'est qu'une 
différence de degré. On voit en effet dans les cas patholo- 
giques les plèvres sécréter comme les synoviales ou inver- 
sement les synoviales cesser leurs sécrétions. Dans ces deux 
cas encore il peut se produire des ankyloses entraînant des 
adhérences des surfaces articulaires au contact. Habituel- 
lement les poumons et la paroi thoracique, par exemple, 
se comportent comme deux surfaces articulaires entre les- 
quelles seraient placées des lames de glissement : les plèvres. 
Or nous avons pu constater sur différents animaux : la 
tortue caouane et l'éléphant, que lorsque pour des causes 
diverses la cage thoracique s'immobilise, les plèvres s'épais- 
sissent et se soudent comme les synoviales dans une articu- 
lation immobilisée. 

Ces observations qui ont en somme la valeur d'expé- 
riences jointes à l'identité histologique des éléments, vien- 
nent à l'appui de la conception de Bichat affirmant l'ana- 
logie des séreuses et des synoviales. 

La différence porterait donc uniquement sur le degré de 
transformation subi par les éléments, lié lui-même à l'iné- 
galité de travail mécanique exécuté de part et d'autre. 

M. DE Rey-Pailhade présente le dernier modèle de 
montre décimale, qui a une trotteuse centrale donnant avec 
grande clarté les milices ou cent-millièmes de jour, dont la 
valeur est s 864. Le prix modéré de cet instrument excellent 
— 50 francs — facilitera son achat par les physiologistes, 
qui n'auront aucune réduction à faire. 

Cette montre décimale complète l'œuvre du système mé- 
trique décimal. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES IX 

Séance du 5 mai 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. de Rey-Pailhade analyse les résultats des belles re- 
cherches de MM. Batelli et Stern sur la respiration des tissus. 
Cent grammes de muscle ou de foie frais à 38° et pendant 
une heure absorbent dans leurs expériences un volume 
de 200 centimètres cubes d'oxygène. On ignore sur quelles 
substances se fixe l'oxygène consommé. Il y a lieu de sé- 
parer les corps agissant en deux groupes : 1° celui des ma- 
tières oxydantes et 2° celui des matières oxydées sous l'in- 
fluence des premières. 

La présence du philothion avec son hydrogène spécial fa- 
cilement oxydable, ayant été constatée dans l'extrait aqueux 
du muscle et du foie, il fallait examiner le rôle que peut 
remplir cet hydrogène philothionique dans les expériences 
des physiologistes genevois. 

Cent grammes de tissu actif contiennent 3 gr. 5 de philo- 
thion calculé sec, renfermant gr. 0022 d'hydrogène philo- 
thionique, représentant un Volume de 24,5 centimètres cubes 
de gaz. Le philothion est une substance albuminoïde. 

Batelli et Stern ont constaté, pendant 4 centièmes de jour 
(1 heure environ) une oxydation qui, rapportée à l'hydro- 
gène, peut être estimée à 92 centimètres cubes pour tout 
l'ensemble des trois classes d'aliments, albumines, corps 
gras et substances amylacées. La part revenant à l'hydro- 
gène des albumines n'étant que de 20,8 centimètres cubes. 
Donc les 20,8 centimètres cubes d'hydrogène albuminoïdique 
consommés d'après l'hypothèse la plus naturelle, c'est-à dire 
d'une manière identique à la vie normale sont inférieurs à 
la réserve d'hydrogène philothionique 24,5 centimètres cubes. 

Cet hydrogène spécial est une réserve de corps éminem- 



X COMPTES RENDUS DES SEANCES 

ment réducteur, autrement dit de consommateur d'oxygène; 
il doit certainement s'oxyder dans les expériences analy- 
sées. M. Hall ter, qui a longuement étudié le philothion, 
arrive à la même conclusion. 

La difficulté des expériences n'a pas encore permis de 
déterminer le quantum de l'oxygène absorbé par l'hydro- 
gène philothionique ; il paraît pouvoir s'élever à un cen- 
tième. On trouvera tous les détails du calcul dans le mé- 
moire in extenso. 



Séance du 19 mai 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 



M. Levrat fait une communication sur la stratigraphie et 
la paléontologie de la région de Monségur en Entre-deux- 
Mers (Gironde). 

Après quelques généralités sur les couches qui composent le 
sous-sol de l'Entre-deux-Mers il fait une étude de la mollasse 
marine de Monségur et de quelques échinides de sa faune. Il 
en arrive aux conclusions suivantes : 

1° Les couches stampiennes de l'Entre-deux-Mers (Calcaire à 
astéries) revêtent au niveau du rivage oriental de la formation 
l'aspect d'une mollasse marine. 

2° Cette molasse sert de lien d'union entre le calcaire à asté- 
ries et son équivalent latéral, la molasse continentale et lacustre 
de l'Agenais. C'est une formation littorale marquant les limites 
de la mer Stampienne dans la région. 

3° On peut considérer trois zones distinctes, et caractérisée» 
par leur faune dans la mollasse de Monségur : 

1°) Une zone inférieure à Amphiope Agassizi ; 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XI 

2°) Une zone moyenne à Echinocyamus piriformis ; 

3°) Une zone supérieure à Scutella striatula. 

4° Scutella striatula (M. de Serres). Caractéristique de l'oli- 
gocène Girondin est très abondante dans la région de Monségur. 
Elle est excessivement protéiforme, beaucoup plus que ne 
l'on dit les auteurs. Ses variations intéressent : 

a) Sa forme et ses dimensions ce qui a déjà été signalé en 
particulier par M. Fallot; 

b) La face supérieure qui se présente suivant le type de 
Cosseau, ou régulière et progressivement bombée; 

c) Le bord et l'échancrure très polymorphe ; 

d) La grandeur, la forme et la position du périprocte. 

5° Les dimensions de Se. striatula varient surtout suivant 
le gisement, à une localité correspond un type moyen dont 
toutes les pièces se rapprochent. 

6° Le périprocte est de situation très variable : a) placé à 
2 ou 3 millimètres du bord. , 

b) juxta marginal. 

c) dans une gouttière infra-marginale prolongeant l'encoche 
anale. 

d) marginal, dans l'encoche à orifice dirigé en bas. 

e) marginal à direction horizontale. 

Les deux premiers types sont les plus fréquents, les deux 
derniers très rares. 

7° Le second des grands Echinides de Monségur, Amphiope 
Agassizi (Desm.) est très rare et tout à fait spéciale à la por- 
tion orientale de l'Entre-deux-Mers. 

8° Sans être aussi polymorphe que Se. striatula, cette 
espèce est néanmoins beaucoup moins stable que ne le préten- 
dent les auteurs. 

9° En dehors des variations minimes de la face supérieure 
ou des lunules, la variabilité la plus grande est celle de la taille. 
Ici encore ces modifications sont en rapport étroit avec le gise- 
ment, modifications dues au développement des echinides dans 



XII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

des conditionn diverses qu'expliquent le polymorphisme du lit- 
toral. 

10° Très abondant à Monségur où il constitue avec Pecten 
Billaudeli la faune caractéristique de la zone moyenne, Echi- 
nocyamus piriformis parait constituer avec E. affinis de l'éo- 
cène etE. angolusus des mers actuelles une seule espèce perpé- 
tuée avecd'insignifiantes modifications de l'éocène à nos jours. 

LE. piriformis de Monségur, en raison de l'exiguïté de sa 
taille, constitue une variété du type bordelais, type normal de 
l'Entre-deux-iMers, variété née sous l'influence du faciès lit- 
toral qui régne dans la région. 



Séance du 8 décembre -1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

Après vote conforme aux staluts de la Société, le Bureau 
pour 1910 est ainsi composé : 

Président M. Abelous. 

Vice -présidents MM. Dop et Mkngaud. 

Secrétaire général M. Ribaut. 

Secrétaire adjoint M. Gabelle. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaire- archiviste. M. de Lasiic. 

Conseil d'administration. — MM. Caralp et Laromiguière. 

Comité de publication. — MM. Garrigou, Jammes, Lamic, 
Roule. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XIII 

Séance du 22 décembre 1909. 

Présidence de M. Jammes, président. 

M. Vincens, présenté par MM Prunet et Dop ; M. Mouchet, 
présenté par MM. Dop et Levrat, sont admis comme membres 
titulaires. 

M. Roule fait une communication sur les Amphibiens uro- 
dèles pyrénéens du genre Euproctus. Les représentants de 
ce genre habitent exclusivement les Pyrénées, la Corse et la 
Sardaigne. Chacune de ces stations possède sa forme propre, 
que la plupart des auteurs considèrent comme espèce "distincte ; 
il semble pourtant que les dissemblances ne soient pas aussi 
fortes, et que ces trois formes équivalent seulement aux trois 
variétés d'une seule espèce. L'un des caractères principaux est 
tiré de la présence sur les téguments de papilles épidermiques. 
Ces phanères, étudiés par plusieurs naturalistes, au premier 
rang desquels il convient de citer Wiedersheim et Lessona, of- 
frent avec les poils des concordances remarquables. 

MM Audigé et Loup font part de leurs recherches sur la 
capacité reproductrice de quelques léléostéens d'eau douce 
maintenus en milieu restreint. Elles leur ont permis de cons- 
tater des variations considérables dans le pouvoir reproducteur 
de ces animaux. 

Leurs observations ont porté sur les familles des Cyprinidés, 
Cobitidés, iïsocidés, Salmonidés et Percidés. 

Tous les représentants de ces familles, immergés dans les 
grands bassins de la station de pisciculture de l'Université de 
Toulouse, se reproduisent normalement; placés au contraire 
dans les bacs de dimensions restreintes de l'aquarium de cette 
même station, leur pouvoir reproducteur s'amoindrit et finit 
même par disparaître. 



XIV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

Après plusieurs expériences et contre-épreuves, les auteurs 
ont été conduits à considérer, parmi ces animaux, deux grands 
groupes. 

1° Les poissons frappés de stérilité totale par le séjour pro- 
longé en milieu restreint (Cyprinidés, Cobitidés, Esocidés). 

2" Los poissons capables de se reproduire dans ce milieu ; 
ces derniers se comportent de deux manières : 

a) Les uns ont une capacité reproductrice persistant pendant 
une ou deux années {Salmonidés). 

b) Les autres sont aptes à se reproduire durant plusieurs an- 
nées (Percidés). 

Dans tous les cas, les éléments sexuels se montrent de plus 
en plus réduits, comme nombre et comme taille, à mesure 
qu'augmente le séjour en milieu restreint. 

Des recherches ultérieures permettront, sans doute, de dé- 
crire le processus de régression histologique des glandes sexuelles 
et, aussi, d'élucider les conditions biologiques de ce phénomène 
dont les conséquences sont du plus haut intérêt en pisciculture. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégeoise des sciences, des lettres et arts, à Foix. 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Sociétés des sciences et des arts, à Carcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Carcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts v à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille. 

Société linnéenne de Provence, à Marseille. 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie de La Rochelle. 

Société d'Histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives. 

Académie des sciences et belles-lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc. 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, à Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nîmes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux. 



XVI LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Société linnécnne, à Bordeaux. 

Société d'études des sciences naturelles, à Bézicrs 

Société archéologique, scientifique, à Béziers. 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie, à Montpellier. 

Société de statistique des sciences naturelles,, à Grenoble. 

Académie delphinalc, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint-Etienne. 

Société académicme, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Nantes. 

Société des sciences et lettres, à Blois. 

Société d'agriculture, sciences et belles-lettres, à Orléans. 

Société de Borda, à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors. 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de 

la Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes. 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Châlons. 
Société des sciences et arts, à Vitry-le-François. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Nevers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, à Dunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. 
Revue biologique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beau vais. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Clermont-Ferrand. 
Société des sciences et arts, à Bayonne. 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature, à Perpignan, 
Société des sciences, lettres et arts, à Pau. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Lyon. 






! 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XVII 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 

Société linnéenne, à Lyon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare. 

Académie de Mâoon. 

Société d'agriculture, sciences et arts, au Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Chambéry. 

Comité ornithologique international^ à Paris. 

Société de spéléologie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

société philomatique, 'à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de Normandie, au Havre. 

Société géologique des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Amiens. 

Société Linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles -lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, à Epdnal. 

Société des sciences historiques et . naturelles, à Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-arts, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, à Bruxelles. 

Société de géographie d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 

Societad geografica, à Madrid. 

Institut royal* grand-ducal de Luxembourg. 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 



XVIII LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Societa dei naturalisti, à Modena. 

Socicta toscana di scicnze naturali, à Pise. 

Academia délie scicnze dell institutio di Bologne, à Bologne. 

Comitato gcologico d'Italia, à Rome. 

Societa veneto-trentina di scicnze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze. 

Societa romana per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologia végétale, universita di Camerino. 

Entomologisk tidskrift, à Stockolm. 

Gcological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Commissao dos trabalhos geologicos de Portugal, à Lisbao. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Satlskapets pro flora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Baie. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg. 

Naturhistorischen Gesellschaft in Colmar, à Colmar. 

Kaiserl. Leop. — Carol. deutscheakademie der naturf. à Halle. 

Bibliotheca zoologica Universitat Halle, à Leipzig. 

New-York state muséum, à New-York. 

New- York academy of sciences, à New- York. 

Gcological and natural history survey of minesota, à Minnea- 

polis-Minesola. 
Academy of natural sciences of Philadelphia, à Philadelphie. 
American monthly nùcrocopical journal, à Washington. 
Conneclicut academy of arts and sciences, à New-Haven, Con- 

necticut. 
Rochesler academy of sciences, à Rochester. 
Smithsonian institution, à Washington. 
United states national muséum, à Washington. " 
United states gcological survey, à Washington. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XIX 

Second geological survey ofPensylvania, à Harisburg, Pen- 

sylvania. 
American academy of arts sciences, à Boston. 
Boston society of natural history, à Boston. 
Davenport academy of natural. sciences, à Davenport, Iowa. 
Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 
Meriden scientific association, à Meriden Cpnnecticut. 
Missouri botanical garden, à Saint-Louis. 
Wisconsin geological and natural history survey, à Madison. 
Nova scotian institute of science, à Halifax, Nova Scotia. 
Instituto fisico geografico national, à San José de Costa Rica. 
Academy national de cientias en Cordoba, à Buenos- Ayres. 
Archivos de museo national, à Rio-de- Janeiro. 
Société scientifique du Chili, à Santiago. . 
Museo nacionaL de Montevideo, à Montevideo. 
Madras gouvernement muséum, à Madras. 
Société allemande, Yokohama. 
Societas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLE DES MATIERES 

DE l'année 1909 



Séance du 20 janvier i 

— 3 février n 

— 17 février ni 

— 3 mars iv 

— 21 avril vi 

— 5 mai ix 

— 19 mai x 

— 8 décembre xn 

— 22 décembre xm 

Liste des membres au 1 er juin 1909 7 

Admissions de nouveaux membres i, n, iii, xm 

Composition du Bureau de 1909 5 

Election du Bureau de 1910 xn 

Liste des Sociétés correspondantes xv 

Travaux scientifiques 

ZOOLOGIE 

Audigé et Loup. — De la capacité reproductrice de 
quelques Télostéens d'eau douce maintenus en mi- 
lieu restreint 175 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. xlii). 14 



XXII TABLE DES MATIERES 

Durand. — Rapports de la plèvre avec la cage thoraci- 

que chez les vertébrés aériens 33 

— Analogie entre les séreuses et les synoviales. vu 
Jammes et Durand. — Nouvelles observations sur l'ap- 
pareil respiratoire de l'Eléphant 169 

De Montlezun. — Notes sur les collections de trois en- 
tomologistes de notre région : MM. Marquet, d'Au- 
buisson, Delherm de Larcenne ' 152 

Ribaut. — Nouveau genre de Glomeroidea (Myriopodes). 29 

— Myriopodes de la Montagne-Noire . . . . 142 

Roule. — Amphibiens urodèles pyrénéens du genre 

Euproctus ; . . xin 

Tournier. — Les plis cutanés de la région inguinale. . vi 



botanique 



Gabelle. — Poils pathologiques de Laurus nobilis. . . i 

Prunet. — L'oïdium du chêne 18 



GÉOLOGIE ET PRÉHISTOIRE 

Jammes. — Equidé gravé sur schiste de l'époque auri- 

gnacienne iv 

Levrat. — Contribution à l'étude stratigraphique et 
paléontologique de la région de Monségur en Entre- 
Deux-Mers (Gironde) 97 

Mengaud. — Sur l'extension du poudingue de Palassou 

dans la partie occidentale du département du Tarn. 164 
— Tremblement de terre observé à Luzenac 

(Ariège) le 24 mai 1909 167 



TABLE DES MATIÈRES XXIII 



MISCELLANÉES 

Aloy. — Le lait au point de vue de la loi sur les fraudes. ni 

Dop. — L'œuvre scientifique du D r D. Clos 13 

De Rey-Pailhade. — Le recherches de MM. Batelli et 
Stern sur la respiration des tissus, le philothion et 

le chimisme de l'hydrogène 23 

— Montre décimale vin 




Toulouse. — Imp. Lagarde et Sebille, rue Romiguières. 2. 



SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

. ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 ,r et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m ' mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 

MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, i06, Toulouse. 



SOMMAIRE 

L. Jammes et S. Durand. —Nouvelles observations sur 

l'appareil respiratoire de l'Eléphant 169 

Audigé et Loup. — De la capacité reproductrice de 
quelques Téléostéens d'eau douce maintenus en milieu 

restreint 175 

Comptes rendus des séances i 

Liste des Sociétés correspondantes xv 

Table des matières xxi